Ce Jour-là

Waldeck Rochet

Politicien français

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Waldeck Rochet, né le 5 avril 1905 à Sainte-Croix (Saône-et-Loire) et mort le 15 février 1983 à Nanterre (Hauts-de-Seine), est un homme politique français. Il est élu député du département de la Seine, lors des élections de 1936, et dès lors il est constamment réélu jusqu'en 1968, soit dans son département d'origine, la Saône-et-Loire, soit en région parisienne, dans la Seine, puis en Seine-Saint-Denis.

Il fonde en 1937 un organe de presse hebdomadaire à destination du monde agricole, La Terre, auquel son nom a été longtemps attaché comme directeur.

Membre des instances nationales de direction du Parti communiste français dès le Front populaire, il est le successeur de Maurice Thorez, à la mort de celui-ci, en 1964, au secrétariat général du parti. Il exerce, dans les faits, cette fonction jusqu'en 1969.

Né à Sainte-Croix, village de la Bresse bourguignonne — dont il garde l'accent toute sa vie —, Waldeck, Émile Rochet est le deuxième fils de François Rochet, « sabotier aubergiste » et de Marie Fort, ménagère. Sa mère était native de Louhans, son père est originaire de l'Ain ou de Lyon. Le père, républicain, admirateur de Jean Jaurès, prénomme son second fils Waldeck en hommage à Pierre Waldeck-Rousseau. Waldeck Rochet évoque ce père comme ayant été l'un des acteurs de sa formation, en l'écoutant, enfant, défendre ses opinions dans les discussions avec les clients de son auberge.

En 1917, il obtient le certificat d'études primaires et va travailler comme ouvrier (les recensements écrivent « domestique »), « jardinier » ou maraîcher pour divers petits patrons des villages environnants, en particulier à Branges, où le recensement de la population de 1926 l'enregistre. C'est dans cette période, avant son service militaire, qu'il adhère aux Jeunesses communistes, en 1923, et au Parti communiste français en 1924. Son service militaire qu'il accomplit en 1926-1927 est émaillé de sanctions à son égard, en raison de son action « antimilitariste » (plus simplement politique) auprès de ses camarades de caserne et lors de ses permissions.

Militant et responsable régional

À son retour de l'armée, selon ses biographes, il s'établit maraîcher à son compte sur un lopin de terre qu'il achète. Mais son activité politique va croissant avec la tenue de réunions, la prise de responsabilités. En 1928 il est présenté aux élections cantonales à Pierre-de-Bresse, et anime la campagne électorale du Parti communiste en ces terres de Bresse, qu'il quitte en 1930 pour le secrétariat régional (permanent) de la région lyonnaise du PCF.

En 1931, il est sélectionné pour suivre les cours de formation politique à l'école de l'Internationale Communiste de Moscou. De retour en Lyonnais en 1932, il est candidat député aux élections législatives de mai 1932 en Saône-et-Loire, dans la deuxième circonscription de l'arrondissement de Charolles qui couvre les cantons de Bourbon-Lancy, Digoin, Gueugnon, La Guiche, Palinges, Paray-le-Monial, Toulon-sur-Arroux. Il obtient 1 478 suffrages au premier tour, soit 9,6 % des exprimés (mais son score est inférieur de 800 voix à celui réalisé en 1928 par le candidat communiste) et, suivant les ordres de la direction de son parti, se maintient au second tour, suivi par 394 électeurs. Au début de l'année 1934, il quitte le secrétariat régional du Parti communiste français à Lyon, pour « monter » à Paris à la demande de Maurice Thorez.

En 1934 se joue pour près de trois décennies le destin politique de celui qui est présenté (à juste titre) comme maraîcher bressan, petit paysan travailleur bourguignon, produit authentique des terroirs français. En effet il devient l'adjoint du spécialiste agricole du Parti communiste depuis 1921, Renaud Jean. Celui-ci anime une organisation de « masse », la Confédération générale des paysans-travailleurs (CGPT) et est l'un des rares élus du PC à avoir survécu à la déroute électorale des élections de 1932, dans son « fief » électoral du Lot-et-Garonne. Il est cependant considéré comme peu sûr politiquement, rétif aux sinuosités des lignes politiques successives dictées depuis Moscou. Promu au Comité central du Parti au début de l'année 1936, Waldeck Rochet développe la section agraire de son parti, dont il devient le responsable. Les élections de la victoire du Front populaire font du rural maraîcher un député du département le plus urbanisé de France, la Seine, où il est élu dans la circonscription de Colombes-Nanterre (12e circonscription de l'arrondissement de Saint-Denis) à la Chambre des députés, le 3 mai 1936. Quant à Renaud Jean, réélu dès le premier tour à Marmande, il devient le président de la Commission de l'Agriculture à la Chambre des députés. Dès lors Waldeck Rochet a la direction complète du secteur agraire et réalise son « grand œuvre » : il fonde le journal La Terre en janvier 1937. Il favorise ainsi le rapprochement entre communistes des régions rurales et urbaines, entre communisme ouvrier et traditions de lutte de la petite paysannerie parcellaire.

La Terre, dont le tirage est de 30 000 exemplaires en 1938, devient après la Seconde Guerre mondiale un hebdomadaire dont les tirages avoisinent les 300 000 en 1946, et atteignent encore les 180 000 à la fin des années 1960.

À cette activité éditoriale, et sa fonction de député, qu'il oriente principalement vers la législation agricole, s'ajoutent depuis son militantisme bourguignon ses responsabilités au sein de l'organisation spécifique au monde agricole, la Confédération générale des Paysans travailleurs, une sorte de « CGT paysanne ». En janvier 1937, le 3e congrès de cette organisation, tenu à Montluçon, annonce 250 participants délégués de cinquante départements. Waldeck Rochet en est élu membre du Bureau national. Il côtoie deux autres députés communistes paysans, Renaud Jean, déjà cité et le corrézien Marius Vazeilles. Il est réélu au secrétariat national de la CGTP lors du 4e congrès en mars 1939, à Brive. Cette activité de dirigeant du syndicalisme des agriculteurs se prolonge après la Libération : en 1945, il est l'un des fondateurs, avec le socialiste breton François Tanguy-Prigent, de la Confédération générale de l'agriculture (CGA) dont il est vice-président.

Au début du mois de janvier 1946 il fait partie de la dizaine de personnalités politiques, économiques et syndicales appelées à siéger dans le tout nouveau Conseil au plan en voie de constitution sous l'autorité de Jean Monnet.

Vers le secrétariat général du Parti communiste

Comme la majorité des 73 députés communistes siégeant en 1939, il refuse de condamner le Pacte germano-soviétique signé durant l'été. Après la dissolution du PCF, le 26 septembre 1939, il est incarcéré à la prison de la Santé, puis à Niort, Tarbes, Le Puy-en-Velay et, fin mars 1941, au fort Saint-Nicolas à Marseille, pour être finalement déporté au pénitencier de Maison-Carrée en Algérie, avec 26 de ses camarades ex-députés.

Libéré par les Alliés le 5 février 1943, il participe à la résistance communiste locale et à l'organisation régionale du PCF à Alger. En octobre 1943, il rejoint Londres pour représenter le PCF auprès du CFLN. Il est membre de l'Assemblée consultative provisoire à Alger puis à Paris qu'il rejoint en août 1944. Il y représente la CGPT et les CDAP (Comités de défense et d'action paysanne).

Lors du Xe congrès du Parti communiste français, en juin 1945, il entre au Bureau politique, qui le présente « tête de liste » aux élections législatives d'octobre 1945 dans le département de Saône-et-Loire. Fort de ses origines locales, de la place éminente qu'il occupe dans la Confédération générale de l'agriculture, et du rôle tenu par les communistes dans la Résistance dans le département, il est élu député, aux deux Assemblées constituantes, puis à la Chambre des députés jusqu'en 1958. Le Parti communiste qui rassemblait 12 % des suffrages aux élections législatives de 1936 en Saône-et-Loire, obtient en octobre 1945 plus de 77 000 voix, soit 31,6 % des suffrages exprimés.

« Il exerce avec son collègue Rémy Boutavant une présence intense pendant la période délicate de la Guerre froide (...). On note à travers la presse locale, même si elle ne lui est pas favorable, la participation de Waldeck Rochet, assidu dans la plupart des manifestations du département et des débats publics, toujours plein de convictions. »

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