Władysław Sikorski, né le 20 mai 1881 à Tuszów Narodowy et mort le 4 juillet 1943 à Gibraltar, est un militaire et homme d'État polonais. Il est notamment général et chef des forces armées polonaises, et exerce les fonctions de Premier ministre du gouvernement polonais en exil de 1939 à 1943. Les circonstances de sa mort dans un accident d'avion restent encore sujettes à diverses interprétations.
Né à Tuszów Narodowy en Galicie, alors partie de l'Autriche-Hongrie, Władysław Sikorski est le troisième fils de Tomasz Sikorski (1852-1885), organiste du village de Hyżne et maître d'école. Ce dernier est originaire d'une famille de tisserands de Przeworsk. Sa mère est Emilia Habrowska, née de père inconnu, dont le beau-père, Kajetan Albertowicz, fut intendant du domaine de Hyżne.
De 1898 à 1902, Sikorski étudie à l'Institut de formation des maîtres à Rzeszów. En 1902, il intègre l'École des ponts et chaussées de Lwów. Étudiant, il participe activement aux activités des organisations patriotiques polonaises, très actives en Autriche-Hongrie. Entre 1916 et 1918, il sert dans l'armée austro-hongroise.
Il épouse en 1909 Helena Zubczewska. Ils ont une fille, Zofia Leśniowska, qui deviendra sa conseillère et son interprète.
Guerre russo-polonaise (1920-1921)
Il rejoint la nouvelle armée polonaise et participe à la guerre russo-polonaise (1919-1920) comme commandant de la 3e Armée. En 1920, lors de la bataille pour Varsovie il commande la Ve Armée et contribue à la victoire sur les troupes bolchéviques.
Rôle dans la nouvelle Pologne 1921-1926
De 1921 à 1922, il est chef d'état-major de l'armée ; entre 1922 et 1923, il est président du Conseil, puis, de 1924 à 1926, inspecteur général de l'infanterie ; en mai 1926, il est ministre des affaires militaires.
Écarté du pouvoir sous le régime de Piłsudski (1926-1939)
À la suite du coup d’État de Józef Piłsudski, qui met en place un régime autoritaire, voire autocratique, appelé sanacja (« assainissement »). Sikorski est mis à l'écart du pouvoir et se retire de la vie politique.
En 1936-1939, général sans affectation, il étudie en France à l'École supérieure de Guerre.
L'Académie française lui décerne le prix Auguste-Furtado 1936 pour son ouvrage La Guerre moderne, son caractère, ses problèmes.
Écarté de la Campagne de Pologne (1939), il part en France où, le 28 septembre, il commence la formation de l'armée polonaise en exil.
Entrée dans la Seconde Guerre mondiale (1939-1941)
Le 30 septembre 1939, le président polonais, Władysław Raczkiewicz, demande à Sikorski de former un gouvernement en exil.
Les Français et les Britanniques, qui lui font confiance, reconnaissent son gouvernement, qui s'établit d'abord à Paris, puis à Angers. Il est reconnu par toutes les nations libres, y compris l'Union soviétique. Le 7 novembre, il devient également le chef des armées et met sur pieds l'armée polonaise en France (84 000 hommes). Après la défaite de la France, il passe en sol britannique et signe le 5 août 1940 un accord avec le Royaume-Uni pour la reconstruction de l'armée polonaise sur les îles britanniques et devient le chef des Polonais Libres (force de 100 000 combattants). Il installe son gouvernement à Londres.
Grâce à Stanislaw Maczek et à Sikorski, la 1re division blindée polonaise est constituée le 25 février 1942 et placée sous les ordres de Maczek.
Rapprochement avec l'Union soviétique (1941-1942)