Vulcania est un centre français de culture scientifique autour du volcanisme, situé en France, sur la commune de Saint-Ours-les-Roches, dans le Puy-de-Dôme, à 15 kilomètres au nord-ouest de Clermont-Ferrand. Lancé en 1994 par Valéry Giscard d'Estaing, le projet a rencontré une vive opposition de la part de défenseurs de la nature.
Il porte aussi le nom de « Parc européen du volcanisme ».
Le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes en est propriétaire et son exploitation est confié à la Société d’Economie Mixte (SEM) Volcans.
En 1986, les époux Krafft (Maurice et Katia), volcanologues de renommée mondiale, imaginent d'installer une attraction touristique et pédagogique (projet Volcania) au Puy de Dôme, en creusant au cœur même de ce volcan. En 1990, Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la République française et alors président du Conseil régional d'Auvergne, s'oppose à ce projet.
Les deux volcanologues meurent en 1991, emportés par une nuée ardente sur les pentes du volcan Unzen au Japon. L'année suivante, Valéry Giscard d'Estaing reprend l'idée à son compte et relance le projet d'un parc d'attraction, d'ampleur internationale et centrée sur le volcanisme. Le Conseil régional vote à une forte majorité le lancement du projet d'un centre européen du volcanisme. Sur ce projet, porté par un ancien président de la République, s'ajoute une dimension politique nationale aux enjeux locaux économiques, techniques et surtout environnementaux.
Le choix du lieu d'implantation fait l'objet d'un débat local soutenu, plusieurs élus locaux proposant des terrains sur leur commune : Châtel-Guyon, Pont-du-Château (à proximité de La Bourboule), l'aire des Volcans d'Auvergne, etc.. Finalement le président de région décide qu'il sera installé au cœur de la chaîne des Puys, sur un ancien dépôt militaire de 57 hectares qu'il faut racheter aux Domaines. La vente se fait par soumission cachetée et Valéry Giscard d'Estaing soumissionne à titre personnel. Une seconde offre est également déposée par un particulier et présenté au conseil municipal de Saint-Ours-les-Roches pour un projet de centre équestre. Cette seconde offre étant supérieure, le président de la région fait alors valoir le droit de préemption du Conseil régional et la région Auvergne acquiert donc le terrain.
Dès 1993, soucieux de fonder ce projet sur des bases scientifiques solides, le Conseil régional suscita la constitution d’un conseil scientifique international qui sera amené à fournir des avis tout au long du développement de la scénographie. En 1994 un concours international d’architecture met en compétition les projets de 4 cabinets prestigieux : l’espagnol (Catalan) Ricardo Bofill, le français Jean-Michel Wilmotte, le franco-péruvien Henri Ciriani et de l’autrichien Hans Hollein, ainsi que le cabinet DH&A de Clermont-Ferrand. Le jury d’architecture met en tête le projet Wilmotte mais le conseil régional choisira finalement le projet Hollein qu’il considère comme mieux adapté au site. Hans Hollein est le seul à proposer un projet presque totalement enterré , où seuls émergent le bâtiment accueillant un restaurant et un cône monumental, rappel symbolique des volcans environnants ; cependant ce cône évoquant par trop une tour de refroidissement de centrale nucléaire fut modifié à la demande du conseil régional.
L'implantation de Vulcania au cœur de la chaîne des Puys provoque de vives oppositions chez les défenseurs de la nature qui dénoncent l'implantation de constructions « en rase campagne » et alertent sur les risques environnementaux que feront courir une telle urbanisation. Pourtant sur ce site existe déjà les bâtiments d'une ancienne emprise militaire et qu'à proximité se situe le Puy de Lemptégy, une attraction touristique, avec restaurant, bâtiment ludique, sur un ancien site industriel avec carrière de pouzzolane , installations de criblage, etc.
Ils dénoncent également le fait que ce projet s'implante dans un parc naturel régional et donc sur un site classé. Dans une lettre adressée à Valéry Giscard d'Estaing, le volcanologue et ancien secrétaire d'État Haroun Tazieff accuse « le massacre d'un des monuments naturels les plus préservés de France, crime dont le but essentiel est le profit ». Le porte-parole du mouvement pour la sauvegarde des volcans d'Auvergne, Marcel Breugnot, écrit en 1997 dans le journal Libération que le projet vise à « saccager l'un des paysages les plus singuliers de l'Hexagone ».
Le groupe politique Les Verts du conseil régional d'Auvergne souhaite qu'un référendum soit effectué auprès des habitants de la région, où d'importants investissements sont financés par leur conseil régional. Selon les écologistes locaux, ce projet ne justifie pas « un investissement équivalent à un tiers du budget annuel de la région ». Le référendum n'aura pas lieu, mais un sondage commandé en décembre 1996 auprès des auvergnats montre que 72 % de ceux-ci sont pour le projet[réf. nécessaire].
Plusieurs associations, comme le Club alpin français, France nature environnement, SOS volcans, l'Association d'études et de défense de l'environnement des pays de Limagne et de Combrailles, se rassemblent dans un comité de liaison pour la sauvegarde des volcans d'Auvergne, et pour accuser également « le manque de démocratie » concernant le choix de ce projet, ainsi que « le coût de l'opération et la lourdeur des aménagements annexes ». Appuyé par une pétition rassemblant 16 000 signatures, ce comité et des communes riveraines déposent un ensemble de recours au tribunal administratif. Le projet est alors surnommé par certains de ses détracteurs le « Giscardoscope », en écho à celui du Futuroscope, ouvert près de Poitiers en 1987.
Cependant ces oppositions, minoritaires au sein de la population auvergnate, perdent tous les procès intentés (plus d'une trentaine et la plupart en appel). Toutes ces procédures alourdissent le coût du projet qui passe de 360 à 420 millions de francs en 1995. Elles provoquent également, par volonté d'un chantier écologiquement irréprochable, de coûteuses et extrêmes précautions environnementales, sans commune mesure avec les conditions d'exploitation de l'ancienne carrière voisine ou simplement les nuisances de l'axe routier qui longe le terrain. Ainsi, l'ensemble des voiries sont dotées de membranes et fossés étanches, ramenant les eaux de ruissellement dans des bassins de décantation ; idem pour l'aire de stationnement des engins de chantier qui doivent être rassemblés tous les soirs ; etc.[réf. nécessaire]
Cela a pour conséquence de repousser le démarrage des travaux de plusieurs années. En attendant, le conseil régional lance une consultation publique pour trouver le nom : Parc européen du volcanisme et, en 1996, celui de Vulcania est adopté.
Alors que les travaux ont déjà commencé, une nouvelle attaque met en avant un risque sismique important qui menacerait directement Vulcania et mettrait gravement en danger ses visiteurs ; cette opinion est fondée sur l’observation de fractures ouvertes qui affectent le site et sont attribuées au fonctionnement d’un accident majeur de la tectonique régionale du Massif central. Une interprétation moins anxiogène semble avoir finalement prévalu : celle de fissures de gravité contemporaines de la mise en place des coulées comme il en est connu sur les pentes de nombreux volcans actifs, notamment au Piton de la Fournaise. La région de Clermont-Ferrand, incluant Vulcania, étant toutefois classée en « zone sismique modérée » (Ib dans le classement de 1991) par le BRGM, des normes parasismiques de construction assez strictes ont été respectées.
En 1997, année initialement prévue pour l'ouverture, les travaux débutent avec comme objectif ambitieux une ouverture en l'an 2000.
Mais le projet s'avère complexe à étudier et à construire. Il accumule rapidement plusieurs mois de retard et, alors qu'il est encore à plus d'un an d'une possible ouverture, un accident conséquent suspend les travaux en aout 2000. Lors du remblaiement de plusieurs mètres de terre sur une dalle formant le plafond d'un salle (rappelons que le projet est majoritairement enterré), celle-ci s'effondre. Le sous-effectif pendant le mois de vacances permet sans doute d'éviter le drame et il n'y a aucune conséquence humaine.