Le 21 février 1973, le Boeing 727-224 assurant le vol 114 de Libyan Arab Airlines, entre Tripoli et le Caire avec escale à Benghazi, est abattu par des avions de combat israéliens alors qu'il vole au-dessus du Sinaï, alors occupé par Israël ; l'avion s'écrase, entraînant la mort de 108 personnes parmi les 113 occupants.
À 10 h 30, le 21 février 1973, le Boeing 727-224 quitte Tripoli et, en raison combinée du mauvais temps et d'une défaillance matérielle, se perd vers le nord de l'Égypte à 13 h 44 heure locale. Il pénètre dans l'espace aérien sous contrôle israélien dans la péninsule du Sinaï en territoire Égyptien occupé par l'armée israélienne. Il est intercepté par deux avions F-4 Phantom II après avoir, selon l'armée israélienne, refusé d'atterrir. L'avion est piloté par un capitaine et ingénieur de vol français, Jacques Bourgès d'Air France, et un copilote libyen en vertu d'un arrangement contractuel entre Air France et la Libyan Arab Airlines.
Après une brève escale à Benghazi dans l'est de la Libye, le vol 114 continue sa route pour Le Caire avec 113 personnes à bord. Selon les pilotes israéliens, se dirigeant vers Tel Aviv, le pilote et le copilote auraient ignorés les tentatives de contact visuel des chasseurs israéliens ainsi que les tirs de semonce. Le vol 114 virant vers l'ouest, les pilotes israéliens jugent qu'il tentait de prendre la fuite, alors qu'ils le suspectent d'espionnage de la base aérienne de Bir Gifgafa. Avec l'accord de leur commandement, ils décident de l'abattre. Ils tirent plusieurs rafales d'obus de 20 mm de leurs canons M61 Vulcan, endommageant les surfaces de contrôles, les commandes hydrauliques ainsi que l'une des ailes de l'avion. Le vol 114 tente ensuite un atterrissage d'urgence dans une zone de dunes mais une explosion au niveau du train d’atterrissage droit lors de cette tentative entraîne la destruction de l'avion.
Sur les 113 personnes à bord, on ne dénombre que 5 survivants. Parmi les morts figure une personnalité de la télévision égyptienne, Salwa Hegazy, également poétesse d'expression française.
Selon le général israélien Hod de l'armée israélienne, le copilote, alors dans un état critique après avoir survécu au crash, aurait reconnu que l'équipage aurait bien vu et correctement interprété les demandes des pilotes israéliens mais, en raison des relations diplomatiques entre la Libye et Israël, avait délibérément décidé de ne pas y obéir.
Les Nations unies n'ont pris aucune mesure contre Israël. Les 30 pays membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) ainsi que les États-Unis ont condamné les tirs ayant entrainé l'accident, réfutant la déclaration officielle israélienne. Le ministre de la défense israélien Moshe Dayan déclare que l'accident résulte d'une « erreur de jugement ». Par conséquent, Israël a payé des compensations aux familles des victimes.
Tentative de vengeance de Kadhafi
Entre avril et mai 1973, le paquebot britannique Queen Elizabeth 2 réalise sous haute surveillance une croisière spéciale Southampton-Ashdod pour le 25e anniversaire de la création d'Israël. Le chef d'état libyen Mouammar Kadhafi ordonne au capitaine d'un sous-marin de la marine égyptienne stationné à Tripoli de le couler. Le président égyptien Anouar el-Sadate, prévenu par le capitaine du bateau, ordonne au sous-marin de retourner à Alexandrie, et affirme à Kadhafi que le paquebot n'avait pas été croisé.
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