Ce Jour-là

Vol Korean Air Lines 007

Avion civil sud-coréen abattu par les forces aériennes soviétiques

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Le 1er septembre 1983, le Boeing 747 effectuant le vol Korean Air Lines 007 reliant New York à Séoul via Anchorage dévie de sa route prévue et entre dans un espace aérien soviétique interdit. Il est abattu par un avion de chasse Soukhoï Su-15 de la défense aérienne soviétique à proximité de l'île Moneron. Aucun survivant n'est retrouvé parmi les 269 passagers et membres d'équipage.

L'incident est l'un des moments les plus tendus de la guerre froide et conduit à une escalade du sentiment anti-soviétique, en particulier aux États-Unis. L'Union soviétique nie d'abord avoir connaissance de l'incident, mais admet plus tard avoir abattu le Boeing coréen, affirmant que l'avion était en mission d'espionnage. Le Politburo déclare qu'il s'agit d'une provocation délibérée de la part des États-Unis pour tester la préparation militaire de l'Union soviétique. La Maison-Blanche accuse de son côté l'Union soviétique d'entraver les opérations de recherche et de sauvetage. Les autorités soviétiques dissimulent des preuves aux enquêteurs de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), parmi lesquelles les enregistreurs de vol de l'avion coréen. Celles-ci sont communiquées huit ans plus tard, après la dislocation de l'Union soviétique. Bien que l'enquête de l'OACI, rouverte à cette occasion, ait conclu que le Boeing 747 coréen s'était égaré accidentellement, diverses théories du complot sont avancées.

L'appareil assurant ce vol, fabriqué en 1972, était un Boeing 747-230B, un avion gros-porteur immatriculé HL7442 (numéro de série 20559/186) et équipé de quatre moteurs Pratt & Whitney JT9D-7A.

Ce vol est effectué par le commandant de bord Chun Byung-in (45 ans), le copilote Son Dong-hui (47 ans) et l'officier mécanicien navigant Kim Eui-dong (31 ans). Le commandant totalise 10 627 heures de vol à son actif, dont 6 618 heures sur Boeing 747. Le copilote cumule 8 917 heures de vol, dont 3 411 heures sur 747. L'officier mécanicien navigant Kim totalise 4 012 heures de vol, dont 2 614 heures sur 747.

Le vol 007 de Korean Air Lines relie la ville de New York, aux États-Unis, à Séoul, en Corée du Sud. Il décolle de l'aéroport international John-F.-Kennedy le 31 août avec à son bord 246 passagers et 23 membres d'équipage (dont six employés qui n'étaient pas en service comptés en tant que passager). Après avoir refait le plein de carburant à l'aéroport international d'Anchorage en Alaska, il redécolle en direction de Séoul à 13 heures UTC (3 heures locales) le 1er septembre.

Le vol KAL 007 se dirige d'abord vers l'ouest puis infléchit sa trajectoire vers le nord en direction de Gimpo, l'aéroport de Séoul, ce qui le fait passer beaucoup plus à l'ouest que les vols habituels (suivant prétendument un cap magnétique de 245°), survolant la presqu'île du Kamtchatka puis la mer d'Okhotsk en direction de l'île de Sakhaline, violant ainsi une portion importante de l'espace aérien soviétique.

Un vol KAL avait déjà violé l'espace soviétique précédemment : en avril 1978, un chasseur soviétique avait tiré sur un avion coréen (vol 902 Korean Air Lines) qui avait survolé la presqu'île de Kola et l'avait forcé à faire un atterrissage en catastrophe sur un lac gelé. L'étude des causes de cet incident avait été compliquée à la suite du refus des Soviétiques de remettre les boîtes noires de l'appareil. D'autres avions commerciaux avaient déjà commis des erreurs de cet ordre, mais pas dans l'espace aérien soviétique.

Alors que le vol 007 survole le territoire de l'Union soviétique, des chasseurs Su-15 Flagon et MiG‑23 Flogger de la force de défense antiaérienne soviétique, le prenant vraisemblablement pour un avion espion américain Boeing RC-135 qui faisait une mission dans le secteur, sont envoyés pour l'intercepter. À 18 h 26 UTC, l'un des deux Su-15 de la base aérienne de Dolinsk-Sokol (en) procède au lancement de deux missiles air-air K-8 en direction de l'avion de ligne qui vole à environ 10 600 mètres d’altitude. Après l'explosion des missiles, l'équipage du KAL 007 effectue une descente d'urgence en spirale, en raison de la dépressurisation rapide de la cabine de passagers. L'appareil s'abîme en mer, à environ 55 kilomètres au large de l'île Moneron, tuant toutes les personnes à bord. Les premières affirmations selon lesquelles l'avion aurait été forcé d'atterrir sur l'île de Sakhaline sont rapidement démenties, notamment par Moscou. Au Japon, il est annoncé le 2 septembre que la veille au matin vers 3 h 30 l'amiral Shizuka Hazahsi, commandant du navire de pêche, Chidori Maru no 58 et ses hommes ont vu l'avion prendre feu en vol et ont fait un récit détaillé de leur témoignage.

Nationalités des victimes par nombre

Larry McDonald de la John Birch Society, cousin du général Patton[réf. nécessaire] et Jessie Pharr Slaton (en) de la Michigan Women's Hall of Fame figuraient sur ce vol.

L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) conduit deux enquêtes sur l'incident : la première juste après et la seconde en 1992, après que l'administration Eltsine a remis à la Corée du Sud les boîtes noires du Boeing. Les deux concluent que la violation de l'espace aérien soviétique était accidentelle. Le pilote automatique avait été paramétré sur sa limite ouest en mode guidage ou était passé en guidage inertiel lorsqu'il était hors de portée du verrouillage. C'est pourquoi l'appareil est resté sur le guidage magnétique constant choisi lorsque l'avion avait quitté Anchorage. Il est établi que l'équipage n'avait ni remarqué cette erreur, ni effectué par la suite les vérifications qui l'auraient révélée, en raison d'un « manque de conscience de la situation et de coordination dans le poste de pilotage ».

Dans une allocution télévisée retransmise le 5 septembre 1983 depuis le bureau ovale, le président des États-Unis Ronald Reagan condamna l'attaque, la qualifiant de « massacre des Korean Air Lines », de « crime contre l'humanité [qui] ne doit jamais être oublié » et d'« acte de barbarie… [d'une] brutalité inhumaine ». Le jour suivant, l'Union soviétique admet avoir abattu le vol KAL 007, affirmant que les pilotes ne savaient pas qu'il s'agissait d'un avion civil lorsqu'il a violé l'espace aérien soviétique. La presse américaine se fait l'écho d'appels à la guerre contre l'URSS. Un rapport de la National Security Agency (NSA) confirme la méprise des Soviétiques.

L'attaque jette un nouveau froid sur les relations entre les États-Unis et l'Union soviétique. Le 15 septembre, le président Reagan ordonne à la Federal Aviation Administration (FAA) de révoquer la licence d'Aeroflot pour les vols depuis et vers les États-Unis. Par conséquent, les vols Aeroflot vers l'Amérique du Nord n'étaient plus disponibles que vers le Canada ou le Mexique. Le service de l'Aeroflot vers les États-Unis n'est pas rétabli avant le 29 avril 1986. Par ailleurs, vers le 20 septembre 1983, en raison du refus des gouverneurs de l'État de New York et du New Jersey de délivrer les autorisations de routine pour le vol d'Andreï Gromyko de se poser, le ministre des Affaires étrangères soviétique ne peut se rendre à la session des Nations unies tenue annuellement à New York, pour la première fois depuis sa nomination à ce poste en février 1957.

L'ambassadeur américain auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU) Jeane Kirkpatrick commissionne une présentation audiovisuelle au conseil de sécurité de l'ONU dès les premiers jours qui suivirent l'annonce des faits, utilisant les enregistrements des conversations radio soviétiques et une carte de la route de l'avion pour décrire l'attaque comme sauvage et injustifiée.

Cet incident se produit en pleine crise des euromissiles, quelques mois avant l'installation en R.F.A et en Grande-Bretagne des premiers missiles américains, Pershing II et de croisière (novembre 1983-janvier 1984).

En 1984, le maréchal Nikolaï Ogarkov est destitué de ses fonctions de chef d'état-major, parce qu'il symbolise la confrontation avec les États-Unis.

À la suite de cet accident, Ronald Reagan annonce que la technologie GPS sera ouverte pour des usages civils.

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