Le 10 mars 2019, le Boeing 737 Max 8 assurant le vol Ethiopian Airlines 302 d'Addis-Abeba à Nairobi, s'écrase six minutes après son décollage de l'aéroport de la capitale de l'Éthiopie. Les 157 occupants de l'appareil sont tués sur le coup, ce qui en fait l'accident le plus meurtrier de l'histoire d'Ethiopian Airlines ainsi que la pire catastrophe aérienne survenue en Éthiopie.
Il s'agit du second accident impliquant le Boeing 737 Max 8, entré en service en 2017 et dont trois cent cinquante exemplaires ont été livrés fin janvier 2019, le premier étant le crash du vol Lion Air 610 en octobre 2018 également survenu peu après le décollage. La similarité de ces deux cas entraîne, dès le 13 mars 2019, la suspension de vol de tous les Boeing 737 Max.
L’appareil accidenté est un Boeing 737 Max 8, immatriculé ET-AVJ, c / n 62450, msn 7243. Construit en octobre 2018, c'est le premier des quatre 737 Max commandés par Ethiopian Airlines, livré le 15 novembre 2018. Il totalisait 1 330 heures et 382 vols.
Le commandant de bord, Yared Getachew (29 ans), sorti le 23 juillet 2010 de l'école de pilotes de ligne éthiopienne, totalisait 8 122 heures de vol dont 1 417 sur B737 et 103 sur B737 Max 8. Il était devenu, en novembre 2017, le plus jeune commandant de bord de la compagnie.
Le copilote, Ahmed Nur Mohammod Nur (25 ans), était récemment diplômé de l'école de pilotes de ligne de la compagnie et avait 361 heures de vol à son actif dont 207 sur B737 et 56 sur B737 Max 8.
Le vol 302 d'Ethiopian Airlines, un vol international régulier entre l'aéroport d'Addis-Abeba Bole, en Éthiopie, et l'aéroport international Jomo-Kenyatta de Nairobi, au Kenya, transportait 149 passagers et 8 membres d'équipage, de 35 nationalités différentes.
L'avion décolle le 10 mars 2019 à 5 h 38 UTC (8 h 38 locales) en piste 07 (face au nord-est), par beau temps. Il ne prend que peu d'altitude (dans les trois premières minutes, pas plus de 500 pieds (350 m) au-dessus du niveau de l'aéroport, situé à 2 334 m d'altitude, avec une instabilité de vitesse verticale), alors que la vitesse augmente au-delà de VMO (vitesse maximale autorisée) à près de 340 nœuds.
L'équipage signale un problème de commandes de vol et reçoit l'autorisation de faire demi-tour, mais finit par perdre le contrôle de l'avion qui s'écrase sur des terres agricoles à 5 h 44 UTC (8 h 44 locales), à 62 kilomètres à l'est-sud-est d'Addis-Abeba et non loin de la ville de Bishoftu, à une vitesse de près de 610 nœuds (1 100 km/h).
La violence de l'impact a créé un cratère d'environ 27 m de large, 37 m de long, et les restes de l'appareil se sont enfoncés jusqu'à 9 m de profondeur dans le sol. Des débris étaient éparpillés partout sur le terrain.
L'accident fait 157 morts : 149 passagers et huit membres d'équipage. Leurs nationalités sont les suivantes :
(L'une des victimes, Graziella de Luis Ponce, interprète free-lance pour l'ONU, avait une double nationalité, mexicaine et probablement italienne, car étant basée à Rome en tant qu'employée régulière de la FAO. Elle n'est comptée dans le tableau que sous son autre nationalité, qui n'a pas été confirmée).
La diversité des nationalités des passagers de ce vol entre deux capitales africaines s'explique par le développement d'Ethiopian Airlines qui a fait ces dernières années de l'aéroport d'Addis-Abeba Bole un hub entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.
Plusieurs des passagers se rendaient à la conférence sur l’environnement prévue à Nairobi du 11 au 15 mars. Vingt-et-un membres de différentes agences des Nations unies ont péri dans l'accident. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a adressé ses condoléances aux familles des salariés de l’organisation, ainsi qu'à celles des contractants, principalement des interprètes indépendants recrutés habituellement par l’ONU, qui se rendaient aussi à ladite conférence.
Parmi les victimes, figurent :
Sebastiano Tusa (né en 1952), archéologue et homme politique italien, qui se rendait à Nairobi pour participer à un projet de l'Unesco.
L'universitaire et écrivain nigéro-canadien Pius Adesanmi (en) (né en 1972), qui enseignait l'anglais à l'université Carleton à Ottawa qui se rendait à une conférence de l'Union africaine.
Karim Saafi, un Franco-Tunisien de 38 ans originaire de Marly-le-Roi en banlieue parisienne (ami d'enfance de l'humoriste français Yassine Belattar) et bruxellois depuis plusieurs années, cofondateur du Forum de la jeunesse de la diaspora africaine en Europe (Adyfe) au titre duquel il intervenait à l’ONU.
Enfin, l'historien et homme politique slovaque Anton Hrnko (en) a perdu sa femme Blanka, son fils Martin et sa fille Michala.