Le 28 novembre 1979, un McDonnell Douglas DC-10 effectuant le vol Air New Zealand 901 s'écrase sur un versant du mont Erebus, sur l'île de Ross, en Antarctique, ne laissant aucun survivant parmi les 237 passagers et vingt membres d'équipage à bord. Ce vol de la compagnie aérienne Air New Zealand, qui organise alors des vols touristiques au-dessus de l'Antarctique depuis 1977, avait décollé dans la matinée d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, puis devait survoler le continent antarctique pendant quelques heures, avant de retourner à son point de départ dans la soirée après une escale à Christchurch. L'accident a pour origine l'utilisation d'un plan de vol erroné, combinée à une situation météorologique de blanc dehors.
Il s'agit du pire accident aérien de l'histoire de l'aviation néo-zélandaise, ainsi que la catastrophe la plus meurtrière survenue sur le continent antarctique (en) depuis le naufrage du San Telmo en 1819.
L'appareil assurant le vol 901 est un McDonnell Douglas DC-10-30 immatriculé ZK-NZP. C'est le 182e DC-10 construit par McDonnell Douglas, ainsi que le quatrième DC-10 acquis par Air New Zealand, le 12 décembre 1974. Il cumule plus de 20 700 heures de vol au moment de l'accident. Il fait partie des huit DC-10 qu'Air New Zealand utilise pour effectuer les vols au dessus de l'Antarctique.
Le commandant de bord Thomas James « Jim » Collins (45 ans) est un pilote expérimenté qui cumule 11 151 heures de vol, dont 2 872 heures sur DC-10, au moment de l'accident. Le copilote Gregory Mark « Greg » Cassin (37 ans) totalise 7 934 heures de vol à son actif, dont 1 361 heures sur DC-10. Le mécanicien navigant Gordon Barrett Brooks (43 ans) comptait 10 886 heures de vol, dont 3 000 heures sur DC-10.
À bord se trouvent également un copilote de relève, Graham Neville Lucas (39 ans) et un mécanicien navigant de relève, Nicholas John « Nick » Moloney (44 ans), qui totalise 6 468 heures de vol, dont 1 700 heures sur DC-10.
Le vol 901 part d'Auckland en direction de l'Antarctique afin d'effectuer — en fonction des conditions météorologiques rencontrées sur place — un vol touristique, soit au-dessus du pôle Sud magnétique et du glacier Ninnis, soit de l'île de Ross, pour finalement revenir se poser en Nouvelle-Zélande au bout d'une douzaine d'heures.
À bord, un buffet est mis à la disposition des passagers qui peuvent se déplacer librement dans la cabine afin de rechercher les meilleurs points de vue, rendre visite au personnel dans le poste de pilotage et bénéficier de commentaires de plusieurs spécialistes de l'Antarctique présents à bord, dont Peter Mulgrew.
Le vol se déroule sans encombre au-dessus de l'océan Pacifique Sud, puis de l'océan Austral : à une altitude de croisière de 35 000 pieds (environ 10 700 mètres), les passagers peuvent observer les premiers icebergs à l'approche de l'Antarctique.
Ayant établi le contact avec la station de navigation aérienne de McMurdo, la seule dans ce secteur, qui l'informe des conditions météorologiques — quelques nuages dont la base se situe à une altitude de 2 000 pieds (environ 610 mètres) et une visibilité de quarante milles — le commandant de bord décide de mettre le cap vers l'île de Ross pour y observer le mont Erebus. Arrivés au-dessus de la mer de Ross, l'avion reçoit l'autorisation de descendre à une altitude de 18 000 pieds (environ 5 500 mètres).
Poursuivant sa descente, le commandant demande un guidage radar à la station McMurdo afin de traverser la couche nuageuse mais l'avion n'apparait toujours pas sur les écrans de la station de navigation. Le dernier contact avec l'appareil est établi lorsque celui-ci se trouve à une altitude de 6 000 pieds (environ 1 830 mètres), toujours au-dessus des nuages.
N'obtenant aucune réponse malgré de nombreux appels, des équipes de recherche survolent l'île de Ross et retrouvent les restes de l'appareil onze heures après le dernier contact établi à 12 h 56, éparpillés à une altitude de seulement 1 500 pieds (environ 460 mètres), sur le flanc du mont Erebus au nord de la station de McMurdo. Elles ne voient aucun survivant parmi les 257 occupants de l'appareil.
Les nationalités des passagers et des membres de l'équipage du vol 901 comprennent :
L'enregistreur de données de vol et l'enregistreur sonore de la cabine de pilotage, ainsi que les bandes vidéo et les pellicules photographiques des passagers sont d'une grande aide aux enquêteurs dépêchés sur place. La trainée de débris laissée par l'impact révèle que le DC-10 a percuté la montagne à grande vitesse, quasiment à l'horizontale, a explosé et a pris feu immédiatement après le choc initial.
La reconstitution des dernières minutes du vol met en évidence que l'avion a effectué deux virages à 360°, à droite puis à gauche, tout en perdant de l'altitude et ceci afin de chercher la meilleure route possible en évitant les zones les plus nuageuses. Ayant terminé ses virages et pensant se trouver à trente milles au nord de McMurdo, selon le plan de vol préétabli, l'équipage du vol 901 poursuit alors la descente. L'avertisseur de proximité du sol (GPWS) retentissant seulement trois minutes plus tard, l'équipage tente de redresser l'appareil qui percute la montagne peu après à 260 nœuds (environ 480 kilomètres par heure).
L'explication fournie par les enquêteurs est la conjonction d'une erreur dans le plan de vol et d'une illusion d'optique. En effet, au moment de l'accident, des observateurs au sol indiquent que la visibilité autour de l'île de Ross est mauvaise, que la base des nuages se trouve à une altitude d'environ 3 500 pieds (environ 1 070 mètres) et que des nuages couvrent le mont Erebus, une situation de blanc dehors. Cette nébulosité conjuguée à la lumière polaire aurait pu provoquer une illusion d'optique donnant l'impression aux passagers de l'avion qu'ils survolaient un terrain plat alors qu'ils se dirigeaient droit vers la montagne. L'équipe de pilotage pensait quant à elle passer à l'ouest du mont Erebus mais selon un plan de vol erroné établi plus d'un an auparavant.
Les coordonnées de la station McMurdo avaient alors été mal enregistrées, mais les vols précédents s'étaient passés sans encombre : les équipages volaient à vue dans de bonnes conditions de visibilité, contrairement au vol 901. Ironie du sort, les coordonnées avaient été changées la veille du vol mais seule la station McMurdo en avait été informée et pas l'équipage du vol 901. La responsabilité de l'accident est néanmoins, dans un premier temps, imputée à l'équipage qui est descendu en dessous de l'altitude réglementaire (6 000 pieds, soit 1 830 mètres) à ce moment du vol, ainsi qu'aux mauvaises conditions météorologiques.
L'accident du vol 901 déclenche une série de controverses qui marquent profondément la société néo-zélandaise. Dans un premier temps, l'enquête menée par le Bureau néo-zélandais d'enquête sur les accidents aériens (OAAI) conclut que l'accident résulte avant tout d’une erreur de pilotage.
Par la suite, l'indignation suscitée auprès du public quant à ces conclusions conduit à la création d’une commission royale d'enquête sur l'accident. Celle-ci, présidée par le juge Peter Mahon (en), conclut quant à elle que l'accident résulte principalement d'une modification apportée aux coordonnées de la trajectoire de vol la nuit précédant l'accident, combinée à une absence d'information transmise à l'équipage sur ce changement, de sorte que l'avion, au lieu d’être guidé par l'ordinateur de bord le long du détroit de McMurdo comme l'équipage le croyait, est redirigé vers une trajectoire menant directement au mont Erebus.