Le crash du vol Air Algérie 5017 (AH5017) concerne un vol international régulier, devant relier l'aéroport international de Ouagadougou à l'aéroport d'Alger - Houari-Boumédiène, qui s'est écrasé le 24 juillet 2014, dans le centre du Mali, avec 110 passagers et 6 membres d'équipage à bord. Le McDonnell Douglas MD-83 assurant le vol, affrété par Air Algérie auprès de la compagnie aérienne espagnole Swiftair, a disparu des radars une cinquantaine de minutes après le décollage. Il n'y a eu aucun survivant parmi les 116 personnes à bord.
Les autorités malienne, en appui du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) français, a publié en avril 2016 un rapport d'enquête concluant que, alors que l'avion volait en croisière avec le pilotage automatique engagé, l'accumulation de glace sur les moteurs, en raison de la non-activation par les pilotes du système de protection contre le givrage, a provoqué une réduction de la poussée qui a conduit à un décrochage à haute altitude. L'équipage n'a pas pu sortir du décrochage à temps, peut-être par manque de formation, et l'avion s'est écrasé au sol sans qu'aucune manœuvre de récupération n'ait été effectuée.
La commission malienne et le BEA a émis plusieurs recommandations à Air Algérie, à la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis ainsi qu'aux gouvernements du Burkina Faso et du Mali. Sur le plan judiciaire, la compagnie espagnole Swiftair, propriétaire de l'appareil, est jugée pour homicides involontaires devant le tribunal correctionnel de Paris à partir du 9 mars 2026, douze ans après les faits.
L'appareil impliqué est un McDonnell Douglas MD-83 âgé de 18 ans et immatriculé EC-LTV (numéro de série 53190/2148). Cet avion de ligne court/moyen courrier, construit en juin 1996, appartenait à la compagnie aérienne espagnole Swiftair. Au moment de l'accident, il totalisait 38 362 heures de vol, effectuées en 32 390 cycles (décollage/atterrissage), et était équipé de deux turboréacteurs de type Pratt & Whitney JT8D-219.
Cet avion a été acquis par Swiftair et réenregistré EC-LTV en 2012, après avoir été utilisé par plusieurs compagnies aériennes, telles que Flash Airlines, Avianca et Austral Líneas Aéreas, depuis sa mise en service en 1996. Il a été loué avec l'équipage (Wet lease) à Air Algérie en juin 2014, pour fournir des capacités de transport supplémentaires pendant la saison estivale 2014.
Le commandant de bord était Agustín Comerón Mogio, 47 ans, totalisant 12 988 heures de vol à son actif, dont 8 689 en tant que commandant de bord, et 10 007 heures sur MD-80.
La copilote était Isabel Gost Caimari, 42 ans, totalisant 7 016 heures de vol, dont 6 180 heures en tant que copilote sur MD-80.
Les deux pilotes étaient employés comme saisonniers. Ils avaient repris les vols le 20 juin 2014, après une période d'inactivité de huit mois, sans stage de réadaptation. Ce point a été au cœur des mises en cause ultérieures de la compagnie par la justice française, qui a mis en examen Swiftair en juin 2017.
Le vol 5017 décolle le 24 juillet 2014 à 0 h 45 (heure locale) de l'aéroport international de Ouagadougou à destination de l'aéroport Houari Boumédiène d'Alger avec 116 personnes à son bord.
À 1 h 55, la compagnie Air Algérie annonce avoir perdu le contact alors que l'appareil survolait le Mali. L'information est rapidement confirmée par l'affréteur Swiftair, puis par l'aviation civile algérienne, qui ne précise cependant pas s'il s'agit d'un accident ou d'un attentat. L'hypothèse d'un tir de missile lors du survol du Nord du Mali, en guerre depuis 2012, est rapidement écartée par les experts.
Peu après, des cellules de crise sont mises en place aux aéroports de Paris-Charles de Gaulle et de Marseille, compte tenu du nombre important de ressortissants français à bord. Un numéro d'urgence est ouvert par le ministère français des Affaires étrangères.
Localisation du site de l'accident
Deux avions de chasse Mirage 2000D de l'armée française basés à Niamey participent aux recherches. Ils repèrent dès 11 h les traces du crash, et selon la coopération de défense, demandent l'intervention au sol de l'armée burkinabé. À son tour, l'armée de l'air du Burkina Faso repère les traces de l'appareil avec un hélicoptère AS 350 et un Da-42 aux alentours de 18 h 20, en présence de gendarmes qui ont pris les premières photographies.
Le 24 juillet 2014, le général burkinabé Gilbert Diendéré annonce dès 17 h que les restes de l'avion « complètement brûlés » et des cadavres ont été trouvés par des bergers, près de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso.
Grâce à ces indications, la confirmation de la présence de l'épave est ensuite donnée — grâce à sa détection infrarouge — par un drone Reaper français près du village de Boulekessi, dans les environs de Gossi, à une cinquantaine de kilomètres du Burkina Faso. Dans la nuit du 24 au 25 juillet, le gouvernement français annonce avoir retrouvé l'avion. L'armée française basée à Gao, à environ 160 km au nord-est du lieu de l'accident, envoie un premier détachement héliporté de 30 hommes qui sécurisent l'épave vers 2 h du matin (UTC). Il est suivi par un deuxième détachement français de 90 hommes avec trente véhicules, ainsi que par 60 soldats maliens et 40 soldats néerlandais de la MINUSMA.
La localité de Boulékessi, située dans la commune de Mondoro, est alors tenue par les rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA).
Le 25 juillet 2014, le président de la République française François Hollande annonce qu'il n'y a « aucun survivant » parmi les 110 passagers et six membres d'équipage à bord de l'avion d'Air Algérie. Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius précise que les victimes comprennent 54 Français issus de 21 familles, certains ayant une double nationalité, les autres étant ressortissants de 14 nationalités différentes.
Toute une famille française fut décimée sur plusieurs générations lors de ce crash, ainsi que les cinq membres d'une autre famille — les parents et leurs trois fils.