Le Vivarais (Vivarés en occitan) est une région historique du Sud-Est de la France. Rattaché initialement au territoire du Saint-Empire romain germanique, il passa progressivement et durablement au royaume de France à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle. S'il dépendait administrativement du Languedoc (parlement de Toulouse, généralité de Montpellier), il conserva ses propres États. À la Révolution française, il forma pour l'essentiel le département de l'Ardèche.
À l'Époque moderne, le Vivarais coïncide avec le diocèse civil de Viviers (Vivarais fiscal) et est un des trois « pays joints » au Languedoc. Ainsi défini, le Vivarais comprend le diocèse catholique de Viviers (Vivarais stricto sensu) ainsi que les parties, situées sur la rive droite du Rhône, du diocèse catholique de Valence (Vivarais valentinois) et de l'archidiocèse catholique de Vienne (Vivarais viennois). Il confine : au nord, avec le Forez et le Lyonnais ; à l'est, avec le Dauphiné ; au sud, avec le diocèse civil d'Uzès (Uzèche) ; et à l'ouest, avec ceux de Mende (Gévaudan) et Le Puy (Velay). Cependant, quatre paroisses, enclavées dans le diocèse civil de Viviers, ne relèvent pas du Languedoc : Colombier-le-Jeune, Nozières et Pailharès relèvent du Forez ; et Champagne, du Dauphiné. D'autre part, quatre paroisses du diocèse civil de Viviers sont enclavées dans celui d'Uzès : Banne, Brahic, Courry et Malbosc. En outre, sur les marges du diocèse civil de Viviers, une partie des paroisses de Limony et de Vanosc relève du Forez ; et une partie du taillable de Saint-Arcons-de-Barges, du Velay. Ainsi, le diocèse civil de Viviers s'étend sur un territoire correspondant approximativement au département de l'Ardèche. Il inclut la commune de Courry dans l'actuel département du Gard ainsi que les communes de Arlempdes, Chaudeyrolles, Fay-sur-Lignon, Lafarre, Pradelles, Saint-Arcons-de-Barges, Saint-Étienne-du-Vigan, Saint-Paul-de-Tartas, Les Vastres et Vielprat dans l'actuel département de la Haute-Loire. Jusqu'à leur rattachement au Forez à la fin du Moyen Âge, il comprend, en outre, les paroisses du Bourg-Argental et Burdignes, dans l'actuel département de la Loire. Mais il ne comprend pas les paroisses de Beaulieu, Berrias, Casteljau, Chambonas, Chassagnes, Gravières, Naves, Orgnac, Saint-André-de-Cruzières, Saint-Sauveur-de-Cruzières, Saint-Martin-d'Ardèche et Les Vans qui relèvent de l'Uzéche. Des auteurs considèrent qu'il a pu comprendre quelques communes de l'actuel département de la Drôme et très peu de celui du Vaucluse. On distingue le Haut- et le Bas-Vivarais, c'est-à-dire le nord et le sud de cette province animée par les monts du Vivarais, qui appartiennent à la bordure orientale du Massif central, et baignée à l'est par le Rhône (rive droite).
Le peuple gaulois des Helviens occupait la partie sud de l'actuel département de l'Ardèche. Leur capitale pourrait s'être trouvée à Jastres. Les sources antiques concernant ce peuple sont minces. Soumis en -121 par Rome, ils se révoltèrent en -77 en se joignant à la révolte de Sertorius en Espagne, mais Pompée les soumit rapidement et une partie de leur territoire fut cédée à Marseille. Dès lors, leurs élites vont se rallier à Rome. Lors de la Guerre des Gaules, ils conserveront leur fidélité à César, défendant la Narbonnaise, mais subissant des défaites contre leurs voisins Gabales du Gévaudan. Ils retrouvèrent peut-être leurs territoires perdus durant la guerre civile après la prise de Marseille par la flotte de César en 49.
Rome leur accorde le droit latin, l'élection de leur propre chef, la conservation de leurs libertés et de leurs droits.
Alba, ville située sur une voie romaine reliant la vallée du Rhône au Massif Central (cités des Vellaves et des Arvernes), est la capitale de leur cité sous l'Empire romain.
À l'époque de l'indépendance, les Segovellaunes, qui avaient probablement Soyons comme première capitale, occupaient sans doute au nord le pays compris entre l'Eyrieux et le Doux, comme le suggère l'ancien territoire du diocèse de Valence et comme l'affirme André Blanc. Les Allobroges (capitale Vienne) auraient possédé les territoires au-delà du Doux.
Saint Janvier, vers les années 200, prêche en Helvie et fonde l'église d'Alba.
Peu à peu, l'Empire romain connaissant des difficultés, Alba est supplantée par Viviers qui devient siège épiscopal. Le pagus, correspondant aux limites de l'évêché, prend le nom de Vivariensis Pagus, soit le « pays de Viviers », le Vivarais.
En premier lieu le Vivarais conquis par les Burgondes vers 476. Viviers la capitale ne sera prise qu'en 507. La conquête franque de 534 amène le Royaume de Bourgogne.
Le Vivarais fut partie constitutive de la Francie médiane en 843 avant d'être intégré au royaume de Provence en 855. À la suite du traité de traité de Meerssen en 870, le Vivarais fut rattaché à la Francie occidentale et ce jusqu'au traité de Ribemont en 880.
En 924, le Bas-Vivarais (diocèse de Viviers) tombe aux mains des comtes de Toulouse. Le Haut-Vivarais dépend du diocèse de Vienne et le diocèse de Valence s'étend entre Doux et Eyrieux, où les comtes de Valentinois accroissent leur pouvoir.
L'intégration au royaume de France
Le Nord Vivarais relevait du comté de Vienne. Charles-Constantin de Vienne prêta hommage à Raoul en 931 pour son comté. Le restant du Vivarais relevait du comté de Valentinois pour son Centre et du comté de Vivarais, un épiscopat, pour son Sud. Aucune information ne permet de confirmer ou d'infirmer si ce centre et ce Sud intégra également le royaume de France durant cette période. Le Nord Vivarais revint au royaume de Bourgogne (également appelé royaume d'Arles) en 942. Le tout intégra le Saint-Empire romain germanique en 1032.
Au tournant des XIIIe et XIVe siècles le Vivarais n'était pas un territoire temporellement unifié. La pointe Nord appartenait au Dauphin de Viennois mais relevait de l'Eglise de Lyon par hommage rendu. Le reste du Haut-Vivarais au comté de Valentinois et du Diois. Le Bas-Vivarais à l'épiscopat de Viviers. Tous ces territoires appartenaient au Royaume de Bourgogne (encore appelé Royaume d'Arles) lui-même un des royaumes constitutifs du Saint-Empire romain germanique (depuis 1032), à l'exception d'une étroite entité seigneuriale, celle de Tournon partie du Haut-Vivarais, qui intègra le royaume de France sous Philippe II Auguste en 1188.
En 1271, Philippe III le Hardi hérite des terres Vivaroises du comte de Toulouse, mort sans héritier et qui relèvent en droit du Saint-Empire romain germanique. Le roi de France revendique toutefois ces territoires comme partie intégrante du royaume et non les tenir en terre d'Empire. Le comte Aymar IV rendit hommage au roi de France pour ses terres situées sur la rive droite du Rhône entre le 30 juin et le 3 juillet 1280. Le Haut-Vivarais fut alors pleinement incorporé au royaume, à l'exception de sa pointe Nord.
En 1308 sous le règne de Philippe IV le Bel, le Bas-Vivarais tenu temporellement par les évêques de Viviers, est à son tour pleinement intégré au royaume. La pointe Nord du Vivarais sera elle intégrée en 1312 puisque partie constitutive du comté de Lyon. Cette pointe Nord était détenue par les Dauphins de Viennois mais dissociée de la principauté Delphinale. Ceux-ci rendent en effet hommage depuis 1230 pour les terres d'Annonay et d'Argental à l'Eglise de Lyon qui, en plus du pouvoir spirituel, détient le pouvoir temporel. Cet hommage à l'Eglise de Lyon avait été initié par André Dauphin de Bourgogne et poursuivi par ses successeurs, notamment Guigues VIII de Viennois en 1319 et le Dauphin Charles en 1349.
Sous Charles V, tout le pays est administré par un bailli royal du Vivarais et du Valentinois. Les évêques de Viviers restent (plus simplement) comte de Viviers, baron de Largentière et prince de Donzère.
Les États particuliers du Vivarais