Un violoneux est un violoniste jouant de la musique populaire, de la musique traditionnelle ou folklorique.
Souvent, un violoneux ne possède pas de formation classique en musique, mais a appris auprès d'autres violoneux. Il n’en demeure pas moins qu’entre le violoneux et le violoniste il y a différence dans le mode d’apprentissage, dans la façon dont il fait corps avec l’instrument, ainsi que dans le répertoire, dans l’esthétique et dans la technique.
Différences entre violoneux et violoniste
La différence majeure entre violoneux et violoniste réside dans l'apprentissage et la manière d'aborder l'interprétation de la musique. Un violoneux est traditionnellement plus ou moins autodidacte et collectionne les astuces et les airs de musique qu'il reproduit à l'oreille ou qu'il apprend d'autres violoneux. Le violoniste à l'inverse, apprend la musique dans le cadre d'une institution musicale et met son talent au service de l'interprétation d'une ou plusieurs œuvres du répertoire classique.
L'exercice de son art par un violoniste suppose d'abord que le musicien adopte une position « correcte » dans sa façon de tenir l'instrument, tandis que le violoneux utilise souvent une position «non conventionnelle » qui peut dépendre de l'instrument qu'il utilise et parfois de la tradition musicale dans laquelle il s'inscrit.
L'une des utilisations les plus anciennes[réf. nécessaire] du terme « violoneux » figure dans « L'Héritier de village » de Marivaux qui fut représentée pour la première fois en 1725.
« Faites itou avartir les violoneux, car je veux de la joie. »
— Marivaux, L’Héritier de village, Scène V.
Il a coexisté depuis avec plusieurs synonymes :
« Le violonaire qui menait tout ce monde, affolé par le vent, jouait à la diable ; ses airs arrivaient aux oreilles par bouffées, et, dans le bruit des bourrasques, semblaient une petite musique drôle plus grêle que les cris d’une mouette. »
— Pierre Loti, Pêcheurs d'Islande, Calmann-Lévy, s.d. ca. 1886, page 271.
« Quand tu auras envie d'en connaître plus long, tu iras dans les grandes villes, où les violoneurs t'apprendront le menuet et la contredanse »
— George Sand, Les Maitres Sonneurs.
violonier qui finit par désigner surtout, à partir du début du XXe siècle, les facteurs de violons.
« Il doit en être de même des mots pianier, violonier, flûtier, etc., qui ne sont pas moins utiles. N'est-il pas ridicule, par exemple, d'appeler luthier celui qui de sa vie n'a fabriqué et ne fabriquera un seul luth ? »
— Juste-Adrien-Lenoir de La Fage.
violoniste qui s'impose au début du XIXe siècle.
« Les mots pianiste, violoniste, flûtiste, etc., introduits pour la première fois dans le Dictionnaire des musiciens de Fayolle (1809) étaient à peine connus il y a vingt ans; ils sont aujourd'hui d'un usage général et l'Académie a été obligée de les admettre. »