Ce Jour-là

Vincent Corpet

Peintre français

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Vincent Corpet, né à Paris le 20 mars 1958, est un artiste peintre conceptuel contemporain français. Il vit et travaille essentiellement à Paris.

Après avoir décidé d'être artiste le jour anniversaire de ses 20 ans il débute sa formation aux Beaux-Arts de Paris. Le 8 juin 1982 il choisit d'utiliser le médium peinture, qu'il n'a encore jamais pratiqué. Pour devenir peintre, sans avoir un style et sans négliger une influence, il produit plus de 1000 tableaux en quatre ans. En 1987, l'exposition dans les galeries contemporaines du Centre Pompidou qui donne lieu à cette critique de Philippe Dagen dans Art Press : « …Corpet, si faible, si plat… » marque la fin de cette première période. Il construit alors une « peinture rétinienne » avec deux groupes de séries : dans le premier « l'œil regarde, la main agit » et dans le second « l'œil regarde la main qui agit ».

Depuis Corpet produit des œuvres qui se catégorises en séries, entre autres : Analogies, Diptyques, Enfantillages, Comic Trip, La matrice & ses nœuds, Analfabêtes, Fuck-Maîtres, Poils à gratter, Tarots, Taches, All Over, Chimères... Des expositions, individuelles et collectives, ont montré ces productions et plus récemment des « rétrospectives » ont permis de confronter les œuvres des différentes périodes.

Vincent Corpet est né le 20 mars 1958 à Paris. Il est l'un des descendants d'une famille dont la présence à Paris est attestée depuis le début du XVIIe siècle. Il a une enfance ordinaire avec une scolarité où il se qualifie de « cancre » puis il alterne vacher et navigation à voile.

Le jour de ses 20 ans, le 20 mars 1978, Corpet prend une décision déterminante : « devenir artiste ». Il concrétise cette décision en intégrant l’École Nationale Supérieure de Beaux-Arts de Paris (ENSBA) en 1979. Son parcours y est rapide, il obtient le diplôme supérieur d'arts plastiques (DSAP) en 1981, en même temps que Marc Desgrandchamps et quitte l'école après seulement deux années d'études.

En 1982, Vincent Corpet déclare avoir peint et signé son premier tableau, intitulé « Pour le renouveau du bien-être », le 8 juin 1982. Il précise qu'il est son seul tableau à porter un titre. Durant les années 1980, il séjourne régulièrement à Saint-Étienne où il peut suivre « la programmation extraordinaire de Bernard Ceysson » au musée d'art moderne et contemporain. Il rencontre notamment Denis Laget qui lui prête une partie de son atelier, Pierre Moignard, Philippe Favier, Djamel Tatah et d'autre, mais aussi de jeunes concervateurs, Didier Ottinger et Fabrice Hergott. Durant ces années 1980, les séries sont nommées : Premiers (1982) ; Symbolistes (1983) ; Beckmann's (1983-1984) ; Expressionnisme (1984-1985) ; Picasso (1985-1986) ; Religieux ? (1986-1989).

En 1985, il assiste à la projection intégrale du film Shoah de Claude Lanzmann au cinéma l’Olympique Entrepôt. Les neuf heures de témoignages le marquent profondément. Une scène en particulier le bouleverse : celle où le SS Franz Suchomel, un responsable du camp de Treblinka, chante une chanson que les Juifs devaient entonner, expliquant qu’il est peut-être le dernier à le connaître. Face à cette horreur, Corpet se demande : Comment ils font les autres ? Il n’est plus jamais retourné au cinéma depuis.

En 1987, à 29 ans, Vincent Corpet expose dans les galeries contemporaines du Centre Pompidou, sous le commissariat de Fabrice Hergott, les textes du catalogue sont également écrits par Didier Ottinger. Cette exposition qualifiée de scandaleuse et d’imposture, très mal reçue par la critique, marque un tournant dans sa « carrière ». « …Corpet, si faible, si plat… » dit Philippe Dagen dans Art Press.

La peinture : « L’œil regarde la main agit » / « L’œil regarde la main qui agit »

À partir de 1988, Vincent Corpet change radicalement de registre, il élabore une peinture « rétinienne ». Deux approches se mettent en places : dans la première « L’œil regarde la main agit » : paysages, nus et portraits puis dans la seconde « L’œil regarde la main qui agit » : celle-ci se concentre sur les « Analogies ». Le principe de l’Analogie est que toute forme en rappelle une autre. Ces Analogies sont déclinées en différentes séries au fil des ans, à commencer par Les Tondi (1988-1993), Diptyques (1993-1996), Enfantillages (1997-1998), Comic Trip (1998-2000), Matrices (2001-2003)….

1991 le journal Le Monde sous la plume de Philippe Dagen lui consacre une page entière. En mai il fait son retour dans les Galeries Contemporaines du Centre Pompidou pour « l’exposition Mouvement » de Jean-Hubert Martin où il présente ses Analogies : Jean-Michel Foray dit dans le catalogue : « Ni perspective, ni temps ce sont les instruments de la hiérarchie et du classement qui sont ôtés à cette peinture. Elle conserve les formes traditionnelles de la représentation mais ne sert aucun pouvoir ; n'en établit aucun dans son exercice».

1995 Marque son entrée dans la Galerie Daniel Templon. L’exposition est consacrée aux « Nus », qui seront également présenté dans l’exposition des 100 ans de la Biennale de Venise « Identité-Altérité, image du corps, 1895-1995 » sous le commissariat de Jean Clair. Cette même année 1995, les Nus sont également présentés au Château de Jau par Sabine Dauré qui les expose couchés. La particularité de ces nus est qu’ils sont en taille réelle, de face, les bras ballants et surtout sans perspectives. La collaboration avec la Galerie Daniel Templon dure 10 ans et donne lieu aux expositions suivantes : « Diptyques » (1996), « Enfantillages » (1998), « Matrice » (2002).

En mars 1998 Corpet entre dans la galerie Charlotte Moser à Genèveil y reste 12 ans. C’est à cette occasion qu’il se lie d’amitié avec Robert Combas.

2003 une nouvelle série d’Analogies voit le jour : « Analfabête », elle répond à un manuel de Nadeije Laneyrie-Dagen « Lire la peinture » publié en 1999 chez Larousse. « Lire la peinture » serait-il l’équivalent de « regarder l’écriture » ? Que dit-on de quelqu’un qui regarde l’écriture ? Que c’est un illettré ou un analphabète se demande Corpet ? il introduit dans ses analogies des lettres et des groupes de lettres qui parfois ressemblent à des mots. Elle lui répond dans un long article, publié en janvier 2007, dans la revue Europe.

2006, Corpet expose un tableau de plus de 6,5 mètres de long à l’exposition « La Force de l’Art » au Grand Palais (Paris).

2009, Corpet participe à l’exposition « Une Image peut en cacher une autre » organisée par Jean-Hubert Martin au Grand Palais.

Cette même année 2009, une nouvelle série voit le jour : Fuck-Maîtres. « Ce sont des tableaux partant de ce que certains appellent les œuvres de maîtres, recopiées en noir et blanc, à taille réelle et avec désinvolture, qui servent de fond à ses peintures. Il serait erroné de prendre le terme Fuck-Maîtres comme une possession brutale et ironique de notre culture, comme une moquerie grossière des chefs-d’œuvre qui constituent notre imaginaire. Cette série questionne le rapport physique, lié au format, à la copie, que nous entretenons avec des tableaux, des chefs-d’œuvre que nous connaissons, que nous reconnaissons, pour nous emmener vers un paysage nouveau. Il est question ici de sensualité, de fusion, de légèreté, de fond et de forme fusionnés, d’un savoir réconcilié avec le « voir-ça » (...) De tous ces Maîtres il dit par ironie qu’ils sont lui, avant, puis il a oublié ». La série fera l’objet de nombreuses expositions, tant en France qu’à l’étranger. Elle sera aussi l’objet de nombreux films, réalisés par Laetitia Laguzet (docteur en histoire de l’art et photographe) et Olivier Taïeb (réalisateur), qui depuis 2009 viennent régulièrement visiter l’atelier du peintre et faire témoignage de ce qui s’y passe, par leurs réalisations. En 2011 Corpet installe, grâce à la complicité de Marie-Laure Bernadac, son « atelier » au Musée du Louvre. Tous les mardis il va copier le « Top 25 » du Louvre, du Portrait de Jean II le Bon à la La Mort de Sardanapale d'Eugène Delacroix, toujours à échelle 1, Il espérait en faire 50…. C’est à cette occasion qu’il rencontre Adrien Goetz qui lui présente Florence Viguier-Dutheil conservatrice qui en 2013 l’exposera au Musée Ingres-Bourdelle et Dominique de Font-Réaulx conservatrice du Musée national Eugène-Delacroix qui en 2014 l’invite à finir le Sardanapale dans l’atelier Delacroix, c’est le premier peintre à travailler dans l’atelier depuis la mort de Delacroix, un film de Laetitia Laguzet et un film d’Olivier Taïeb témoignent de ce travail. 2016, à l’occasion d’une exposition des collectionneurs Jean & Christina Mairet, au Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg, Joelle Pijaudier et Dominique Jacquot l’invitent à réaliser deux Fuck-Maîtres, un Jörg Immendorff et un Véronèse dans leurs salles. En 2017, Laurent Le Bon l’invite à l’occasion de l’exposition « Le Massacre des Innocents » à substituer, dans la galerie du Musée Condé à Chantilly, le tableau de Nicolas Poussin avec le sien. C’est à ce jour la première fois qu’un tableau contemporain est accroché sur les cimaises du Musée Condé de Chantilly.

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