Vincent Bioulès, né le 5 mars 1938 à Montpellier, est un peintre français contemporain. Il est l'un des membres fondateurs du groupe Supports/Surfaces.
Vincent Bioulès est le fils de Jean Bioulès, chef de chœur officiant à la chapelle de l'Enclos Saint-François à Montpellier, et de sa femme Suzanne Bioulès, née Schwarz. Il est le premier d'une fratrie qui comptera trois enfants.
Né dans une famille de musiciens, il s'intéresse dès son jeune âge au dessin et à la peinture. En 1957, il entre aux Beaux-Arts de Montpellier et en faculté de lettres.
En 1961, il s'installe à Paris et fréquente l'École nationale supérieure des beaux-arts où, logiste pour le concours du prix de Rome, il rencontre Michel Parmentier et Pierre Buraglio. Au mois d'août de la même année, il épouse Rosa Stahl, avec qui il aura quatre enfants.
En 1966, Vincent Bioulès participe à l'exposition « Impact I » au musée d'art moderne de Céret (Pyrénées-Orientales).
En 1967, il devient professeur à l’école des Beaux-Arts d’Aix-en-Provence où il restera jusqu’en 1982.
En 1969, il fonde le groupe ABC Productions avec Tjeerd Alkema, Jean Azemard, Alain Clément et Patrice Vermeille. L'objectif du groupe est de montrer l'incapacité des structures traditionnelles de diffusion de l'art face à l'art contemporain.
Vincent Bioulès est l'inventeur de la dénomination du groupe Supports/Surfaces, dont il est un membre fondateur et l'un des animateurs principaux. Il participe, aux côtés de Marc Devade, Daniel Dezeuze, Patrick Saytour, André Valensi et Claude Viallat, à la première exposition du groupe en 1970 à l'ARC à Paris. Il y expose un ensemble de quatre tableaux juxtaposés bleus et blancs, obtenus à l'aide d'un simple ruban adhésif.
Il rompt avec le groupe en 1972. A ce propos, il déclare "Ce n'est pas pour des raisons politiques ou idéologiques que j'ai quitté Supports/Surfaces, mais peindre dans ce groupe ne me permettait pas de m'épanouir. J'ai quitté le champ d'une sensibilité collective pour exprimer une sensibilité personnelle"
En juillet 2015, il expose à Mende dans le cadre de l'exposition « Bioulès en vacances », qui retrace ses vacances en Lozère au cours de sa vie.
Le musée Fabre de Montpellier lui consacre une grande rétrospective pendant l’été 2019.
En 2024, il expose une quarantaine de paysages dans le cadre de la Saison d'art du domaine de Chaumont-sur-Loire.
Depuis ses débuts, l’artiste n’a de cesse de peindre « sur le motif ». Il s’agit pour lui de restituer une vision qui sur le moment est sûre d’elle-même, autant qu’elle est pleine de son vécu. L’artiste puise son inspiration au cœur de lieux autobiographiques ou sites familiers, expliquant « ce qui détermine ma peinture, et que je veux voir et transmettre d'une façon concrète, est mon émotion intérieure ».
Vincent Bioulès revient à la figuration dès la fin des années 1970, tout en conservant des réminiscences de rigueur dans ses compositions. L’exposition Supports/Surfaces illustre parfaitement ce passage à la figuration : le principe était de mettre en regard des tableaux abstraits datant des années 1970 avec des œuvres figuratives récentes.
Le sud de la France devient le cadre prédominant de son œuvre, notamment grâce à la présence de sa lumière si singulière, s’incarnant en « personnage principal » de sa toile. Une grande partie de son oeuvre est consacrée à la représentation de paysages tels les étangs situés entre Montpellier et la mer ou encore le pic Saint-Loup, s'appuyant sur des constructions rigoureuses et une palette de couleurs intense. D’autres peintures sont dédiées à la représentation du jardin attenant à la maison de ses grands parents, à Nîmes. Il évoque ainsi ce jardin perdu, chargé de souvenirs et d’émotions, comme si le temps s’était suspendu.
Vincent Bioules a aussi exploré la représentation humaine, notamment à travers des nus et des portraits. Cependant, le paysage demeure son sujet de prédilection. Il se plait lui-même à dire, que « nous nous souvenons d’un ailleurs, d’un autrefois qui hante notre âme et dont le paysage est la métaphore ».
1962 : vitraux pour la chapelle de Shape village à Saint-Germain-en-Laye.
1964 : tapisseries, décors de théâtre, vitraux pour la chapelle de l'enfant Jésus à Montpellier.