Ce Jour-là

Vincent Auriol

Homme d'État français

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Vincent Auriol, né le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne) et mort le 1er janvier 1966 à Paris, est un homme d'État français. Il est président de la République du 16 janvier 1947 au 16 janvier 1954.

Membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), il est ministre des Finances de 1936 à 1937, dans le gouvernement du Front populaire dirigé par Léon Blum, puis garde des Sceaux de 1937 à 1938, dans les troisième et quatrième cabinets de Camille Chautemps. Il est aussi brièvement ministre chargé de la Coordination des services à la présidence du Conseil dans le deuxième cabinet Blum, en 1938.

Arrêté en septembre 1940 par le régime de Vichy, il participe ensuite à la Résistance. Président de l'Assemblée constituante puis de l'Assemblée nationale entre 1946 et 1947, il est élu président de la République au début de cette même année, devenant le premier à occuper cette fonction sous la IVe République et le premier chef d’État socialiste en France. Il ne brigue pas un second mandat à l’issue de son septennat.

Jules Vincent Auriol est le fils unique de Jacques Antoine Auriol, artisan boulanger, et d'Angélique Virginie Durand. À l'âge de dix ans, il perd l'usage de son œil gauche pour avoir mal ajusté la détente d'un pistolet à amorces pour enfant ; il porte le restant de ses jours un œil de verre.

Il est titulaire d'une licence de droit obtenue à l'université de Toulouse en 1905, ainsi que d'une licence de philosophie, où il a suivi les cours de Jean Jaurès. Il y rencontre Marguerite Dilhan, première avocate à plaider devant la cour d’assises, alors que les femmes n'avaient pas encore le droit de vote ; leur amitié durera toute sa vie. Il est également titulaire d'un doctorat en droit.

Il exerce la profession d'avocat à Toulouse. Inscrit un temps aux Jeunesses libertaires, il milite ensuite à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) dès sa fondation. Ayant entendu Jean Jaurès à Toulouse, il devient socialiste et fonde avec Albert Bedouce (député de Haute-Garonne), le journal Le Midi socialiste. Créé en 1908, ce quotidien a eu une réelle influence dans la vie politique régionale du début du XXe siècle, du fait de la personnalité de certains de ses collaborateurs : Vincent Auriol lui-même, Albert Bedouce, Jean Jaurès, Alexandre Varenne, Paul Ramadier, etc. Outre l'édition toulousaine, il comprenait une vingtaine d’éditions locales couvrant les anciennes régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, et plus partiellement le Limousin, l'Aquitaine et l'Auvergne.

En 1912, Vincent Auriol épouse Michelle Aucouturier, fille de Michel Aucouturier, maître-ouvrier verrier à Carmaux, syndicaliste (ami et compagnon de carrière de Jean Jaurès) et fondateur d'une verrerie coopérative à Albi. Vincent et Michelle Auriol ont un fils prénommé Paul. Ce dernier fait carrière au sein d'Électricité de France et épouse en 1938 Jacqueline Douet, qui deviendra en 1948 l'aviatrice Jacqueline Auriol, deuxième femme pilote d'essai en France après Adrienne Bolland.

Premiers mandats de député (1914-1926)

Fin stratège, Auriol s'impose comme l'un des membres influents du parti socialiste dans le Sud-Ouest après l'assassinat de Jean Jaurès.

Du 10 mai 1914 à juin 1940, il est élu député de Muret (Haute-Garonne) à l'Assemblée nationale, puis maire de cette même ville en 1925, secrétaire du groupe socialiste à la Chambre des députés à partir de 1928, il devient progressivement l'expert financier du parti socialiste puis un de ses principaux représentants.

Il fait adopter par la SFIO en 1921, puis par l'ensemble des partis socialistes européens en 1922, un plan de redressement prévoyant la création d'un Office central qui se chargerait de toutes les régions sinistrées et qui serait financé par des prêts à long terme consentis par le gouvernement. L'Allemagne paierait, via cet organisme, ses réparations, par des prélèvements sur les dividendes de ses banques et industries. Mais les socialistes ne sont alors pas assez puissants pour imposer un tel projet.

De 1924 à 1926, sous le Cartel des gauches, Vincent Auriol préside la commission des finances de la Chambre des députés. Il soutient Léon Blum dans tous les congrès. Lors de la victoire électorale du Front populaire (mai 1936 à avril 1938), on parle de Auriol pour prendre le poste de président du Conseil des ministres, mais il milite activement pour que Blum soit nommé à cette fonction.

Membre du gouvernement (1936-1940)

Du 4 juin 1936 au 21 juin 1937, Auriol est ministre des Finances dans le premier gouvernement de Léon Blum qui forme le Front populaire.

Vincent Auriol est ensuite ministre de la Justice, du 29 juin 1937 au 14 janvier 1938, dans le troisième gouvernement de Camille Chautemps.

Du 13 mars au 10 avril 1938, il est ministre de la Coordination des Services à la Présidence du Conseil dans le deuxième gouvernement de Léon Blum, dont la démission met fin au Front populaire (avril 1938).

Vincent Auriol est hostile aux accords de Munich (septembre 1938), mais il vote tout de même en leur faveur. Il est favorable à l'intervention en Espagne.

Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

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Vincent Auriol | World in Stories