Les Vikings (en vieux norrois : víkingr, au pluriel víkingar) sont des Scandinaves commerçants, pillards, pirates, guerriers et explorateurs ayant vécu au cours d’une période s’étendant du VIIIe au XIe siècle, communément nommée « âge des Vikings ». Ils sont souvent appelés Normands, étymologiquement « hommes du Nord », dans la bibliographie ancienne.
« On appelle Viking (Víkingr, en vieux norrois) un commerçant de longue date, remarquablement équipé pour cette activité, que la conjoncture a amené à se transformer en pillard ou en guerrier, là où c’était possible, lorsque c’était praticable, mais qui demeurera toujours quelqu’un d’appliqué à afla sér fjár (« acquérir des richesses »). »
Au sens large, le terme Viking désigne l’ensemble des Scandinaves de la période caractérisée par le phénomène viking (750-1050).
À l'origine un terme désignant une pratique, le mot tombe en désuétude à la fin du Moyen Âge, mais son emploi réapparait durant la Renaissance avec les traductions des sagas. Il est clairement réhabilité au XIXe siècle et ne correspond dès lors qu'aux aventuriers scandinaves et à la période historique de l'âge des Vikings. Il devient dès lors un ethnonyme qui s'applique à tous les domaines.
Le terme de « Vikings » désignerait les Scandinaves, originaires des actuels Danemark et Norvège, et du Götaland (Suède du sud-ouest : Dalie, Bohuslän, Halland, Scanie), actifs essentiellement en mer du Nord et dans l'océan Atlantique. Des études récentes démontrent que les bandes vikings sont constituées d'ethnies très variées qui dépassent le cadre de la Scandinavie et intègrent des Francs, des Anglo-Saxons, des Irlandais, des Frisons et des Slaves. La définition du mot Viking reste donc liée à sa pratique et ne peut être simplement amalgamé aux Scandinaves. Pour cette raison, certains chercheurs francophones du début du XXIe siècle préfèrent parler de « vikings » sans V majuscule, d'autres gardent la majuscule.
Le terme de Varègues désignerait les Vikings (au sens de Scandinaves) de Suède, actifs surtout en mer Baltique et en Europe de l'Est, dont la Rus' de Kiev, et opérant la route commerciale de la Volga et la route commerciale des Varègues aux Grecs.
En français, le terme est également employé, par extension, pour désigner les peuples germaniques de Scandinavie à partir de l'âge du fer romain au IIe siècle[source insuffisante].
Le mot viking est attesté en français au XIXe siècle et désigne, au sens moderne du terme, un « guerrier, explorateur originaire de Scandinavie ». Son étymologie exacte n'est pas assurée.
Il est mentionné pour la première fois en vieux norrois (vieil islandais) sous la forme víking (mot féminin) dans l'expression fara í víkingu « partir en rapine, en maraude, en piraterie ». De ce mot dérive la forme masculine víkingr (-s, -ar) qui signifie « personne qui pratique la piraterie », donc « pirate ». Le mot désigne donc initialement une pratique et non une appartenance géographique ou ethnique. L'usage l'a élargi à toutes personnes pratiquant la piraterie durant l'âge des Vikings.
Le mot víking apparaît tardivement en vieux norrois, ce qui laisse penser qu'il s'agit d'un emprunt à une autre langue, très certainement au vieil anglais, où le mot wīcing, qui signifie « pirate », est attesté dès le VIIIe siècle (et en vieux frison, sous la forme wī(t)sing). Effectivement, les utilisations connues les plus anciennes proviennent de textes anglo-saxons du VIIIe siècle, avec la mention de divers composés comme uuicingsceadan, uuicingseadae ou saewicingas, tous formés sur -wīcing-. Ils ont pour thème les activités maritimes et notamment la piraterie.
Une étymologie largement répandue mais erronée, en fait un dérivé du norrois vík « anse, crique, bras de mer entre deux îles », ayant aussi la signification originelle d'« endroit où la terre cède » (dérivé du verbe vikja « céder »), d'où, par extension, le sens de « baie », c'est-à-dire « endroit dégagé de la côte qui permet d'accoster » (cf. les toponymes comme Reykjavik en Islande ou les plages de Plainvic et du Vicq en Cotentin, etc.).
Des recherches étymologiques plus récentes, fondées sur des travaux préexistants, ont mis l'accent sur l'existence de la mesure nautique vika (« distance parcourue en mer par deux équipes ramant en alternance »), dont le radical vik- se retrouverait dans víking, mais aussi dans le vieil anglais wīcing, le vieux frison wītsing. Ces différents termes remonteraient tous à un proto-germanique de l'Ouest *wīkingō (« changement de rameur ») et *wīkingaR dérivant du premier et signifiant « homme ramant en alternance », ce qui se conçoit à l'époque où les navires circulant dans les mers du nord de l'Europe étaient des bateaux à rames, tels que celui de Nydam. Par la suite, des sens spécifiques se seraient développés dans les langues où ils se sont perpétués : expédition maritime, guerrier-marin, pirate.
Les chroniques franques rédigées en latin utilisent plus fréquemment les termes Nor[t]manni « Normands », pirata « pirates », Dani « Danois » ou pagani « païens » pour désigner les Vikings. Jusqu'à une époque récente et encore aujourd'hui, certaines sources utilisent le terme Normand comme synonyme de Viking. Le terme Normand est lui-même un emprunt au francique *nortman ou au vieux norrois nordmaðr, qui signifient tous les deux « homme du Nord ».
En irlandais, les textes parlent plus simplement d’« étrangers » (gall). Le toponyme Donegal ferait référence aux Vikings danois, c'est-à-dire les « étrangers noirs » et celui de Fingal aux Vikings norvégiens, c'est-à-dire les « étrangers blancs ». Mais cette distinction entre Vikings noirs et Vikings blancs empruntée à Lucien Musset serait la conséquence d'une mauvaise traduction, d'autant que cette distinction n'a pas de raison d'être, la proportion du type aux cheveux clairs étant à peu près semblable au Danemark et en Norvège. Donegal n'a donc probablement pas cette signification, mais celle de « forts des étrangers » dún an gall, « noir » se disant dub. De la même manière, Finegal ne vient pas de finn gall ou fionn gall (« étrangers (aux cheveux) blonds »), mais plutôt de fine gall (« tribu des étrangers »).
En Orient, ils sont appelés Rus ou Varègues. Chez les Arabes, les Madjus : bab el Madju désignant « la porte des païens » (détroit de Gibraltar).
Selon Pierre Bauduin (2004), la connotation du terme viking serait plutôt positive dans les inscriptions runiques et négatives dans les poèmes scaldiques.
De magnifiques paysages liés à des légendes fortes ont longtemps fixé les vikings sur leur territoire et en ont gêné l'émigration, par fierté. Le climat rude (froid, vents) empêchait toute agriculture et tout élevage de masse. Le pillage était donc leur seule possibilité d'obtenir des richesses (vols de nourriture et de bijoux, captures d'esclaves…). L'appauvrissement généré dans leurs pays frontaliers (pertes matérielles, morts, fuites…) les ont poussés plus loin en Europe du Sud et de l'Ouest (Gaule…).
L'historiographie traditionnelle appelle âge des Vikings ou ère viking la période qui va de 793 à 1066 de notre ère, et suit donc immédiatement l'âge de Vendel (540-793). Pendant cette période, le territoire des Vikings s'étend considérablement, guerriers et marchands scandinaves lancent des raids, d'abord côtiers, vers des monastères chrétiens, puis atteignent l'intérieur des terres en remontant les fleuves. Les raids et pillages atteignent non seulement une grande partie de l'Europe, des territoires russes à la Méditerranée, mais aussi le nord de l'Afrique et le nord-est de l'Amérique du Nord. Parmi les suites européennes durables de cette expansion, on compte, outre les conflits guerriers, une expansion des routes d'échanges commerciaux et culturels, et le développement de la féodalité.