Ce Jour-là

Victoria Ocampo

Écrivaine argentine

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Victoria Ocampo Aguirre, née à Buenos Aires le 7 avril 1890 et morte le 27 janvier 1979 à Beccar, dans la province de Buenos Aires, est une écrivaine, essayiste, traductrice, éditrice et mécène argentine.

Née au sein d’une famille de la haute bourgeoisie, Victoria Ocampo reçoit une grande partie de son éducation en français. En 1924, elle publie son premier texte De Francesca à Beatrice avec l’appui de José Ortega y Gasset (1883-1952). Très jeune, elle participe aux premières manifestations des mouvements féministes et fonde en 1936 la Unión Argentina de Mujeres (l’Union des femmes argentines). Ses voyages autour du monde lui permettent d’entrer en contact avec les principales figures littéraires et intellectuelles de son époque tels que Rabindranath Tagore (1861-1941), Jules Supervielle (1884-1960), Jorge Luis Borges (1899-1986), Hermann von Keyserling (1880-1946). Encouragée par Waldo Frank et Eduardo Mallea (1903-1982), elle crée en 1931 la revue et maison d’édition Sur.

Victoria Ocampo est l’aînée de six filles dont Silvina Ocampo (1903-1993), écrivaine qui a épousé Adolfo Bioy Casares (1914-1999). Pendant son enfance, Victoria Ocampo bénéficie de l’éducation propre à la haute bourgeoisie de l'époque, elle apprend le français, l’anglais et l’espagnol, et étudie la littérature, la religion et les mathématiques. En 1896, la famille part pendant un an en Europe, où elle visite les villes de Paris, Londres, Genève et Rome.

Dès son retour à Buenos Aires, Victoria Ocampo s’intéresse à la littérature et commence à lire divers auteurs tels que Jules Verne, Arthur Conan Doyle, Charles Dickens, Guy de Maupassant, Daniel Defoe, Victor Hugo, Oscar Wilde et Edgar Allan Poe. En 1901, elle commence à écrire des articles et de petits récits en français. Très attirée par le théâtre, elle veut devenir comédienne, chose à laquelle son père s’oppose.

En novembre 1908, la famille retourne en Europe. Âgée de 18 ans, Victoria suit des cours au Collège de France et à la Sorbonne où elle étudie la philosophie, la littérature classique et l'anglais, ainsi que l’histoire de l’Orient et les œuvres de Dante et Nietzsche. Entre 1906 et 1911, elle entretient une amitié et des échanges épistolaires avec l’écrivaine Delfina Bunge (1881-1952). En 1912, elle se marie avec Luis Bernardo de Estrada.

Pendant leur voyage de noces à Paris, elle rencontre le cousin de son mari, Julián Martínez, diplomate de quinze ans son aîné, dont elle s'éprend. A la fin des années 1920, elle s’installe à Mar del Plata avec Martínez, mais leur liaison prend fin quelques mois après, au bout de 13 ans de relation. Victoria Ocampo raconte l’histoire de cet amour dans son livre Le Rameau de Salzbourg.

En 1920, elle publie son premier article dans le journal La Nación sur Dante. L’arrivée de José Ortega y Gasset en Argentine en 1916 marque le début de leur amitié. Cette rencontre joue un rôle important dans la prise de conscience et dans le choix linguistique de Victoria Ocampo qui décide d’adopter l’espagnol comme matière littéraire. Jusqu’en 1930, elle écrit tous ses articles en français. En 1924, elle publie De Francesca à Beatrice, traduit par Ricardo Baeza au sein de la Revista de Occidente. Son amitié avec José Ortega y Gasset , qui l’appelle « la Joconde de la Pampa », s’effrite pour des motifs personnels, mais reprend au début des années 30 avec la fondation de la revue Sur.

Rencontre avec Rabindranath Tagore (1861-1941)

En 1924, elle écrit un article sur Rabindranath Tagore intitulé « La alegría de leer a Rabindranath Tagore » (« Le bonheur de lire Rabindranath Tagore »). La même année, Tagore arrive à Buenos Aires. Victoria Ocampo lui rend visite dans son hôtel et l’invite à devenir son hôte à la villa Ocampo.

Face à l’opposition de ses parents, Ocampo loue la villa « Miralrío », propriété du mari de l’une de ses cousines. La visite de Tagore se prolonge pendant deux mois, période pendant laquelle leur amitié s’approfondit. Après le départ de Tagore, ils entretiennent des échanges épistolaires. En 1930, ils se retrouvent à Paris pour la dernière fois à l’occasion de l’exposition des peintures d’Ocampo à la galerie Pigalle.

Relation avec Pierre Drieu la Rochelle (1893-1945)

En 1929, Pierre Drieu la Rochelle rencontre Victoria Ocampo lors d’un déjeuner. À la suite d'une deuxième rencontre, ils se voient de manière fréquente dans Paris. Ils se rendent ensemble en Normandie, avant le départ d’Ocampo vers l’Espagne. Drieu écrit à celle qui lui a inspiré Camilla dans L'Homme à cheval : « Je regretterai toute ma vie de n'avoir pas été ton amant pour la vie. Ç'aurait été profondément magnifique et grand. »

En mai 1932, Drieu arrive à Buenos Aires, invité par Sur. Dans la ville, il noue une solide amitié avec Jorge Luis Borges. Encouragé par Ocampo, Drieu entreprend une tournée en Argentine où il parle de thèmes tels que la crise démocratique. Après s’être engagé en faveur du fascisme et de la collaboration avec le régime nazi, Drieu La Rochelle se suicide le 16 mars 1945. Ocampo est l’une des trois personnes avec André Malraux à avoir eu accès à son testament.

Lors d’une conférence sur Charlie Chaplin, Victoria Ocampo rencontre l’écrivain américain Waldo Frank, qui l’invite aux États-Unis. Ocampo entreprend une série de voyages aux États-Unis pendant les années 1930, où elle rencontre Jacques Lacan, Ramón Gómez de la Serna, Sergueï Eisenstein et Le Corbusier.

Waldo Frank suggère à Ocampo de fonder une revue littéraire qui traite de problématiques littéraires de leur époque. Au moment où Ocampo confie à son père son envie d’entreprendre ce projet, celui-ci lui répond : « Tu vas couler, Victoria ».

Le 1er janvier 1931 paraît le premier numéro de Sur, avec la participation de Drieu la Rochelle, Jorge Luis Borges, Waldo Frank, Walter Gropius, Eugenio d'Ors, entre autres. Tiré à 4 000 exemplaires et distribué en Argentine, à Paris et à Madrid, ce premier numéro est vite épuisé. Bientôt des groupes nationalistes attaquent la publication, notamment à cause des nombreuses personnalités étrangères qui y participent, et accusent Ocampo de vouloir satisfaire uniquement les lecteurs étrangers. En 1933, Ocampo est considérée comme persona non grata par la Curie romaine, en raison de son amitié avec des personnes considérées comme des ennemis de l’Église, tels que Tagore, Krishnamurti et Malraux.

En 1933, Victoria Ocampo fonde la maison d’édition Sur, afin de faire connaître la littérature étrangère en Argentine. La même année, la maison d’édition publie pour la première fois l’œuvre de D. H. Lawrence, ainsi que le Romancero gitano de Federico García Lorca, Contrepoint d’Aldous Huxley. En 1936, la maison d’édition publie La Condition humaine d’André Malraux et l’année suivante Orlando et Une chambre à soi de Virginia Woolf, traduits par Borges. Ocampo participe à la traduction d'auteurs tels qu'Albert Camus, Graham Greene, D. H. Lawrence et Dylan Thomas.

L’Union argentine des femmes (Unión Argentina de Mujeres)

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