Victor Prouvé né le 13 août 1858 à Nancy et mort le 15 février 1943 à Sétif (Algérie française) est un peintre, sculpteur et graveur français.
Artiste représentatif de l'Art nouveau, il est membre de l'École de Nancy.
Né à Nancy le 13 août 1858, Émile-Victor Prouvé est issu d'une famille modeste : son père est dessinateur en broderie et sa mère est lingère. Il intègre l'école de dessin de Nancy de 1873 à 1877 avant de s'installer à Paris où il étudie à l'École des beaux-arts dans l'atelier d'Alexandre Cabanel. Il se consacre d'abord à la peinture et au dessin, puis s'ouvre en autodidacte à d'autres disciplines comme la sculpture et la gravure, mais aussi à d'autres matières comme le bois et le métal. Il termine ses études en 1882 et expose pour la première fois avec son tableau Portrait de Madame Gallé et ses filles au Salon de la Société nationale des beaux-arts.
Tout en vivant à Paris, Victor Prouvé continue d'entretenir des liens avec sa ville natale. Il conçoit des décors de verreries et de meubles pour Émile Gallé. Ces objets d'art sont exposés à l'Exposition universelle de 1889 et à celle de 1900. Son amitié avec Émile Gallé, ainsi qu'avec Louis Majorelle, l'amène peu à peu à s'intéresser aux arts décoratifs et à l'Art nouveau. Il participe par exemple à la décoration des Magasins Réunis de Nancy (édification des deux grandes cariatides à l'entrée de la bijouterie notamment) dont le style Art Nouveau ne se déploie réellement qu'en 1906. Ce grand magasin nancéien, conçu par Eugène Corbin, a pour but, entre autres, de promouvoir le talent des artistes de l'École de Nancy. Eugène Corbin sollicite même Jacques Gruber et Victor Prouvé pour la réalisation de modèles de lingerie, broderie et bijoux. Cependant, Victor Prouvé, qui tient à son indépendance artistique, en fournira peu.
Il travaille pour Eugène Vallin, Fernand Courteix, les frères Daum et Albert Heymann. Il pratique l'art de la reliure en compagnie de Camille Martin et du relieur René Wiener.
En 1888, il découvre la Tunisie, pays qu'il continuera d'affectionner tout au long de sa vie et qui influencera la lumière de ses tableaux.
Retour en Lorraine et l'École de Nancy
Membre dès sa création en 1901, il devient le second président de l'École de Nancy, à la mort d'Émile Gallé, en 1904. De 1919 à 1940, il prend la direction de l'École des beaux-arts de Nancy. Il côtoie le peintre franc-comtois Jean-Adolphe Chudant, avec qui il devient ami et participe à fondation de l'Union provinciale des arts décoratifs en 1907. Ayant exposé ensemble à plusieurs Salons de la Société des peintres orientalistes français, ainsi qu'à Tunis, il conseille Chudant dans un projet d'amélioration pour l'École des beaux-arts à Besançon.
Victor Prouvé épouse Marie Amélie Charlotte Duhamel (1879-1951) le 5 janvier 1898. Ils ont sept enfants :
Jean (8 avril 1901, Paris-23 mars 1984, Nancy) qui deviendra architecte ;
Victor Ernest Marcel (1902-1983) né à Sézanne (Marne) ;
Marianne (30 octobre 1905-24 janvier 1994), épouse de l'alpiniste André Georges ;
Henri Georges René André (31 octobre 1915, Nancy-1er avril 2012, près de Fribourg), qui deviendra également architecte ;
Pierre Louis (1918-1999) né à Carnac (Morbihan).
Les musées de Nancy conservent de nombreuses œuvres de l'artiste dans leurs collections. On en trouve également quelques-unes à Paris au Petit Palais et au musée d'Orsay.
Le monument de la Croix des Carmes à Montauville (Meurthe-et-Moselle) été sculpté par Émile Just Bachelet en 1923, sur un plan de l'architecte Paul Charbonnier, sur conseil de Victor Prouvé, après souscription publique. Ce monument symbolise les combats du Bois-le-Prêtre.
Nurmahal, 1886 - Musée des Beaux arts de Nancy
Les Adieux d'un réserviste ou Pour la patrie, 1887, huile sur toile, Montpellier, musée de l'Infanterie.