Ce Jour-là

Victor Dillard

Jésuite et bienheureux français

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Victor Dillard, né le 24 décembre 1897, à Blois (Loir-et-Cher, France) et mort le 12 janvier 1945 au camp de concentration de Dachau (Allemagne), est un prêtre jésuite français. Écrivain social dans l'entre-deux-guerres et prêtre au service des Français victimes du STO en Allemagne, il est arrêté par la Gestapo. Il fait partie des cinquante martyrs français de la Seconde Guerre mondiale béatifiés en décembre 2025 par le pape Léon XIV, représenté par le cardinal Jean-Claude Hollerich.

Victor Dillard, né le 24 décembre 1897 à Blois (Loir-et-Cher), est issu d'un milieu bourgeois, au sein d'une fratrie de dix enfants (sept fils), dont Robert (1889-1968, polytechnicien, élève de l'école navale, futur contre-amiral), Pierre (1891-1915, mort pour la France, élève comme son frère de l'école navale. Un autre de ses frères, Étienne Dillard, est le père de la chanteuse Françoise Hardy.

Victor Dillard est un élève brillant au Lycée privé de Notre-Dame des Aydes de Blois et est reçu au baccalauréat en avril 1916. Voulant apporter une contribution active à sa patrie lors la Première Guerre mondiale, il s’engage dans l’armée française cette même année. Sous-lieutenant, il est blessé et plusieurs fois cité.

Démobilisé, il entre en novembre 1919 chez les jésuites pour faire son noviciat. Durant sa formation, il étudie le droit, l'économie politique et la théologie. Dès 1927, il fait paraître des études qu'il rédige sur base de ses expériences lors de voyages en Angleterre, Allemagne, Suisse et Autriche. Il est ordonné prêtre en 1931 et commence ses prédications à destination des jeunes où se manifestent ses préoccupations économiques et sociales. Son livre Lettres à Jean-Pierre pour devenir un homme (1938) en est la traduction littéraire.

En 1937, il est nommé à l'association Action Populaire de Vanves. Il voyage beaucoup en Europe et en Amérique et, avec la documentation rassemblée, il écrit de nombreux articles qui sont publiés dans les revues Action populaire, Études, La Vie intellectuelle, etc. Parallèlement, il prépare une thèse portant sur L'évolution des la monnaie en France qu'il soutiendra en 1941 à Toulouse.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé comme capitaine d'artillerie. À la suite de la bataille de France de mai-juin 1940 et l'invasion consécutive de la France par l'armée allemande, il est fait prisonnier. Il s'évade et prêche à Vichy (Radio Londres l'appelle « le seul homme courageux »). Il retrouve des Jocistes dans des camps de vacances et trouve le temps d'écrire un second volume de Lettres à Jean-Pierre. Il fonde également un groupe d'Action catholique des fonctionnaires et soutient la Résistance. Visitant les prisonniers politiques à Bourrassol, il se fait remarquer par la Gestapo.

Il pense d'abord s'exiler en Afrique du Nord, mais lorsque l'occupant décide d'imposer le Service du travail obligatoire (STO), le Père Dillard décide d'organiser pour ces travailleurs-prisonniers une aumônerie clandestine outre-Rhin. Il arrive à Wuppertal comme électricien. Trahi et arrêté en tant que religieux catholique, il est interné au camp de concentration de Dachau en novembre 1944. Il y meurt le 12 janvier 1945, affaibli par la maladie et les atrocités du camp.

Outre ses nombreuses publications, il a collaboré avec la Revue d'économie politique, La Revue des Deux Mondes, la Revue des jeunes, les Cahiers d'action religieuse et sociale, Le Monde ouvrier et surtout Cité nouvelle.

L'abbé Victor Dillard est récipiendaire des décorations suivantes :

Chevalier de la Légion d'honneur[réf. nécessaire][Quand ?]

Croix de guerre 1914-1918 (trois citations)

En 1949, son nom est gravé au Panthéon sur la liste des "197", écrivains morts à la guerre ou en déportation (1939-1945).

En 2004, une plaque du souvenir a été inaugurée à Blois, dans la cour d'honneur du lycée Notre-Dame des Aydes où il a été scolarisé pendant 12 ans.

Le 19 août 2005, lors du chemin de croix des journées mondiales de la jeunesse, une place à son nom a été inaugurée à Wuppertal devant l'église Saint-Konrad où une plaque commémorative a été apposée.

Un vitrail de l’église Saint-Georges à Salbris (Loir-et-Cher) le représente au côté du missionnaire spiritain Daniel Brottier.

Le 9 octobre 2017, la poste française émet un timbre-poste à son effigie (avec la ville de Blois en arrière-plan), dessiné et gravé par Yves Beaujard (Yvert n° 5173).

Il est béatifié à Paris dans la cathédrale Notre-Dame par le cardinal Jean-Claude Hollerich le 13 décembre 2025 (avec 49 autres martyrs français du nazisme). Ces nouveaux martyrs sont liturgiquement commémorés ensemble le 5 mai.

Victor Dillard, Lettres du prisonnier inconnu, Sainte-Foy-lès-Lyon, Le monde ouvrier, 1941, 89 p.. — Recueil d'une série de lettres parues dans Monde ouvrier, l'hebdomadaire de la famille et du travail, 10,rue du Château à Lyon.

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