Victor Cousin est un philosophe et homme politique français, né le 28 novembre 1792 à Paris et mort le 14 janvier 1867 à Cannes.
Philosophe spiritualiste, chef de l'école éclectique, il édita les œuvres de Descartes, traduisit Platon et Proclus, écrivit une Histoire de la philosophie au XVIIIe siècle (1829), Du Vrai, du Beau et du Bien (1853), et plusieurs monographies sur les femmes célèbres du XVIIe siècle. En assumant, au long de sa carrière, les prestigieuses fonctions de professeur de philosophie à l’École normale supérieure, pair de France, conseiller d’État, directeur de l’École normale supérieure, recteur de l’Université et ministre de l’Instruction publique, il put acquérir en son temps un magistère qui lui permit d’établir le spiritualisme éclectique comme la « doctrine officielle de l’Université » durant la monarchie de Juillet.
Il est considéré en France comme le fondateur de la tradition des études d'histoire de la philosophie et le réformateur de l'enseignement philosophique dans les lycées.
Victor Cousin est issu d'une famille modeste : né dans le faubourg Saint-Antoine, il est le fils d'un ouvrier joaillier au Marché-Neuf et d'une repasseuse. Il nait en pleine Révolution française, dont il est à sa manière un héritier[pas clair].
Il bénéficie du système scolaire institué par Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul, créateur des lycées en 1802. À l'âge de 10 ans, Victor devient élève du lycée Charlemagne, où il va faire de brillantes études jusqu’à l’âge de dix-huit ans.
La formation classique reçue au lycée lui donne le goût de la littérature. Il est aussi réputé parmi ses camarades pour sa connaissance du grec. Il se lie alors avec François Guizot et Abel-François Villemain.
Il obtient le prix d'honneur du Concours général de 1810, ce qui lui permet d'être exempté du service militaire et admis de droit au Pensionnat normal.
Bachelier dès quatorze ans, il est reçu à l'agrégation de lettres à 21 ans.
Le 19 juillet 1813, Victor Cousin soutient une thèse latine de philosophie, intitulée De Methodo sive de analysi. La Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne conserve aujourd’hui ses brouillons préparatoires à une thèse française consacrée à l’étude de Thucydide, mais elle n’a jamais été soutenue par son auteur.
Pierre Laromiguière est alors chargé du cours de philosophie. Dans la deuxième préface aux Fragments philosophiques, où il expose les influences philosophiques qui ont marqué sa vie, Cousin parle avec émotion de la reconnaissance qu’il éprouvait en se souvenant de ce jour où il avait entendu Laromiguière pour la première fois. Il prétend que ce jour avait décidé de sa vie entière, car Laromiguière enseignait la philosophie de Locke et de Condillac, en la modifiant intelligemment sur certains points, avec une clarté et une grâce qui, au moins en apparence, faisaient disparaître les difficultés, et avec un charme et une bonhomie spirituelle qui pénétraient et soumettaient.
La deuxième grande influence philosophique dans sa vie est celle de Pierre-Paul Royer-Collard (1763-1845). Cet enseignant, dit-il, par la sévérité de sa logique, la gravité et le poids de chacun de ses mots, l’avait peu à peu détourné, mais non sans résistance, des sentiers battus de Condillac, pour le mener dans la voie qui devait devenir si facile, mais qui était alors pénible à suivre et peu fréquentée, celle de la philosophie du bon sens du philosophe écossais Thomas Reid.
Débuts dans l'enseignement sous l'Empire
Cousin refuse le poste d'auditeur au Conseil d'État que lui offre Jean-Pierre de Montalivet, ministre de l'Intérieur de Napoléon de 1809 à 1814, car il veut lui aussi enseigner la philosophie.
Nommé professeur au lycée Napoléon (actuel lycée Louis-le-Grand), il obtient rapidement un poste de maître de conférences à l’École normale supérieure, où ses premiers élèves sont Jean-Philibert Damiron et Théodore Simon Jouffroy.
Période de la Restauration (1815-1830)
Professeur suppléant à la Sorbonne (1815-1821)
En 1815, Cousin est nommé suppléant de Royer-Collard, titulaire de la chaire d’histoire de la philosophie moderne à la Sorbonne. Honoré de Balzac est, de 1816 à 1819, un de ses élèves les plus admiratifs .
Rapprochement avec les philosophes allemands (1815-1817)