Ce Jour-là

Victor Boltz

Commissaire de police, résistant français

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Victor Boltz, né le 21 avril 1885 à Mulhouse et mort le 1er mai 1944 au camp de concentration de Flossenbürg, est un commissaire de police français, figure de la Résistance, mort en déportation.

Commissaire à Mulhouse durant l'entre-deux-guerres, il y combat le mouvement autonomiste alsacien. Réfugié en zone sud après l'annexion de fait de l'Alsace, il poursuit sa carrière dans la police et s'engage dans la Résistance au sein du mouvement Franc-Tireur, à Limoges. Arrêté en 1943, il est déporté et meurt l'année suivante.

Victor Boltz est issu d'une famille catholique mulhousienne, la ville étant alors rattachée à l'Empire allemand à la suite de l'annexion de l'Alsace consécutive à la guerre franco-allemande de 1870. Son père, Winsenz (« Vincent ») Boltz, travaille comme caissier ; sa mère est née Ottilie (« Odile ») Simon. La famille réside dans la Wilhelmtellgasse, devenue depuis la rue Guillaume-Tell.

Avant 1914, il exerce les fonctions de greffier au tribunal cantonal de Mulhouse. Bien que vivant en territoire allemand, il manifeste son attachement à la France : il se rend aux rassemblements du Souvenir français à Belfort et proclame ouvertement que les couleurs françaises ne tarderont pas à être hissées sur la ville.

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il passe en France et rejoint l'armée française comme engagé volontaire. Affecté en 1915 à la Sûreté aux armées avec le grade d'inspecteur, il prend part à l'arrestation d'un agent au service de l'Allemagne. En représailles, les Allemands le privent de sa nationalité et lui infligent une peine de deux ans de prison pour insoumission.

Commissaire de police à Mulhouse

Rentré à Mulhouse en 1918 sous l'uniforme d'officier du 31e bataillon de chasseurs à pied, Victor Boltz est nommé commissaire de police en 1919 et chargé d'organiser les services de sécurité dans le cadre du rétablissement de l'administration française en Alsace-Lorraine.

Au cours de sa carrière, il s'oppose avec fermeté au mouvement autonomiste. Le 23 avril 1928, il procède à l'arrestation de deux dirigeants de ce courant : Frédéric-Charles Schweitzer, à Riedisheim, et Marcel Stürmel, à Mulhouse, tous deux poursuivis pour « complot contre la sûreté intérieure de l'État ». Au terme du procès de Colmar, en mai 1928, les deux hommes sont acquittés. Son action lui vaut de figurer parmi les personnes recherchées par les Allemands.

Repli en zone sud et Résistance

Lors de l'annexion de fait de l'Alsace, à l'été 1940, Victor Boltz refuse de servir l'occupant. Il quitte Mulhouse à la tête d'une cinquantaine de ses policiers pour gagner Toulouse, où il est nommé commissaire divisionnaire et poursuit son action en faveur de la France libre auprès de la communauté alsacienne réfugiée ; ses biens restés en Alsace sont confisqués. C'est dans cette ville qu'il épouse, le 21 novembre 1940, Augustine Schoettlé, originaire de Kingersheim.

Muté à Limoges, il y occupe les fonctions de commissaire central à partir de 1941. Depuis l'origine du mouvement Franc-Tireur, il seconde son chef régional, le docteur Bonnaud, prête aussi son concours à Combat et à l'Armée secrète, et participe à l'enrôlement de volontaires pour la France libre. Conscient des risques, il accepte de demeurer à son poste à la demande de la Résistance afin de continuer à la servir : il mène des investigations à son bénéfice, facilite le franchissement de la frontière et met à l'abri des agents traqués.

Dénoncé, Victor Boltz est arrêté par la Gestapo à Limoges en avril 1943, après avoir été convoqué par les services allemands. Son interpellation s'inscrit dans le démantèlement d'une organisation gaulliste née au sein de la police limougeaude : plusieurs gardiens de la paix sont appréhendés à ses côtés, de même que son supérieur hiérarchique, le commissaire divisionnaire Bertrand, qui dirige la sécurité publique de la région.

Détenu d'abord à Limoges, il rejoint le fort de Romainville le 26 mai 1943, puis est dirigé, après un passage par la prison de Fresnes, vers le camp de Compiègne le 19 janvier 1944. Il est déporté le 27 janvier 1944 au camp de concentration de Buchenwald, avant d'être acheminé, en avril 1944, vers le camp de Flossenbürg, où il reçoit le matricule 43920. Il y meurt le 1er mai 1944.

Après le conflit, ses restes sont ramenés au cimetière central de Mulhouse.

Le 17 décembre 1956, le conseil municipal de Mulhouse donne son nom à une rue du quartier de Bourtzwiller.

Victor Boltz est reconnu « mort pour la France », « mort en déportation » et « déporté résistant ».

Chevalier de la Légion d'honneur par décret du 27 novembre 1946 ;

Médaille de la Résistance française par décret du 15 juin 1946 ;

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