Ce Jour-là

Victor-Emmanuel II

Duc de Savoie et roi de Sardaigne devenu roi d'Italie

Anúncio

Victor-Emmanuel II (en italien : Vittorio Emanuele II), né le 14 mars 1820 à Turin et mort le 9 janvier 1878 à Rome, est duc de Savoie, roi de Sardaigne, prince de Piémont et comte de Nice de 1849 à 1861. Avec l'unification italienne, il est le premier roi d'Italie du 17 mars 1861 à sa mort.

Comme roi de Sardaigne, il s'entoure de grands ministres comme Massimo d'Azeglio et Camillo Benso, comte de Cavour, qui modernisent le royaume. La réalisation de l'unification de l'Italie lui procure l'appellation de Padre della Patria (« Père de la Patrie ») ; il est aussi surnommé Re galantuomo (« Roi gentilhomme »).

Après la proclamation du royaume d'Italie, son nom de règne, « Victor-Emmanuel II », n'a pas été changé en faveur du titre « Victor-Emmanuel Ier d'Italie ». Le maintien du nom est remarqué par certains historiens, et certains d'entre eux observent que cette décision, à leur avis, soulignerait l'extension de la domination de la maison de Savoie sur le reste de l'Italie.

La période du règne de Victor-Emmanuel II qui va de 1859 à 1861 est aussi appelée « Victor-Emmanuel II Roi Élu », ce qui désigne bien la manière dont il a accédé au trône d'Italie. En effet, en 1860 le duché de Parme, le duché de Modène et le grand-duché de Toscane votent des plébiscites pour l'union au royaume. La même année, le royaume des Deux-Siciles est conquis grâce à l’expédition des Mille et la Romagne, les Marches et l'Ombrie sont enlevées aux États pontificaux par les Piémontais. Tous ces territoires sont annexés officiellement au royaume après des plébiscites. Il reste à réussir l'intégration de différents États séparés depuis des siècles. En janvier 1861 ont lieu les élections du premier parlement unitaire. Avec la première convocation du Parlement italien le 18 février 1861 et la proclamation du 17 mars, Victor-Emmanuel II est le premier roi d'Italie de 1861 à 1878. En 1866, à la suite de la troisième guerre d'Indépendance, la Vénétie et Mantoue, soustraits à l'empire d'Autriche, sont annexés au royaume. En 1870, avec la prise de Rome, le Latium est annexé au royaume, soustrait définitivement aux États pontificaux. Rome devient officiellement la capitale de l'Italie (comme l'avaient été auparavant Turin et Florence). À sa mort en 1878, son fils lui succède sur le trône sous le nom de Humbert Ier.

Victor-Emmanuel est le fils aîné de Charles-Albert de Savoie-Carignan, prince de Carignan, et de Marie-Thérèse de Toscane, fille du grand-duc Ferdinand III de Toscane.

Il naît à Turin dans le palais de la famille paternelle et passe les premières années de sa vie à Florence, son père s'étant réfugié auprès de son beau-père, Ferdinand III de Toscane, pour fuir la colère de son oncle, le roi Charles-Félix de Sardaigne après les graves désordres politiques de mars 1821. Dans la capitale toscane, son éducation est confiée au précepteur Giuseppe Dabormida qui éduque les enfants de Charles-Albert avec une discipline militaire.

En raison de l'énorme différence de physionomie avec son père qui apparaît dès le plus jeune âge, des voix commencent à douter que Victor-Emmanuel soit le fils du couple royal, mais qu'il soit un enfant d'origine populaire pris pour remplacer le vrai fils de Charles-Albert, mort au berceau, lors d'un incendie.

Certains auteurs modernes ont donné crédit à cette hypothèse, récusée pendant plus d'un siècle, basant leurs déductions, outre les évidentes disparités physiques, sur les études des procès verbaux rédigés par le caporal des pompiers concernant l'incendie qui s'est développé dans la pièce du palais florentin où se trouvaient le nouveau-né et sa nourrice. Il est peu probable qu'un incendie ait pu tuer la nourrice et épargner l'enfant.

Quant au présumé vrai père de Victor-Emmanuel, déjà au XIXe siècle, circulait le nom de « Tanaca », un boucher ayant un magasin via Senese 16, en dehors de la porte Romana, sous le Poggio Imperiale[réf. non conforme].

Néanmoins, la naissance de Ferdinand de Savoie, duc de Gênes, rendait le stratagème plutôt absurde. En effet, la naissance d'un héritier légitime rendait à peu près nulle la « supposée substitution ». Cet élément permet d'affirmer avec certitude que Victor-Emmanuel est bien le fils de Charles Albert de Savoie-Carignan, roi de Sardaigne.

Lorsqu'en 1831 son père Charles-Albert est appelé à succéder au roi Charles-Félix de Savoie, Victor-Emmanuel le suit à Turin où il est confié au comte Cesare di Saluzzo (it) assisté d'un groupe de précepteurs dont le général Hector Gerbaix de Sonnaz, le théologien Andrea Charvaz, l'historien Lorenzo Isnardi (it) et le juriste Giuseppe Manno. Les efforts des précepteurs ont peu d'effets car Victor-Emmanuel se montre réfractaire aux études préférant les chevaux, la chasse et l'escrime.

Il est nommé général et épouse sa cousine Marie Adélaïde de Habsbourg-Lorraine en 1842. Il a une intense relation avec Laura Bon (it) avec laquelle il a une fille, Emanuela Maria Alberta di Roverbella (1853-1895).

Charles-Albert, acclamé comme souverain réformateur, concède le statut albertin en 1848 et déclare la guerre à l'Autriche mettant en route le long processus connu comme le Risorgimento italien. Il entre en Lombardie avec les troupes sardes et italiennes accourues à son aide. Les résultats de la première guerre d'indépendance italienne s'avèrent assez mauvais pour le royaume de Sardaigne, abandonné par ses alliés, le 23 mars 1849, après la bataille de Novare, Charles-Albert envoie le général Luigi Fecia di Cossato traiter la reddition avec l'Autriche.

Les conditions de la reddition sarde sont très dures et prévoient la présence d'une garnison autrichienne dans les places-fortes d'Alexandrie et de Novare. Charles-Albert, en présence de Wojciech Chrzanowski, Carlo Emanuele La Marmora, Alessandro La Marmora, Carlo Cadorna, de Victor-Emmanuel et de son autre fils Ferdinand de Savoie, signe son abdication et avec un faux passeport, passe à Nice où il part en exil pour le Portugal.

La même nuit, peu avant minuit, Victor-Emmanuel II se rend près d'une maison de Vignale où l'attend le général Joseph Radetzky pour traiter la reddition avec les Autrichiens ; c'est sa première action de souverain. En plus d'accepter les conditions des vainqueurs, Victor-Emmanuel II donne des assurances sur sa détermination à agir contre le parti démocratique (dans la terminologie politique de l'époque, tournée vers l'union avec les autres états italiens et la reprise conjointe de la guerre contre l'Autriche) auquel son père avait donné beaucoup de libertés, ce qui l'avait conduit vers la guerre.

Les Autrichiens espèrent que le jeune Victor-Emmanuel II abandonne le statut albertin, mais le roi maintient les garanties constitutionnelles, pour cela il est surnommé « Roi gentilhomme » (Re Galantuomo).

Les entretiens officiels entre Victor-Emmanuel et le feld-maréchal Radetzky se tiennent toute la journée du 24 mars 1849, toujours à Vignale et l’accord est signé le 26 mars à Borgomanero. Victor-Emmanuel promet de dissoudre les corps de volontaires de l’armée et cède aux Autrichiens la forteresse d’Alexandrie et les territoires compris entre le Pô, le Sesia et le Tessin, en plus de rembourser des dommages de guerre à hauteur de 75 millions de francs français, montant astronomique pour l’époque. Les accords de l'armistice, en raison de l’article 5 du statut albertin, doivent être ratifiés par la Chambre afin de signer le traité de paix.

Le 29 mars 1849 le nouveau roi se présente devant le parlement pour jurer fidélité et le jour suivant, il dissout la même institution provoquant des élections.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Victor-Emmanuel II | World in Stories