Ce Jour-là

Valeo

Entreprise française d'équipements automobiles

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Valeo est un équipementier automobile français. Le groupe a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 21,5 milliards d’euros. Valeo emploie 106 100 salariés dans 28 pays répartis sur 155 sites de production, 18 centres de recherche, 46 centres de développement et 19 plateformes de distribution. Valeo est membre de l'association européenne des équipementiers automobiles, le CLEPA. En 2018, comme en 2017 et 2016, Valeo se classe à la première place du palmarès des déposants de brevets en France selon l'INPI avec 2 145 demandes de brevets publiées en 2018.

Eugène Buisson est depuis 1910 le distributeur et agent exclusif en France des produits de friction de la société anglaise Ferodo (Ferodo ltd). Il dépose des brevets d'invention en 1922 et, en 1923, il crée la Société anonyme française du Ferodo (SAFF) et ouvre une usine à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour produire des garnitures de frein et d’embrayages sous licence de Ferodo.

La société absorbe, en 1927, la filature d'amiante de Condé (Normandie). En 1928, elle fusionne avec La Plastose, son fournisseur de résines phénoliques et poudres de moulage, qui possède des usines à Niort (Deux-Sèvres), Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et Cahan en Normandie. La SAFF internalise ainsi la chaîne complète de fabrication de garnitures de frein : les tissus d'amiante sont imprégnés de vernis à base de résines phénoliques et sont façonnés pour former des garnitures tissées. En 1934, la SAFF absorbe son concurrent fabricant de garnitures Flertex, dont l'usine est située à Épinay-sur-Seine.

En 1932, la société dirigée par Jacques Vandier « élargit son activité à la production d’embrayages et la SAFF entre en bourse ». Une politique active de dépôts de brevets et d'acquisitions de licences auprès de ZF Sachs, BorgWarner et Daimler Motor Company est menée. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise dispose de la quasi-totalité des brevets ou licences de brevets concernant les embrayages. En 1938, une publicité de la société indique qu'elle tient 90 % de parts du marché automobile français pour les garnitures de friction et qu'elle produit des embrayages et disques de frein, des joints industriels, des poudres à mouler, résines, isolants et applications de l'amiante. Elle emploie 1 500 ouvriers dans cinq usines.

La SAFF poursuit sa croissance externe, et acquiert en 1943, le site de Rochefort-Andouillé (Mayenne) de la Compagnie française de l'amiante du Cap, créée par Frédéric Chaplet, dont l'activité de filature de tissus d'amiante est transférée en 1953 à Condé-sur-Noireau (Normandie). En 1952 est créée l'Union de Fabricants de garnitures (UFAGA) pour réunir deux acquisitions récentes de concurrents, Hersot et Nafra, spécialisés dans les garnitures de frein. La SAFF achète la Société française de l'amiante à Viry-Châtillon en 1956. Ainsi, « dans les années 50, l’entreprise se modernise et se développe hors de la région parisienne en construisant de nouvelles usines, notamment en Normandie (garnitures de friction) et à Amiens (embrayages). En 1953, l’entreprise a 30 ans. Les embrayages, dont la technologie est en constante évolution, deviennent sa première activité. »

À partir des années 1960, la société commence à se diversifier : systèmes thermiques (1962), composants, systèmes et équipements électroniques (1963), éclairage et systèmes électriques (à partir de 1970). Ces développements se font notamment par la prise de contrôle de groupes eux-mêmes déjà importants et parfois diversifiés comme Paris-Rhône (équipements électriques), SEV Marchal (éclairage, équipements électriques, essuyage), Cibié (éclairage, signalisation), Ducellier (éclairage, équipements électriques, essuyage), Chausson thermique (chauffage et refroidissement), Neiman (sécurité, éclairage, signalisation) ou Labinal (équipements électriques). Elle se lance aussi dans des activités hors automobile (éléments de construction préfabriqués, ponts pour véhicules utilitaires) par la prise de contrôle d'entreprises spécialisées, mais, après plusieurs années de volonté d'intégration, ces activités ont été cédées.

Après Mai 68, de jeunes journalistes du mensuel J'accuse viennent en reportage en décembre 1970, dans le sillage du Tribunal populaire de Lens en 1970 et de la vague de séquestrations de cadres qui a suivi, dans des entreprises où les ouvriers sont exposés à un travail dangereux pour leur santé. Le 17 décembre 1970, à l'usine Ferodo de Condé-sur-Noireau, dans le Calvados, exposés aux maladies professionnelles, de jeunes ouvriers protestant contre le licenciement d'un ancien séquestrent le chef d'atelier, puis trois cadres, qui sont libérés grâce aux syndicalistes. La polémique devient nationale. La CGT intervient pour se dire « opposée à une certaine campagne visant à identifier les techniciens, cadres et ingénieurs au patronat », par la voix de son secrétaire général Georges Séguy lors d'une conférence de presse à Brive[source insuffisante], même si dans un article du 28 décembre, le Nouvel Observateur dénonce « une conception militariste de la hiérarchie » qui « fonctionne comme à l'armée », selon le responsable de l'Union départementale CFDT.

Le 28 mai 1980, la société prend le nom de Valeo (« Je vais bien » en latin), ce nom étant à l'époque celui de la filiale italienne du groupe SAFF et hors du secteur automobile.

C’est à partir du début des années 1980 que Valeo atteint la dimension d'une entreprise internationale parmi les plus importantes du secteur de l'équipement automobile, en conduisant une stratégie de redéploiement externe par de très nombreuses acquisitions.

En 1986, l'ingénieur Carlo De Benedetti, par l'intermédiaire de son groupe CIR, prend le contrôle de Valeo pour un montant de cent milliards de lires, attirant l'attention du monde industriel et financier italo-français. De Benedetti aurait empêché un renforcement de la position allemande dans Valeo, un problème, selon les articles de l'époque, étant donné les fortes relations industrielles entre Valeo et le groupe FIAT, l'un de ses principaux clients.

Dix ans plus tard, en 1996, le groupe De Benedetti doit céder Valeo au français CGIP, sous la pression de ses principaux clients, Peugeot-Citroën et Renault, pour un montant d'environ 2 000 milliards de lires. Une opération réalisée à un moment où quasiment aucune entreprise européenne du secteur n'était en mesure de racheter Valeo : l'allemand Bosch en raison de la législation anti-monopole, le britannique Lucas en raison de ses problèmes financiers. Seuls deux grands groupes, tous deux américains, étaient intéressés : la filiale composants de General Motors et TRW Automotive, à l'époque leader mondial dans la fabrication d'airbags. Les constructeurs français y ont cependant opposé leur veto, menaçant de retirer Valeo de leur liste de fournisseurs en cas de passage aux mains d'une entreprise américaine. Le ministre de l'Industrie de l'époque, Franck Borotra, les a soutenus à cet égard. Après le retour dans des mains françaises, les experts ont cependant affirmé que Valeo était une entreprise encore trop petite (en 1996, elle était seizième au classement mondial du secteur) pour continuer d'avancer seule.

Valeo poursuit parallèlement la rationalisation de son portefeuille d'activités, avec par exemple, la cession de son activité de câblage à l'allemand Leoni. Valeo est dirigée par Noël Goutard de 1987 à 2000.

En 2005, Valeo subit un espionnage industriel réalisé par une jeune stagiaire chinoise. Polyglotte et diplômée dans de multiples domaines, la jeune femme aurait piraté le système informatique de défense de l'entreprise et copié des données confidentielles sur son ordinateur personnel.

Le 17 décembre 2008, Valeo annonce qu'il va supprimer 5 000 emplois dans le monde, dont 1 600 en France. L’objectif du groupe est d'atteindre une marge opérationnelle supérieure à 7 % avant 2015 et de se positionner parmi les plus importants équipementiers mondiaux, notamment par la poursuite de son développement en Asie et dans les pays émergents.

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