Víctor Català i Montseny de son nom de plume, née Caterina Albert i Paradís le 11 septembre 1869 à L'Escala et morte le 27 janvier 1966 dans la même commune, est une écrivaine espagnole d'expression catalane partie prenante du mouvement moderniste. Elle est notamment connue pour son roman Solitude publié en 1905
La première reconnaissance de ses dons littéraires fut le premier prix aux Jeux Floraux de 1898. Rapidement, elle prendra comme pseudonyme Víctor Català, nom du protagoniste d’un de ses romans inachevés. Malgré l'enthousiasme qu'elle a manifesté pour le monde du théâtre et ses débuts poétiques, le genre qu'elle maîtrise le mieux est le roman. La force de son style et sa grande richesse lexicale seront des éléments déterminants de l'ensemble de son œuvre. Déjà âgée, elle reçut l'hommage des écrivains catalans. Elle est décédée dans sa ville natale en 1966. Elle est enterrée dans l'ancien cimetière de L'Escala . Son pseudonyme complet était Víctor Català i Montseny .
Caterina Albert i Paradís est née le 11 septembre 1869 dans la maison familiale, rue Enric Serra, de L'Escala (Alt Empordà). Elle était la fille aînée de Dolors Paradís Farrés et de Lluís Albert Paradeda, tous deux riches propriétaires terriens. Son père a été avocat, maire de L'Escala et député provincial. Ses frères et sa sœur, plus jeunes, se nommaient Francesc, Martí et Amélia. Elle a grandi dans la maison louée Carrer de València, à Barcelone et dans la maison familiale de l'Escala.
Autodidacte, elle a bénéficié principalement de cours à domicile. Elle a reçu une forte influence intellectuelle de sa grand-mère maternelle (Caterina Farrés et Sureda) et de sa mère. Comme Caterina Albert le reconnaît dans une lettre, elle n'a suivi aucune étude "pour être l’ainée" de la fratrie et "ne pas devoir laisser les personnes âgées, d’une santé délicate" . Malgré cela, elle fréquente brièvement l'école municipale en 1873 à l'âge de quatre ans et, si l’on se réfère à son livre « Mosaic » (1946), elle n’en garde pas un bon souvenir. Elle est également interne dans une école de religieuses à Gérone durant une année pendant son adolescence, où elle apprend le français et le piano.
Dans le domaine des arts, elle fait ses premiers pas dans la peinture et la sculpture à l'adolescence avec son grand-père (Josep Anton Albert i Massot). Elle reçoit également l’enseignement du peintre sévillan Félix-Antonio Alarcón lors de son installation dans la maison de la famille Albert i Paradis entre 1883 et 1884. Auprès de lui, elle acquiert la maîtrise de la peinture à l’huile. Ainsi, par exemple, en 1896, elle participe, avec un portrait, à la troisième édition de l'Exposition des Beaux-Arts et des Industries Artistiques de Barcelone.
Elle suit également des cours de flûte avec Rossend Mercader et de piano avec Salvador Mundi. Enfin, en 1900, elle suit des cours de sculpture avec le maître Josep Carcassó, neveu des Sitjar-Carcassó, amis de la famille qui l’influencent et lui permettent de connaître des personnalités du monde artistique, tel son représentant littéraire, Fèlix Clos . À partir de 1884, ses visites à Barcelone sont de plus en plus fréquentes. Elle profite de l'offre culturelle de la ville. C'est à moment-là qu'elle commence des échanges épistolaires avec des personnalités de l'époque tels Joan Maragall, Narcís Oller et Francesc Matheu.
Premières années, le modernisme
Elle commence sa carrière littéraire très jeune, en collaborant à l'Almanach de l'Esquella de la Torratxa. Dans cette publication de caractère satirique, elle y publia ses premiers textes —poèmes de thématique amoureuse— entre 1897 et 1900 sous le pseudonyme de Virgili d'Alacseal.
À la fin du siècle, en 1898, elle se présente aux Jeux Floraux d'Olot (Jocs Florals d'Olot) avec le poème Lo llibre nou et le monologue La infanticida. Les deux œuvres sont primées. Mais, le monologue scandalisa le jury lorsqu'il apprit que cette pièce de théâtre, si poignante par sa thématique, était écrite par une jeune auteure de l'Escala. Dès lors, Caterina Albert s'est cachée derrière le pseudonyme Víctor Català, inspiré d'un personnage du roman Càlzer d'amargor, qu'elle était en train d'écrire. Tout au long de sa vie, elle signera toutes ses œuvres de ce pseudonyme.
Le premier livre qui a vu le jour fut le recueil de poèmes Lo cant dels mesos (1901) en l’honneur du mariage de Josepha Carcassó et Miquel Sitjar. Ceux-ci encouragent sa vocation littéraire et la poussent à publier dans la revue L'Avenç.
Caterina Albert avait aussi une vocation artistique malheureusement, elle ne l’a jamais développée. Elle dessinait, peignait et sculptait. De ces œuvres, il n’y a eu qu’une unique exposition au Cercle artistique de Sant Lluc en décembre 1955.
Joaquim Folch i Torres, un de ses grands amis, est une des personnes qui l'ont soutenue et mise en avant. Lorsqu'elle a commencé sa trajectoire d'écrivaine professionnelle, elle s’y est exclusivement consacrée. En 1901, L'Avenç a publié 4 monòlegs. C’est le seul recueil de monologues publié de son vivant. Puis, elle commença sa collaboration littéraire avec la revue moderniste Joventut (1900-1906). Cette publication, une véritable vitrine publique, lui a permis de s’affirmer en tant qu’écrivaine.
Elle écrit, ensuite, ses premiers «drames ruraux» c’est-à-dire, les contes les plus noirs et poignants de sa production. 1902, est la date où le recueil des « drames ruraux » et le mystère de son pseudonyme commença à être connu. Dans ces échanges épistolaires avec Narcís Oller, Joan Maragall, deux de ses maîtres, elle évoque l’angoisse de ne plus pouvoir se dissimuler derrière Victor Català.
Sous pseudonyme, elle peut écrire ce qui lui plait, sans que sa littérature ait une limite morale. La société du moment ne voyait pas d’un bon œil qu’une femme écrive et qu’elle le fasse sur les thèmes qui étaient les siens.
En 1902, commencent les premières critiques portant pour écrire sur l’aspect le plus sombre de la condition humaine. Plus tard elle publie un autre recueil de contes, Ombrívoles (1904) dans L’Avenç et son second recueil de poèmes, Llibre blanc (1905) chez l’éditeur Francesc Matheu, Ilustració Catalana. Dans les revues de Matheu, Il·lustració Catalana (1903-1917) et Catalana (1918-1921), elle publiera des récits moins dramatiques et quelques poèmes.
Entre 1904 et 1905, son roman Solitude paru sous forme de feuilleton dans la revue Joventut puis publié sous forme de livre. Ce sera un succès. À partir de ce moment, elle se consacre à l’écriture. Elle publie ensuite le recueil de récits Caires vius (1907) dans la Biblioteca Joventut. Là, commence son premier silence littéraire, conséquence du mouvement du noucentisme.
Seconde étape à partir de 1907
À partir de 1923, elle publiera dans la collection populaire la Novel la d’Ara diverses nouvelles.