Véronique Sanson, née le 24 avril 1949 à Boulogne-Billancourt, est une autrice-compositrice-interprète et pianiste française.
Elle commence sa carrière à la fin des années 1960, et c'est au début des années 1970 qu'elle rencontre le succès avec les titres Besoin de personne et Amoureuse.
D'abord en couple avec Michel Berger, elle part aux États-Unis vivre avec Stephen Stills. Elle y écrit différents titres à succès comme Ma révérence. De retour en France dans les années 1980, c'est vers la fin de la décennie qu'elle sort l'album Moi le venin qui devient disque de platine.
Elle écrit et compose durant cinq décennies des centaines de chansons dont certaines sont célèbres dans les pays francophones, notamment Chanson sur ma drôle de vie, Rien que de l'eau, Vancouver.
Elle obtient durant sa carrière de nombreux prix et décorations, dont trois Victoires de la musique et la Grande médaille de la chanson française, décernée par l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre. Elle est aussi commandeure de l'ordre des Arts et des Lettres et chevalière de l'ordre national du Mérite.
Véronique est la fille de l'avocat et homme politique René Sanson (député UNR de Paris de 1958 à 1967) et de son épouse Colette, née Lucas ; ils se sont mariés en 1945, après la Libération. Membres actifs de la Résistance, ils se sont rencontrés au sein du réseau du musée de l'Homme au cours d'une mission durant la Seconde Guerre mondiale. Afin de célébrer la victoire sur l'Allemagne nazie, ils donnent à leurs deux filles des prénoms commençant par la lettre V de « Victoire » : Violaine (née le 15 mai 1947, femme d'affaires) et Véronique, née deux ans plus tard. Elle précise qu'elle n'est pas « particulièrement attachée » à ses origines juives.
Parents mélomanes, ils mettent leurs deux filles au piano dès leur plus jeune âge. Faisant souvent l'école buissonnière, passée notamment par le cours Hattemer-Prignet, où elle est la condisciple de la future journaliste Anne Sinclair, Véronique Sanson est envoyée à quinze ans dans un pensionnat anglais où, malgré une fugue en Écosse, elle décroche son « Proficiency, diplôme certifiant un excellent niveau d'anglais ».
Elle commence sa carrière au sein de l'éphémère trio Les Roche Martin avec François Bernheim (futur compositeur à succès, notamment pour Patricia Kaas) et sa sœur Violaine, sous la houlette des jeunes directeurs artistiques de Pathé-Marconi, Michel Berger et Claude-Michel Schönberg. Le groupe sort un premier super 45 tours le 24 avril 1967, jour des 18 ans de la chanteuse. Un second, sur lequel figure la première composition enregistrée de Véronique, Maria de Tusha, est enregistré, mais ne fut pas commercialisé. Le groupe se sépare sans avoir rencontré le succès.
Véronique continue à travailler sur divers projets musicaux avec Michel Berger, désormais son compagnon. En 1969, elle publie son premier 45 tours : Le Printemps est là (adaptation française de la chanson anglophone Sunny Goodge Street de Donovan) / Le Feu du Ciel. Cette seconde chanson fut réenregistrée par Véronique en 1992 pour l'album Sans regrets, ainsi que trois autres titres qu'elle a signés pour Isabelle de Funès en 1968 et 1969, toujours sous la direction artistique de Michel Berger : Mon voisin, Une odeur de neige et Jusqu'à la tombée du jour.
En 1971, Michel Berger devient directeur artistique chez WEA, une des premières majors du disque, qui réunit les célèbres labels Warner-Elektra-Atlantic, sous la direction du producteur Bernard de Bosson. Véronique est la première artiste française à signer avec le label Elektra.
En décembre, elle enregistre son premier album, qui sera intitulé Amoureuse, arrangé par Michel Bernholc et réalisé par Michel Berger. Il sort le 20 mars 1972.
Le grand public découvre alors une jeune auteure-compositrice et pianiste qui chante des textes originaux, aux accents oniriques, sur des musiques modernes avec des arrangements très « anglo-saxons ». Le succès est immédiat, tant en France qu'au Canada. En France, le 45 tours Besoin de personne se vend à plus de 100 000 exemplaires et au fil du temps, deux autres titres de l'album deviendront des classiques de son répertoire : Bahia et surtout Amoureuse dont la version anglaise fait l'objet de nombreuses reprises, notamment par Kiki Dee dès l'année suivante — grand succès en Angleterre — ou Olivia Newton-John, tandis qu'une adaptation dite « américaine », intitulée Emotion, de la chanteuse texane Patti Dahlstrom est aussi enregistrée par Helen Reddy et Shirley Bassey. Toujours en 1973, Véronique Sanson enregistre elle-même plusieurs versions en langues étrangères des chansons Amoureuse et Besoin de personne (en anglais, allemand et espagnol, ainsi que deux autres adaptations en anglais, Vert vert vert et Dis-lui de revenir qui vont devenir Green Green Green et Birds of Summer, à l'occasion de la sortie de l'album aux États-Unis et Royaume-Uni.
Après un mois au cabaret du restaurant de la tour Eiffel, qui lui laissera de mauvais souvenirs, Véronique Sanson assure les premières parties de Michel Polnareff au théâtre d'Argenteuil, puis de Julien Clerc et de Claude François en tournées, marquant ainsi ses premiers pas sur scène.
L'album Amoureuse est suivi de près par un second opus, De l'autre côté de mon rêve, enregistré à l'automne et publié le 8 décembre 1972. Plusieurs chansons de l'album semblent évoquer une nouvelle rencontre amoureuse : Comme je l'imagine, De l'autre côté de mon rêve, Une nuit sur son épaule. Trois titres deviendront des classiques de son répertoire : Comme je l'imagine, Chanson sur ma drôle de vie (qui connaîtra un nouveau succès inattendu en 2010 à l'occasion de la sortie du film Tout ce qui brille), ainsi que Une nuit sur son épaule.
En mars 1972, Michel Berger insiste pour que Véronique l'accompagne à l'Olympia voir Stephen Stills, membre du groupe Crosby, Stills, Nash & Young, cette année-là en tournée avec sa propre formation, Manassas. Le lendemain du concert, Véronique Sanson, de passage au siège de sa maison de disques, rencontre Stills dans le bureau de Bernard de Bosson : c'est le coup de foudre. Stills, reparti en tournée, ne cessera de la contacter durant des mois. À l'automne, alors que Véronique enregistre son deuxième album, ils commencent à se revoir secrètement, et elle fait une première fugue.
En février 1973, Véronique Sanson quitte brutalement son compagnon Michel Berger, après six ans de vie commune ; sortie en prétextant aller acheter des cigarettes, elle devient rapidement introuvable. En fait, partie sans rien, elle achète un aller simple pour New York avec l'argent que lui prête son amie Nicoletta ; elle récupère son passeport et des affaires chez ses parents, puis s'envole : elle est partie vivre aux États-Unis avec Stephen Stills. Après trois jours de disparition, elle est retrouvée à New York, dans un hôtel, par les autorités locales. Un mois plus tard, le 14 mars, bien qu'hésitante, elle se marie en Angleterre avec le guitariste américain : « Finalement, je suis allée à mon mariage par politesse, en me disant : on verra après […]. J'ai été obligée de me marier alors que je n'étais pas chaude-chaude. Si on m'avait laissée avoir deux hommes, je ne l'aurais jamais fait », affirme-t-elle plus tard.
Le couple s'installe dans un ranch d'altitude, perdu dans les montagnes du Colorado ; leur fils Christopher naît le 19 avril 1974. Mais le temps est long pour l'artiste : « Ce que j'ai pu m’ennuyer, même si c'était beau ! Six mois d'hiver à −40 °C, c'est rude ! ».
Cet « exil » lui apporte énormément professionnellement. Elle effectue un virage beaucoup plus rock sur l'album Le Maudit, sorti en octobre 1974, qu'elle produit elle-même avec les musiciens de Stephen Stills, qui joue sur le titre On m'attend là-bas, hymne à son destin de l'autre côté de l'Atlantique. Cet album, qui a été certifié double disque d'or pour plus de 200 000 exemplaires vendus en France, reçoit un excellent accueil de la critique, notamment de la presse pop de l'époque. Les textes sont bien plus sombres que ceux des disques précédents, notamment pour la chanson titre (qu'elle interprète sur le plateau d'Étoile Palace, en 1990, devant Michel Berger, qui dit alors qu'elle est « une des plus belles chansons qui aient été écrites »), mais c'est aussi le cas des chansons Ma musique s'en va, Véronique ou Bouddha, avec trois textes qui évoquent sa rupture avec Michel Berger qu'elle culpabilise d'avoir quitté aussi violemment. Cependant, les titres Alia Soûza et Le Maudit contribuent également au succès du disque.