Vérone (en vénitien et en italien : Verona, /veˈroːna/) est une ville italienne, chef-lieu de la province homonyme en Vénétie. Avec une population d'environ 257 000 habitants, elle se dispute avec Venise le titre de commune la plus peuplée de la région. Elle se situe aux confins septentrionaux de la plaine du Pô, sur les rives de l'Adige, aux pieds des Préalpes vicentines et à proximité du lac de Garde.
Déjà habitée durant la préhistoire, la localité n'est véritablement fondée qu'au Ier siècle av. J.-C. par les Romains, au niveau du méandre du fleuve. Elle est gouvernée par l'Empire romain jusqu'au Ve siècle, avant que ne s'impose le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand. S'enchaînent ensuite les périodes d'occupation des Lombards et des Francs, puis la ville fait partie du Saint-Empire romain germanique pour plusieurs siècles. Elle acquiert le titre de commune libre au début du XIIe siècle et devient une ville prospère sous la domination des Scaligeri. En 1405, elle se place sous la souveraineté de la république de Venise et ce jusqu'à son occupation par l'armée de Napoléon Bonaparte en 1797. Après la période napoléonienne, Vérone est attribuée à l'empire d'Autriche qui en fait une place forte militaire, puis au royaume d'Italie après la troisième guerre d'indépendance italienne de 1866.
Vérone est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO pour ses particularités urbanistiques, ses richesses artistiques et culturelles. Elle est connue pour ses arènes de l'époque romaine mais aussi grâce à la tragédie Roméo et Juliette de William Shakespeare, dont l'action s'y situe. Ville universitaire et important nœud intermodal grâce à la zone dénommée Quadrante Europa, l'économie de la cité est dominée par l'industrie et le tourisme.
Vérone bénéficie d'une position centrale au sein du territoire communal, lequel est caractérisé par une hétérogénéité de paysages du fait de sa situation géographique particulière, l'altitude variant de 30 mètres à plus de 600 mètres au pied des montagnes. La ville est érigée le long du fleuve Adige, lorsque celui-ci forme un double méandre à son point d'entrée dans la plaine de Pô. Elle est entourée au sud par cette plaine et au nord par les monts Lessini qui font partie des Préalpes vicentines.
Les collines environnantes, connues sous le nom de Torricelle, sont caractérisées par une alternance entre des zones boisées et des prairies arides. Sont également présentes des formations végétales, soit naturelles soit cultivées, typiques des climats subméditerranéens, en particulier dans les territoires moins élevés et exposés vers le sud. Les oliveraies sont l'expression la plus significative de cette végétation, leur culture s'étendant jusqu'à environ 400 mètres d'altitude.
Les travaux d'aménagement des versants sont principalement représentés par les marogne, Il s'agit de terrasses dotées de murets de pierre sèche qui, en plus de représenter un précieux exemple de prévention du risque hydrogéologique, ont aussi une valeur architecturale et paysagère intrinsèque. Le fond de la vallée de la zone vallonnée est quant à lui traversé par plusieurs cours d'eau surnommés localement progni ou vaj et dénommés (d'ouest en est) Quinzano, Borago, Galina, Valpantena et Squaranto.
Un autre élément distinctif du paysage est l'Adige qui conditionne fortement les formes du territoire, tant en zone urbaine qu'extra-urbaine, en raison de son développement mais aussi de la présence de ses anciens lits asséchés. La zone fluviale est désormais presque dépourvue de zones sauvages préservées du fait d'interventions hydrauliques et d'une anthropisation généralisée. Seuls certains éléments semi-naturels persistent en aval de la zone habitée.
Le plus important espace boisé est celui de l'Isola del Pestrino, qui représente la seule formation fluviale qui a survécu aux interventions de défense hydraulique contre les inondations dans le tronçon du fleuve à l'intérieur des limites communales. Il existe une autre formation boisée dans le parc de la villa Bernini Buri qui constitue une survivance d'anciennes forêts de plaine. D'autres espaces boisés sont situés dans le parco dell'Adige Sud.
La zone de la plaine, façonnée par les crues du fleuve, est celle qui a le plus souffert des transformations anthropiques et qui présente donc le moins d'éléments notables pour leur valeur naturelle.
L'Adige est canalisé à Vérone par d'épais murs construits après la terrible inondation de 1882, conçus pour protéger la ville d'autres crues. Depuis, le fleuve ne traverse plus que la ville qu'entre ces protections faites de briques en terre cuite. Mais jusqu'à une date relativement récente, la ville était particulièrement liée à son fleuve, avec de nombreuses activités commerciales et industrielles que son débit considérable permettait de réaliser.
En outre, l'Adige était une voie de communication de première importance, navigable jusqu'à Trente. Il était utilisé depuis l'Antiquité pour le transport de marchandises et son parcours était constellé de débarcadères, péages douaniers, forts et tours utilisées pour suspendre des chaînes de part et d'autre du fleuve afin de retenir les marchandises (les restes de l'une de ces tours, la Torre della Catena, ont survécu).
Au sud de la ville, dans le quartier Filippini, se trouve l'ancienne douane de San Fermo, qui borde l'Adige avec son grand quai, ainsi que la Dogana d'acqua (« Douane d'eau »), même si cette dernière n'a conservé que ses murs d'enceinte à la suite des bombardements qui l'ont gravement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale. Jusqu'au XIXe siècle, Vérone et les villages qui bordaient le fleuve avaient une économie directement liée à la présence de l'eau. Le long des berges, on travaillait le bois et des blocs de marbre qui étaient ensuite transportés par le cours d'eau. Il y avait des chantiers navals, de nombreux moulins flottants, des entrepôts, de petites industries et une activité artisanale.
À l'intérieur de la zone habitée, le fleuve formait des bras secondaires qui n'existent plus. Près du théâtre romain, il formait sur sa rive gauche le canal de l'Acqua Morta (« de l'Eau Morte »), ainsi appelé à cause du lent écoulement de ses eaux aux époques qui suivirent celle romaine. Ce canal rejoignait le bras principal au niveau du ponte Navi (« pont des bateaux »), formant ce qu'on appelle l'Isolo, une île fluviale constituée de sédiments graveleux.
Juste avant le Castelvecchio, il y avait aussi l'Adigetto, un fossé qui longeait les murailles de la ville au sud et qui a été élargi à l'époque médiévale à des fins défensives. Il rejoignait l' Adige en aval de l'actuel pont Aleardi. En plus de ces principaux bras, l'Adige était doté de ses vò, plus de 70 connexions qui garantissaient l'apport en eau dans la zone habitée.
Les moulins de l'Adige étaient caractéristiques de Vérone. Construits sur une plate-forme flottante ou pontone, ils pouvaient s'adapter aux différents niveaux d'eau du fleuve. Sur le pontone se trouvaient la roue et un cabanon en bois qui abritait la meule, tandis qu'un petit ponton appelé peagno les reliait à la berge. Attestés depuis le Moyen Âge, nombre d'entre eux étaient contrôlés par les différents monastères de la région qui, durant l'Antiquité, avaient le droit d'exploiter les eaux du fleuve.
Des groupes de moulins étaient en particulier situés près de la basilique San Zeno, dans la partie du fleuve comprise entre la cathédrale et l'église San Giorgio in Braida, et près de via Sottoriva. Leur nombre augmenta au fil des siècles jusqu'à dépasser les 400 unités au cours du XIXe siècle, puis diminua sensiblement en raison de l'industrialisation croissante de Vérone, jusqu'à leur disparition totale au début du XXe siècle.
La crue du 16 septembre 1882, qui envahit une grande partie de la ville en détruisant des centaines de maisons, deux ponts et en faisant plusieurs victimes, obligea à modifier profondément la structure des cours d'eau. De nombreux ouvrages ont été construits entre 1885 et 1899, changeant pour toujours l'apparence de la ville. Le lit de l'Adige a été élargi et nettoyé, les murs ont été construits le long du passage du fleuve dans la ville, l'Adigetto et le canal de l'Acqua Morta ont été enterrés. Pour réduire le débit de la rivière le long de son parcours urbain, le canal industriel Camuzzoni a été construit, qui à partir de Chievo (où en 1923 a été construit un pont-digue) s'étend sur 7,5 km en direction sud-est jusqu'à ce qu'il retrouve l'Adige en aval de la ville.