Vénus est la déesse de l'amour, de la séduction, de la beauté féminine dans la mythologie romaine. Elle a été assez tôt assimilée à la déesse grecque Aphrodite.
À l'origine, Vénus présentait probablement des spécificités, mais après cette assimilation, dont on voit les premières traces au IIe siècle av. J.-C., Vénus devient la déesse de la beauté. Fille d'Ouranos et indirectement de Gaïa dans la cosmogonie héritée du poète grec Hésiode, elle est plus tard, à Rome, considérée comme la fille de Jupiter et de Dioné ; elle est toujours la mère d'Hermaphrodite qu'elle a eu avec Mercure, et de Cupidon (dieu de l'amour) qu'elle a eu avec Mars.
Dans les récits fondateurs romains, et notamment l’Énéide de Virgile, elle est la mère du héros troyen Énée qu'elle a eu avec le mortel Anchise. Elle apporte la victoire. Son lien avec la légende d'Énée renforce son caractère national et elle est choisie comme protectrice par les grands hommes d'État de la fin de la République.
À partir de la Renaissance, le thème vénusien est un grand favori des peintres et des sculpteurs qui reprennent plusieurs motifs tirés de la légende d'Aphrodite.
Son étymologie classique vient, d'après Varron, du verbe latin vincire « lier, enchaîner » car, dit-il, elle unit le feu mâle à l'eau femelle, d'où résulte la vie.
Pour la recherche moderne, le nom de la déesse est un ancien neutre abstrait, passé au féminin, dont le verbe uenerari (uenerare) est dérivé. Anciennement, uenerari n'est employé que pour exprimer une attitude de l'homme envers les dieux, plus précisément l'« effort pour charmer, pour capter la bienveillance du dieu ; uenerari, c'est tâcher de plaire » au dieu dont on espère, en retour, la gratitude, sa uenia. Le sens du substantif disparu *uenus devait indiquer ce mouvement séduisant auquel on comptait que le destinataire divin ne résisterait pas. Il est probable que le charme féminin avec son effet puissant sur les partenaires masculins ait été désigné par le même mot.
Avant le IIIe siècle, on ne connaît à Rome qu'un de ses cultes sous le vocable de Calua, « chauve », qui concerne l'un des aspects du charme féminin, la chevelure. Il commémorait le geste des matrones sacrifiant leurs cheveux soit durant le siège gaulois de 390 av. J.-C. (pour faire des câbles de machines), ou auparavant sous le règne d'Ancus, dans l'espoir que la reine et les autres femmes récupèrent leurs cheveux perdus lors d'une épidémie. Une statue aurait donc été élevée à « Vénus chauve ». Mais cette dévotion demeure obscure.
Son culte, ou plutôt celui d'une Aphrodite nommée Venus Frutis, était présent à Ardea au temps de la domination étrusque et à Lavinium dans le Latium où elle possédait un sanctuaire fédéral. Son plus vieux temple à Rome, celui de Venus Obsequens, c'est-à-dire « obéissante », fut bâti le 18 août 293 av. J.-C. Selon Tite-Live, c'est l'amende payée par les dames (matronae) accusées de luxure qui servit à élever le temple. Le 18 août fut alors le jour de festivités appelées Vinalia rustica. Le 1er avril, les Veneralia (en) étaient célébrées en l'honneur de Vénus Verticordia, "qui tourne les cœurs", protectrice de la chasteté féminine.
Le 23 avril 215 av. J.-C., le dictateur Fabius Maximus ordonna la construction d'un temple sur le Capitole, dédié à « Vénus Érycine » (Venus Erycina), celle-ci étant désormais considérée comme la libératrice de Rome contre les Carthaginois. Cette Aphrodite d'Éryx orienta le concept romain de Vénus vers celui d'une déesse plus complexe où dominait l'aspect plaisir et fécondité. Mais, pour les Romains, le souvenir de leur longue défense au mont Éryx met en exergue une autre puissance de la déesse : sa capacité à donner la victoire. Ainsi, les monnaies romaines qui la représentent lui confèrent diadèmes et couronnes de laurier et parfois au revers, commentant le droit, figure une Victoire. Le culte de la déesse fut strictement romanisé : ni les prostituées sacrées, ni les autres pratiques siciliennes ne furent retenues. Le 23 avril, un rite nouveau d'effusion de vins versés au ruisseau à partir de son temple la rattacha à la légende qui faisait donner la victoire à Énée par Jupiter.
Pendant la guerre contre les Ligures, en 184 av. J.-C., le consul L. Porcius Licinius voua un second temple à la Vénus d'Éryx. Il le lui dédia trois ans plus tard en tant que duumvir, en dehors de la ville, près de la porte Colline. Ce temple servait de cadre à un culte beaucoup plus proche du culte sicilien. Le sanctuaire se trouvait hors des murs de la ville selon la raison alléguée que « les passions inspirées par la déesse doivent être tenues loin des adolescents et des mères de famille ».
Du fait de la légende troyenne, le culte de Vénus prit au Ier siècle av. J.-C. un tour plus politique. Sylla, Pompée, César et Auguste se déclarèrent favoris de Vénus. Jules César introduisit « Vénus Génitrice » (Venus Genitrix) comme déesse de la maternité et du foyer, en tant que mère d'Énée (dont sa famille affirmait descendre) et Pompée érigea un temple en l'honneur de « Vénus Victorieuse » (Vénus Victrix). Sous Auguste, elle devint la protectrice officielle de la dynastie.
Transcription des mythes grecs dans la mythologie et la littérature romaines
Très tôt, Vénus s'approprie les attributs de la déesse Aphrodite selon l'habitude de l'interpretatio graeca. Le processus de personnification fut facilité par l'influence des Étrusques qui possédaient une déesse Turan, équivalent d'Aphrodite, et qui semble avoir tenu un rôle de déesse victorieuse.
Par corrélation avec Aphrodite, Vénus est considérée comme une déesse de la fertilité, de la végétation et de l'amour. Elle hérite de la généalogie de la déesse grecque et de ses légendes. On dit aussi qu'elle est née du sang d'Ouranos blessé par son fils Cronos. Elle est présentée comme l'épouse de Vulcain (dieu de la métallurgie, dieu forgeron…), mais elle le trompe avec son frère Mars (dieu de la guerre), conformément au trio Aphrodite/Héphaïstos/Arès. Cependant, le rapprochement de Mars et de Vénus à Rome n'est pas celui d'un couple au sens strict du terme. Les deux divinités présentent une qualité nationale affirmée : Mars en tant que dieu guerrier qui a présidé au succès des armes romaines et Vénus qui apparaît de plus en plus comme la puissance tutélaire des Énéades.
On lui octroie les principaux attributs de la déesse grecque : le miroir et la ceinture magique qu'elle prêtait parfois à Héra pour raviver l'amour de son époux volage, ce "ceste" où étaient renfermées les grâces, les attraits, le sourire engageant, le doux parler, le soupir le plus persuasif, le silence expressif et l'éloquence des yeux. Ils étaient un cadeau de mariage de Jupiter. Ses autres attributs sont le myrte, la colombe, le cygne et la pomme.
Selon Cicéron, il existerait quatre Vénus différentes :
la première, fille du Ciel et du Jour, avait un temple en Élide ;
la seconde est née de l'écume de la Mer (d'où le nom d'Aphrodite) ;