La Vénétie (prononcé : /ˈvenesi/ ; en italien : Regione Veneto, /ˈvɛːneto/ ; en vénitien : Rejón del Vèneto, /ˈvɛneto/) est une région du nord-est de l’Italie. Elle compte environ cinq millions d'habitants, étant la cinquième région la plus peuplée du pays, sur un territoire de 18 391 km2. Son chef-lieu est Venise (en vénitien : Venessia ; en italien : Venezia).
Avec 18 391 km2, la Vénétie est la huitième région italienne. Elle est délimitée à l'est par la région du Frioul-Vénétie Julienne, au nord-ouest par le Trentin-Haut-Adige, à l'ouest par la Lombardie, au sud par l'Émilie-Romagne et à l'est par la mer Adriatique. Dans son extrémité septentrionale, la Vénétie est limitrophe de l'Autriche.
Le point le plus septentrional est la Cima Vanscúro, près des confins autrichiens, tandis que la Punta di Goro, dans le delta du Pô, est le point le plus méridional de la région.
Du point de vue morphologique, la Vénétie peut être divisée en plusieurs zones :
la zone des Alpes et des Dolomites ;
les collines (Colli Euganei, Berici, Asolani) ;
la Plaine du Pô et de ses affluents (Adige, Brenta, Piave, Sile, Livenza), qui couvrent 56,4 % du territoire régional ;
la côte orientale du lac de Garde, le principal lac italien ;
la côte adriatique, basse et lagunaire.
La Vénétie est divisée en sept provinces ; la province de Belluno est la plus grande en superficie et la province de Padoue, la plus peuplée.
Pendant l'Antiquité, la Venétie fut une des onze régions de l'Italie romaine (Regio X Venetia et Histria) d'après le découpage administratif de la péninsule prévu par Auguste en l'an 7.
Après la fin de l'Empire d'Occident, la Vénétie passa sous l'autorité de l'Empire d'Orient, avant d'acquérir une indépendance de facto.
Par la suite, le territoire régional appartint pendant des siècles à la république de Venise.
En 1797, après environ un millénaire d'indépendance, la république fut conquise par Napoléon Bonaparte au terme de la campagne d'Italie et cédée à l’Autriche avec le traité de Campo-Formio. Après la défaite autrichienne d’Austerlitz et le traité de Presbourg, la Vénétie devint partie du Royaume napoléonien d’Italie (1805). Elle fut rendue à l’empire d'Autriche en 1815. En conséquence de la troisième guerre d'indépendance italienne, grâce à la victoire des alliés prussiens contre l’Autriche (Bataille de Sadowa, 1866), la Vénétie (avec le Frioul) fut cédée par l'Autriche à l'empereur Napoléon III qui la rétrocéda à son tour à l'Italie.
La Vénétie fut le théâtre de plusieurs batailles pendant la Première Guerre mondiale. La bataille de Vittorio Veneto scella la victoire italienne contre l’Autriche-Hongrie. L’armistice fut signé à Villa Giusti, près de Padoue. Elle fut amputée de sa partie orientale en 1945 avec la création d'une nouvelle région, le Frioul-Vénétie Julienne, afin de donner un « arrière-pays » à la ville de Trieste à la suite de l'annexion de l'Istrie par la Yougoslavie de Tito.
Jusqu’au début des années 1970, la Vénétie, région pauvre et agraire, fut une terre d’émigration massive. Entre 1870 et 1970, plus de 3 millions de Vénètes abandonnèrent leur patrie pour chercher une meilleure qualité de vie, émigrant surtout vers l’Amérique du Sud et après la Seconde Guerre mondiale aussi vers les pays les plus développés de l’Europe. Beaucoup d’entre eux émigrèrent vers d'autres régions d’Italie (Marais Pontins, les centres industriels du nord-ouest, Milan, Turin et Gênes).
À partir des années 1970, grâce à l’industrialisation massive, la Vénétie se transforma en terre d’immigration, au début de l’Italie du Sud, depuis les années 1990 surtout de l’étranger. En 2018 plus de 10 % de la population régionale est étrangère.
Outre l’italien, la majorité de la population parle vénitien. Il y a des minorités linguistiques ladines dans la province de Belluno et frioulanes dans la zone de Portogruaro. La région ne jouit pas d’un statut spécial d’autonomie, contrairement à ses voisins du Trentin-Haut-Adige et du Frioul-Vénétie Julienne. C’est pourquoi beaucoup de communes limitrophes de ces territoires ont organisé des référendums visant le rattachement aux régions autonomes avec statut spécial, lesquelles disposent d'un régime fiscal privilégié.