Ce Jour-là

USS Scorpion (SSN-589)

Navire de guerre

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L'USS Scorpion (SSN-589) est un sous-marin nucléaire d'attaque américain de la classe Skipjack et le sixième bâtiment de l'US Navy à porter ce nom. Le Scorpion est perdu en mer le 22 mai 1968, avec 99 marins à son bord, dans des circonstances floues. L'USS Scorpion est l'un des deux sous-marins nucléaires perdus par l'US Navy, le second étant l'USS Thresher en 1963. Il est l'un des quatre sous-marins à avoir mystérieusement disparu en 1968, les autres étant le sous-marin israélien INS Dakar, le sous-marin français Minerve et le sous-marin soviétique K-129.

L'épave retrouvée au bout de cinq mois de recherches se trouve à une profondeur de 3 300 mètres non loin de l'archipel des Açores. Son exploration a été menée lors de la découverte de celle du Titanic en 1985.

La quille de l'USS Scorpion est posée le 20 août 1958 au chantier naval Electric Boat, une filiale de General Dynamics Corporation, basée à Groton dans le Connecticut. Il est lancé le 19 décembre 1959, sous le parrainage d'Elizabeth S. Morrison, la fille du dernier commandant du dernier navire à avoir porté le même nom, l'USS Scorpion (perdu corps et biens en 1944). Le Scorpion est commissionné le 29 juillet 1960 et son commandement est confié à Norman B. Bessac.

Missions spéciales (1960–1967)

L'USS Scorpion est affecté à la Submarine Squadron 6, Division 62, il quitte la base navale de New London le 24 août pour une mission de deux mois dans les eaux européennes. Durant cette mission, il participe à des exercices avec des unités de la VIe flotte et des navires de pays membres de l'OTAN. À son retour en Nouvelle-Angleterre à la fin du mois d'octobre, il s'entraîne sur la côte est des États-Unis jusqu'au mois de mai 1961. Le 9 août 1961, le Scorpion rentre à New London, avant de partir pour Norfolk, un mois plus tard. En 1962, il obtient une Navy Unit Commendation.

La base navale de Norfolk sera le port d'attache du Scorpion pour le reste de sa carrière, il s'y spécialise dans les tactiques de détection des sous-marins nucléaires. Alternant les rôles de chasseur et de chassé, il participe à des exercices le long de la côte atlantique, autour des Bermudes et de Puerto Rico. De juin 1963 à mai 1964, il interrompt ses opérations et est placé en période d'entretien à Charleston. Il reprend du service à la fin du printemps, avant d'être à nouveau interrompu du 4 août au 8 octobre pour une patrouille transatlantique. Au printemps 1965, il conduit une patrouille similaire dans les eaux européennes.

À la fin de l'hiver 1965, au début du printemps et à l'automne 1966, le Scorpion est déployé pour des opérations spéciales. Après avoir mené à bien ces missions, son commandant reçoit une Navy Commendation Medal (en) pour son remarquable leadership, sa prévoyance et ses compétences professionnelles. D'autres officiers et marins du Scorpion sont également cités pour leurs réalisations méritoires. En 1966, le Scorpion parvient à entrer dans une mer intérieure russe[Laquelle ?] au cours d'un « Northern Run » et à filmer le lancement de missiles soviétiques à travers son périscope avant de réussir à s'enfuir poursuivi par des navires de la marine soviétique.

Le 1er février 1967, le Scorpion est envoyé pour entretien et réparations au Norfolk Naval Shipyard pour y subir une révision complète. À la place de cette révision complète, seules les réparations d'urgence sont effectuées avant que le bâtiment ne soit remis en service. Le programme SUBSAFE requerrait l'allongement de la durée des interruptions pour réparations, de 9 à 36 mois. Un examen minutieux de la qualité des composants du sous-marin était nécessaire, selon les consignes données par le commandement (SUBSAFE), couplé à diverses améliorations ainsi qu'à l'intensification des inspections structurelles — des inspections de la coque en particulier au moyen d'ultrasons — et à la réduction de la vulnérabilité de pièces vitales telles que les conduites d'eau de mer. Les tensions dues à la guerre froide obligeaient les officiers de la Submarine Fleet Atlantic (SUBLANT) à raccourcir les délais. La réparation du Scorpion est donc courte et coûte seulement un septième des sommes normalement dépensées pour la révision d'un sous-marin nucléaire à l'époque. Il s'agit du résultat de préoccupations concernant le « pourcentage élevé de temps hors-service » des sous-marins nucléaires d'attaque, estimé à environ 40 % du temps de service total.

La portée de la révision complète du Scorpion, prévue à l'origine, est réduite : et la mise aux normes SUBSAFE attendue depuis longtemps, avec notamment l'installation d'un nouveau système central de contrôle des vannes, n'est pas effectuée. Plus grave, son système d'urgence — celui-là même qui avait causé la perte du Thresher — n'est pas corrigé. Alors que le Charleston Naval Shipyard affirme que le système de remplissage d'urgence du principal ballast (Emergency Main Ballast Tank Blow - EMBT) fonctionnait en l'état, SUBLANT affirme au contraire que ce système était défectueux et l'EMBT « marqué » ou répertorié comme inutilisable. Les problèmes perçus, relatifs à la durée de révision, ont conduit à des retards dans tous les travaux de mise aux normes édictées par le SUBSAFE en 1967.

Le CNO, l'amiral David Lamar McDonald, valide la révision abrégée du Scorpion le 17 juin 1966. Le 20 juillet, McDonald diffère les améliorations demandées par le SUBSAFE, considérées comme non essentielles jusqu'en 1968.

Mission en Méditerranée (1967-1968)

Fin octobre 1967, l'USS Scorpion entame une série d'essais de formation et de perfectionnement aux systèmes d'armes. Il reçoit un nouveau commandant, Francis Slattery. À l'issue de cet entraînement, mené au large de Norfolk, il est envoyé le 15 février 1968 en mer Méditerranée pour une nouvelle mission. Il opère au sein de la VIe flotte au mois de mai avant de prendre le chemin du retour vers son port d'attache. Le Scorpion subit plusieurs dysfonctionnements mécaniques parmi lesquels une fuite chronique de gaz fréon à partir des systèmes de réfrigération. Un incendie d'origine électrique se déclare dans un tuyau d'échappement après qu'une fuite d'eau eut court-circuité une connexion d'alimentation alors que le bâtiment était à quai. Il n'existe aucune preuve que la vitesse du Scorpion ait été limitée à partir de mai 1968, même si de manière prudente il évitait de plonger à une profondeur supérieure à 500 pieds (152 m), en raison de la mise en œuvre incomplète des contrôles et modifications de sécurité prévues à la suite de la perte du Thresher.

Le sous-marin devant quitter la Méditerranée le 16 mai, deux hommes débarquent du Scorpion à Rota en Espagne, l'un pour une urgence familiale et l'autre (IC1 Joseph Underwood) pour des raisons de santé. Des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins américains opéraient à partir de la base navale américaine de Rota et il est probable que l'USS Scorpion assurait la couverture sonore pour USS John C. Calhoun les deux bâtiments entrant au même moment dans l'Atlantique où, immanquablement, des sous-marins d'attaque soviétiques essayeraient de détecter et de suivre le sous-marin nucléaire lanceur d'engins américain. Ce jour-là, deux sous-marins d'attaque soviétique de la classe November, pouvant naviguer jusqu'à 32 nœuds (59 km/h), étaient en position. Le Scorpion est ensuite envoyé pour observer les activités navales soviétiques dans l'Atlantique à proximité des Açores. Un sous-marin soviétique de la classe Echo-II opérait avec ce détachement spécial ainsi qu'un destroyer lance-missile. Ayant observé et écouté les unités soviétiques, le Scorpion s'apprête à retourner à la base navale de Norfolk.

Pendant une durée exceptionnellement longue, commençant peu avant minuit le 20 mai 1968 et se terminant après minuit le 21 mai, le Scorpion tente d'envoyer des messages radio à la base navale de Rota en Espagne sans succès et parvient à joindre une station de communication de la Navy Néa Mákri, en Grèce, qui a transféré les messages du Scorpion au ComSubLant. Le lieutenant John Roberts reçoit le dernier message du commandant Slattery, indiquant qu'il se rapprochait du groupe naval soviétique à une vitesse constante de 15 nœuds (28 km/h) et à une profondeur de 350 pieds (107 m) pour « commencer la surveillance des Soviétiques ». Six jours plus tard, les médias rapportent que le Scorpion qui était attendu à Norfolk ne s'était pas présenté.

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