Ce Jour-là

Turkménistan

Pays souverain d'Asie centrale indépendant depuis 1991

Anúncio

Le Turkménistan (en turkmène : Türkmenistan, /tʏɾkmønʏˈθːɑːn/) est un pays d'Asie centrale. Il est bordé par le Kazakhstan au nord-ouest, l'Ouzbékistan au nord-nord-est et à l'est, l'Afghanistan au sud-est, l'Iran au sud-sud-ouest et la mer Caspienne à l'ouest. Achgabat est la capitale et la plus grande ville. Il est l'un des six États turciques indépendants. Avec une population de 7 millions d'habitants, le Turkménistan est le 35e pays plus peuplé d'Asie. Il possède la plus faible population d'Asie centrale et est l'un des pays les moins peuplés du continent asiatique. La majeure partie de son territoire est couverte par le désert du Karakoum.

Le Turkménistan a longtemps servi de voie de passage pour plusieurs empires et cultures. Merv est l'une des plus anciennes villes-oasis d'Asie centrale et était autrefois l'une des plus grandes villes au monde. Elle était aussi l'une des plus grandes villes du monde oriental et constituait une étape importante de la route de la soie. Annexé par l'Empire russe en 1881, le Turkménistan a ensuite occupé une place proéminente dans le mouvement anti-bolchevique en Asie centrale, lors de la guerre civile russe. En 1924, il est devenu une république constitutive de l'Union soviétique, la République socialiste soviétique du Turkménistan. Il a déclaré son indépendance pendant la dislocation de l'URSS en 1991.

Le Turkménistan est l'un des pays les plus fermés et isolés au monde. Il est largement critiqué pour son irrespect des droits de l'homme, dont son traitement des minorités et son absence de liberté de la presse et de religion. Depuis son indépendance en 1991, il est dirigé par un régime totalitaire ayant recours au culte de la personnalité : d'abord par le président à vie Saparmyrat Nyýazow (également connu sous le nom de Türkmenbaşy, soit « chef des Turkmènes ») jusqu'à sa mort en 2006 ; puis par Gurbanguly Berdimuhamedow, élu président en 2007 après avoir remporté l'élection par fraude électorale ; et enfin par son fils Serdar Berdimuhamedow depuis 2022, à l'issue d'une élection présidentielle décrite par les observateurs internationaux comme ni libre ni équitable. Il partage désormais le pouvoir avec son père.

Le Turkménistan possède les cinquièmes plus grandes réserves mondiales de gaz naturel. De 1993 à 2019, les citoyens ont bénéficié gratuitement de l'électricité, de l'eau et du gaz naturel fournis par le gouvernement. Le Turkménistan se proclame comme un État neutre en matière de relations internationales. C'est un État observateur et associé de l'Organisation mondiale du commerce, de la Communauté des États indépendants et de l'Organisation des États turciques. Il est membre de l'Organisation des Nations unies, de l'Organisation internationale pour la culture turque et de l'Organisation de la coopération islamique.

L'histoire du Turkménistan s'étend sur plusieurs millénaires, comme l'atteste le site archéologique de Gonur-depe, dans le désert du Karakoum. Fondée il y a environ quatre mille ans et mise au jour en 1972 par l'archéologue soviétique Viktor Sarianidi, c'était l'une des villes principales de la culture de l'Oxus.

Au Ve siècle, des tribus nomades turcophones se sont implantées dans les régions désertiques d'Asie centrale. Elles sont alors sous la domination des khans mongols. Lors de la bataille de Gökdepe, les tribus sont soumises par l'Empire russe. Les territoires turkmènes sont alors intégrés à la vaste province du Turkestan russe.

En 1921, les autorités soviétiques du Turkménistan interdisent les mariages d'enfants, les mariages forcés et la polygamie (qui devient un délit passible de deux ans de camp de travail).

En 1924, la république socialiste soviétique du Turkménistan est créée sur les frontières actuelles. La création de la république voit la sédentarisation forcée des Turkmènes.

En 1948, un séisme touche Achgabat tuant près de deux tiers de la population soit près de 150 000 personnes.

Le 27 octobre 1991 a lieu la proclamation d'indépendance du Turkménistan.

Saparmyrat Nyýazow, ancien partisan des putschistes contre Mikhaïl Gorbatchev, était le premier secrétaire du parti communiste de la république socialiste soviétique du Turkménistan entre 1985 et 1991, puis président du Turkménistan, élu en 1992 à 99,5 % des suffrages exprimés, jusqu'à sa mort en décembre 2006. Il se fait élire président à vie en 1999.

Un très important culte de sa personnalité est encore en place, on trouve alors son visage presque partout dans le pays, des billets de banque jusqu'aux bouteilles de vodka. Il est rebaptisé Türkmenbaşy (ou en français le « père de tous les Turkmènes »). La fête nationale correspond à l'anniversaire du président, le 19 février. Une statue de Nyýazow d'une hauteur de 12 m, dorée à l'or fin, juchée sur une arche de 75 m de hauteur, l'Arche de la Neutralité, tourne sur elle-même dans la capitale Achgabat de manière que son visage soit toujours tourné vers le soleil. Les noms des mois de l'année sont changés, par exemple le mois de janvier prend pour nom Turkmenbachi, certains mots de la langue turkmène sont également modifiés dans le même sens, comme le mot pain. Le Ruhnama, livre prétendument de Nyýazow, publié en 2001, devient un élément essentiel du système éducatif national, représentant presque un tiers du temps de la scolarité et sa connaissance est nécessaire pour le passage d'examens, tels que le permis de conduire.

Durant sa présidence, le Turkménistan devient un des pays les plus fermés au monde, avec de graves entorses aux droits de l'Homme, sans opposition politique possible et un niveau de vie en forte dégradation dans les domaines de l'économie, de l'éducation et de la santé. De nombreuses bibliothèques et hôpitaux sont fermés dans le pays, au motif qu'ils ne sont pas nécessaires. La barbe, la moustache et les cheveux longs sont interdits pour les hommes, ainsi que les jeux-vidéo.

En décembre 2002, le pays connaît une répression et une purge politique à la suite d'un attentat à l'arme à feu contre Nyýazow.

Le 21 décembre 2006, Saparmyrat Nyýazow décède. Le vice-premier ministre Gurbanguly Berdimuhamedow est désigné pour organiser ses obsèques, puis comme président par intérim en attendant les prochaines élections, alors que ce rôle revenait constitutionnellement au président du Parlement, Ovezgeldi Ataiev qui est lui arrêté, ainsi que le ministre de la Défense, Agageldi Mamadgaldev et plus d'une centaine de fonctionnaires. Le Conseil du peuple fixe la date de l'élection présidentielle au 11 février 2007. Il modifie la Constitution turkmène afin de permettre au président par intérim Gourbangouly Berdimouhamedov de se présenter. Grand favori, il est élu avec 89 % des voix face à cinq prétendants. Il est officiellement investi le 14 février 2007, prêtant serment sur le Coran et le Ruhnama.

En avril 2008, les mois et les jours reviennent à leur nom d'origine à la suite d'une décision de Berdimoukhamedov. En septembre 2008, une nouvelle constitution est mise en place, remplaçant notamment le parlement de 2 500 représentants par un nouveau parlement de 125 représentants, dont l'élection a lieu en décembre 2008. La nouvelle constitution est présentée comme plus démocratique, respectant davantage l'économie de marché et le droit de la propriété.

En janvier 2010, le nouveau président Berdimuhamedow annonce le démontage imminent de l'Arche de la Neutralité, lequel est effectué durant le mois de mai 2010. Il est procédé à l'installation d'une statue du président Berdimuhamedow à l'emplacement de celle de l'ancien président, cette dernière étant déplacée vers la banlieue d'Achkhabat.

Si Berdimuhamedow inaugure une certaine ouverture économique, aucun progrès notable au niveau des droits de l'Homme n'a pu être observé. Il développe son propre culte de la personnalité en lieu et place de celui de Nyýazow, en se faisant appeler Arkadag, signifiant en turkmène, le protecteur. Il fait ainsi construire une statue dorée de 21 m dressée sur un socle en marbre. Certains progrès ont tout de même lieu, comme la reconnaissance des diplômes étrangers, un accès à internet, l'arrêt de l'interdiction de l'opéra et du cirque, ainsi que le rétablissement de l'Académie des sciences du Turkménistan. L'usage du Ruhnama se réduit fortement.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Turkménistan | World in Stories