Tung Chee-hwa (chinois : 董建華 ; pinyin : Dǒng Jiànhuá ; cantonais Jyutping : Dung² Gin³waa⁴ ; la prononciation en shanghaïen /tʊŋ tʃi ɦwa/), né le 29 mai 1937 à Shanghai (Chine) et mort le 8 septembre 2026 à Hong Kong, est le premier chef exécutif de la région administrative spéciale de Hong Kong en république populaire de Chine.
Ancien homme d'affaires, Tung Chee-hwa exerce les fonctions de chef exécutif depuis le 1er juillet 1997, quand Hong Kong fut rendu par le Royaume-Uni à la Chine.
Le 10 mars 2005, Tung Chee-hwa démissionne en prétextant des problèmes de santé ; plusieurs commentateurs ont évoqué plutôt son incompétence pendant la crise économique de 1997-1998 et l'épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003. Les Hong-Kongais lui ont reproché sa loyauté au gouvernement de Pékin et son manque de charisme, et lui ont accordé le surnom le « vieux gâteux Tung » (sinogramme : 老懵董), un jeu de mots cantonais sur son nom de famille.
En octobre 2021, son nom est cité dans les Pandora Papers.
Né à Shanghaï (ou Zhoushan), la famille Tung déménage à Hong Kong quand il avait dix ans. Son père, Tung Chao Yung (en), un entrepreneur, y a réussi dans le secteur des transports maritimes.
Tung Chee-hwa, son fils aîné, assure la succession après la mort de son père. Cependant, les affaires sont mauvaises et cela nécessite un large prêt de la HSBC. Selon des comptes, le gouvernement de la Chine à l'époque, à travers son ami Henry Fok (en), lui aurait accordé des contrats pour le transport des armes[Lesquelles ?]. Cela pourrait expliquer la préférence forte manifestée par la Chine pour que Tung Chee-hwa soit nommé chef de l'exécutif malgré son manque d'expérience politique.
Élection du premier chef de l'exécutif
Au début de 1997, Tung Chee-hwa remporte l'élection facilement face à quatre autres candidats. Il est élu le premier chef de l'exécutif par le collège électoral de 400 électeurs de Hong Kong. Le chef de l'exécutif de Hong Kong n'a jamais été élu au suffrage universel — les précédents gouverneurs de Hong Kong, ayant tous été des Britanniques, nommés par la couronne britannique.
Avant la rétrocession, Tung Chee-hwa occupe le poste chef de l'exécutif désigné, avec l'aide d'un cabinet nouvellement constitué (Conseil exécutif de Hong Kong) et quelques hauts fonctionnaires secondés du gouvernement de Hong Kong pour aider la transition vers la souveraineté chinoise.
Le gouvernement désigné s'est mis au travail sur trois chantiers politiques : le logement, les personnes âgées et l'éducation. La construction de 85 000 appartements neufs tous les ans est prévue afin de réduire le prix des logements. La crise économique asiatique qui a bouleversé Hong Kong dans les mois suivant l'élection rend cet objectif immédiatement obsolète. En effet, l'effondrement des prix de l'immobilier est devenu un problème bien plus urgent entre 1998 et 2002.
Tung Chee-hwa prend le pouvoir formellement le 1er juillet 1997, avec une opinion publique favorable. Néanmoins, quelques mois plus tard, la conjoncture économique provoquée par la crise asiatique voit monter le taux de chômage et s'effondrer les valeurs boursières et immobilières, et provoque ainsi la perte de confiance en Tung et son gouvernement. Le marché d'immobilier n'était pas aidé par son grand projet de construction des logements.
Pendant le premier mandat de Tung Chee-hwa, un certain nombre de propositions de réformes, et une abondance des grands projets d'infrastructure ont été avancés, notamment le Cyberport (un parc technologique), un centre de médecine chinoise et le parc Disneyland de Hong Kong. Le président Jiang Zemin lui reproche certaines décisions prises sans consultations suffisantes préalables, notamment le manque de transparence du projet Cyberport, mis directement dans la main de Richard Li, fils du milliardaire Li Ka-shing, sans aucune consultation ni mise en concurrence, et l'interférence avec le marché signalé par le financement public d'une grande partie du projet du parc Disneyland. Trop souvent son administration a été perçue comme incompétente.
Le public le culpabilise, entre autres, pour la confusion qui accompagna l'ouverture du nouvel aéroport, la mauvaise gestion de l'épidémie de grippe aviaire, les réformes d'éducation gâchées, la débâcle sur le droit de résidence pour les enfants issus des Hongkongais, et les désaccords de ses vues politiques avec le secrétaire en chef, Anson Chan.
Selon les textes, un candidat doit accumuler un minimum de 100 nominations avant de pouvoir contester l'élection du chef de l'exécutif. En obtenant 714 voix parmi les 800 voix disponibles au collège électoral, Tung Chee-Hwa assure sa victoire sans devoir contester une élection.
La popularité de Tung Chee-hwa, en chute libre, atteint 47 % en fin août 2002.
Le nouveau système de gouvernance instauré par Tung Chee-hwa au début de son deuxième mandat en 2002 transforme la responsabilité du chef de l'exécutif, du ministre des Finances, du ministre de la Justice et de tous les autres responsables ministériels : afin d'avoir une meilleure cohérence politique, ils ne sont plus des fonctionnaires politiquement neutres, mais ont désormais des affiliations politiques et sont directement nommés par le chef de l'exécutif. Ils font aussi automatiquement partie du « cabinet » (le Conseil exécutif de Hong Kong).
Les chefs du parti libéral et DAB ont été invités à participer au Conseil exécutif et à la coalition gouvernante, mais il n'y avait aucune représentation des démocrates.
En septembre 2002, la première proposition de loi majeure de la 2e administration Tung est de mettre en application l'article 23 de la loi fondamentale de Hong Kong. L'initiative a entraîné une réponse hostile des avocats, journalistes et de certaines personnalités politiques. Le gouvernement n'arrive pas à rassurer le public, qui craint l'érosion systématique des libertés dont il jouissait auparavant.