Tsahal, en hébreu צה"ל, acronyme de צְבָא הַהֲגָנָה לְיִשְׂרָאֵל (Tsva ha-Haganah le-Israël, ), signifiant « Force de Défense d'Israël » (FDI, soit en anglais : Israel Defense Forces ou IDF, traduit officiellement en français en « Armée de défense d'Israël ») est l'armée de l'État d'Israël.
Tsahal est classée 15e puissance militaire mondiale en 2025, selon l'indice Global Fire Power, et la 2e puissance militaire du Proche-Orient après la Turquie et devant l’Égypte.
Controverses sur le nom officiel
L'appellation officielle de l'armée israélienne est « Armée de Défense d'Israël », connue aussi sous son acronyme en hébreu Tsahal (initiales de Tsva Haganah Lé-Yisrael). Pour différentes raisons, cette dénomination est sujette à controverse en raison du terme « défense » — haganah, en hébreu.
À l’époque du mandat britannique, la Haganah désigne la principale force militaire clandestine de la communauté juive en Palestine, le Yishouv. Les sionistes de droite, qui agissaient également au sein de deux petites formations dissidentes — Irgoun et Lehi —, pratiquant le terrorisme contre les Anglais et les Arabes palestiniens, reprochent à l'appellation officielle son allusion à la Hanagah, qui avait une importante composante de gauche. C'est pourquoi, après la création de l’État d’Israël, Menahem Begin préfère, pendant plusieurs années, utiliser le terme « armée d’Israël » et non « Tsahal ».
Également, selon le juriste François Dubuisson, le terme à présent de « défense » devient problématique dans la mesure où cette armée, dite défensive, a pourtant envahi le Liban, en 1978, en 1982, en 2006, en 2026, la Syrie, avec l'occupation du Golan, annexé en 1981, et « occupe encore la Palestine ». Aussi, considère-t-il que l'expression « Armée israélienne » permettrait une approche plus neutre.
Groupes paramilitaires sionistes dans la Palestine mandataire
Les origines de l'armée israélienne remontent à la fondation de la Haganah en 1920, chargée de la défense de toutes les implantations juives, notamment les kibboutz et les moshavs. La Haganah est fondée en réponse aux émeutes et aux attaques antijuives, dans le but d'assurer la défense des communautés.
Au cours de la progression du conflit entre les Arabes et les Juifs en Palestine mandataire (jusqu'en 1922), deux autres groupes armés se forment, moins importants, utilisant selon Benny Morris des « méthodes terroristes » : il s'agit de l’Irgoun, liée au mouvement sioniste révisionniste créé en 1931 et du Lehi, scission de l'Irgoun et apparu fin 1940 qui alignent respectivement environ 3 000 et 1 000 combattants, la Haganah comptant environ 20 000 combattants. Le Palmach, formé d'environ 2 000 commandos, sera ultérieurement créé en 1941. À partir de 1947, et au vu des perspectives de fondation du futur État juif, ces groupes armés sont progressivement réorganisés et professionnalisés tandis qu'ils participent à la guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire.
La 4e ordonnance datée du 26 mai 1948 prise par le gouvernement israélien dirigé par David Ben Gourion décrète officiellement l'unification des différents groupes paramilitaires sous la bannière unique de l'Armée de défense d'Israël. Ainsi, dès la proclamation de l'Indépendance de l'État d'Israël par David Ben Gourion le 14 mai 1948 au sein de l'ancien Musée des Beaux-Arts à Tel Aviv, les forces armées de Tsahal issues de la Haganah doivent affronter les attaques d'une demi-douzaine d'armées arabes de la région, au cours de la guerre israélo-arabe de 1948-1949 qu'Israël considère comme sa guerre d'Indépendance. Tsahal se bat alors aussi contre les Arabes palestiniens - environ 12 000 - et les 5 000 à 6 000 hommes de l'Armée de libération arabe. Enfin, elle conquiert, expulse et détruit des centaines de villages arabes (voir Le Nettoyage ethnique de la Palestine) tout en commettant des dizaines de massacres.
Pour souligner l'importance historique de la transformation des groupes paramilitaires en une armée nationale, Alain Dieckhoff écrit : « Les circonstances hostiles qui présidèrent à la naissance d'Israël ont d'emblée donné à l'armée un poids déterminant comme garant de la survie du nouvel État. L'armée était d'ailleurs magnifiée non seulement pour son rôle de protection mais pour son action décisive – via le service militaire – dans la consolidation d'un sentiment national partagé. Israël devait être une nation en armes, et Tsahal devait être l'armée de la nation : en un certain sens, nation et armée ne faisaient plus qu'un ».
L'armée durant la seconde moitié du XXe siècle
En 1956, Israël, la France et le Royaume-Uni s'accordent sur une attaque de l'Égypte dont le but est la reprise du contrôle du canal de Suez qui avait été nationalisé par Gamal Abdel Nasser, le déblocage du golfe d'Aqaba et l'éloignement de Nasser du pouvoir égyptien. Par l'opération Kadesh, l'invasion du Sinaï débute le 29 octobre 1956 à 3 h 0 du matin. Les Mustangs de l'armée de l'air israélienne lancent une série d'attaques contre des positions égyptiennes dans tout le Sinaï. Des parachutistes et les troupes de l'armée de terre pénètrent dans le Sinaï. En une semaine, l'armée israélienne s’empare de la majeure partie de la péninsule du Sinaï et lève le blocus du golfe d'Aqaba. Cependant, l’objectif de contrôler le canal de Suez est un échec, même si les troupes britanniques, françaises et israéliennes contrôlent le canal. Les Égyptiens ont eu le temps de saborder une quarantaine de navires à l'intérieur du canal, bloquant de fait tout passage dans le canal.
Après une très forte pression internationale, les Britanniques décident d'un cessez-le-feu le 6 novembre, sans en avertir préalablement leurs alliés sur place. Les premières troupes des Nations-Unies arrivent le 21 novembre et les troupes françaises et britanniques finissent leur départ le 23 novembre. Cependant, l'armée israélienne continue d'occuper le Sinaï jusqu'en mars 1957. L'armée israélienne a su se forger une image même si ses troupes terrestres et aéroportées ont connu des difficultés sur le terrain notamment à cause d'une mauvaise logistique. L'armée de l'air, elle, s'est particulièrement distinguée et a eu un énorme impact sur les opérations au Sinaï. Après plusieurs défaites aériennes, l'aviation égyptienne s'est retirée dans l'arrière-pays et n'a donc pas pu assister les troupes au sol. L'aviation israélienne a donc eu une domination aérienne totale dans le Sinaï et ses avions ont fait un carnage dans les formations de blindés égyptiens qui étaient en train de traverser le désert.
La guerre a démontré qu'Israël était capable d'exécuter des manœuvres militaires à grande échelle en plus de petits raids nocturnes et d'opérations de contre-insurrection.
Le 5 juin 1967, l'armée de l'air israélienne lance une attaque préventive contre les bases aériennes égyptiennes. L'opération Focus deviendra une des opérations aériennes les plus connues et les plus efficaces de l'histoire. En une nuit, les avions israéliens détruisent environ 450 avions de combat encore au sol et mettent hors d'état 18 bases aériennes. Puis l'armée de terre pénètre en Égypte, en Jordanie et en Syrie et Israël réussit à conquérir la bande de Gaza, la Cisjordanie, le Sinaï puis le plateau du Golan.
L'écrasante victoire éclair d'Israël la place également au rang de puissance militaire principale au Moyen-Orient et lui fait alors acquérir un immense prestige à l'échelle mondiale.
La guerre du Kippour commence le 6 octobre 1973, le jour du jeûne juif, lorsque les forces égyptiennes et syriennes lancent une attaque surprise et franchissent leurs lignes de cessez-le-feu avec Israël et envahissent la péninsule du Sinaï et le plateau du Golan. Les forces égyptiennes traversent le canal de Suez lors de l'opération Badr et avancent dans la péninsule du Sinaï ; les Syriens lancent une attaque coordonnée sur les hauteurs du Golan pour coïncider avec l'offensive égyptienne et ont d'abord fait des gains sur le territoire sous contrôle israélien.