Ce Jour-là

Transidentité

Fait d'avoir une identité de genre différente du genre assigné à la naissance

Anúncio

La transidentité est le fait, pour une personne transgenre, d'avoir une identité de genre différente du genre assigné à la naissance, contrairement à une personne cisgenre, qui vit, quant à elle, en situation de cisidentité. Les termes « transsexuel » et « transsexualisme » sont des termes médicaux anciens, abandonnés par la plupart des médecins et fréquemment considérés comme pathologisants. Les femmes trans sont des femmes qui ont été assignées hommes à la naissance. À l'inverse, les hommes trans sont des hommes qui ont été assignés femmes à la naissance, tandis que les personnes non binaires ne sont ni strictement homme, ni strictement femme, mais entre les deux, un mélange des deux, ou aucun des deux.

Si la plupart des concepts utilisés sont récents, des cas de changements d'identité sont documentés depuis des milliers d'années, et les identités de genre en dehors de la binarité sont fréquentes dans les civilisations non occidentales. L'approche médicale se développe à partir des années 1910 et 1920 en Allemagne, avec les premières hormonothérapies et opérations chirurgicales, et se démocratise dans la seconde moitié du XXe siècle.

Les personnes trans subissent de très fortes discriminations, notamment en raison de la transphobie. Les personnes trans sont au quotidien les victimes de nombreuses violences transphobes, parmi lesquelles le mégenrage et l'utilisation de leur morinom, et pouvant aller jusqu’au crime de haine. Les personnes trans subissent une forte discrimination à l'embauche et au travail.

La communauté trans fait partie de la communauté LGBT et dispose de ses propres symboles. Les personnes trans restent très peu représentées dans de nombreux domaines mais cette représentation semble en progrès. Les différentes études semblent indiquer que la part des personnes transgenres dans la population générale est comprise entre 0,1 % et 2 %.

À partir de la fin du XIXe siècle apparaît le concept d'inversion sexuelle, qui regroupe tout ce qui ne relève pas de l'hétérosexualité. Le début du XXe siècle introduit la distinction entre, d'une part, l'homosexualité, et, de l'autre, la transidentité.

En 1910, Magnus Hirschfeld introduit le concept de « travesti » dans Die Transvestiten, en lui donnant le sens large de personne dont l'expression de genre (vêtements, maniérismes) ne correspond pas, ponctuellement ou en permanence, à son genre de naissance. Havelock Ellis utilise le terme d'« éonisme », inspiré de Charles d'Éon de Beaumont, pour décrire la même chose. Au cours du xxe siècle une distinction se cristallise entre travestissement et transidentité grâce à la conceptualisation d'identité de genre : le travestissement devient défini comme l'expression de genre qui ne correspond pas à son identité, tandis que la transidentité est le fait d'avoir une identité de genre qui ne correspond pas à celle assignée à la naissance.

Dans les années 1950, la transidentité est pensée dans une perspective médicale, c'est-à-dire par le changement du corps via chirurgie ou prise d'hormones, se faisant appeler « transsexualisme » ou « transexualité ». À la fin des années 1960, la militante trans Virginia Prince popularise le terme de « transgenre » pour parler de personnes qui ont transitionné socialement, mais pas médicalement. Cette distinction reste en place plusieurs décennies, mais après la publication du livre Transgender Liberation de Leslie Feinberg en 1992, le mot « transgenre » devient plus généraliste. Il se démocratise fortement à partir de 2015, tout en étant graduellement remplacé par l'abréviation « trans ». Le nom « transsexualisme » et l'adjectif « transsexuel » deviennent datés, remplacés par « la transidentité » ou « les transidentités », pour mettre l'accent sur la diversité des ressentis et des parcours.

Le terme « transitude » est aussi utilisé au Québec, et commence à l’être en France. En effet, certaines publications en études de genre et en sociologie préfèrent le terme « transitude » à celui de transidentité pour désigner le fait d'être trans (équivalent du terme anglais transness), mettant l’accent sur l’état social et corporel d’une personne trans plutôt que sur une identité psychologique ou administrative. Dans le cadre des études critiques sur les théories trans, des chercheurs ont proposé une réflexion autour de transitude comme alternative au modèle identitaire, en soulignant les trajectoires sociales, corporelles et politiques (notamment médicales) plutôt que sur une essence identitaire. Enfin, des travaux de recherche en sociologie et en études du genre utilisent également ce terme pour étudier l'épistémologie au sens de production des savoirs.

La personne concernée se dit « transidentitaire », « transgenre » ou simplement « trans » ; il n'y a pas de réel consensus sur la différence de signification entre ces adjectifs. Les personnes n'étant pas trans sont qualifiées de « cisgenres », terme construit en opposition à « transgenre » au plus tard dans les années 1990.

Conceptions non binaires du genre

Si la construction du terme « transidentité » se fait essentiellement en contexte occidental, il existe de nombreuses autres identités, spécifiques à des contextes culturels donnés, qui relèvent de positions sociales similaires à celles des personnes trans. Leur rattachement aux transidentités se fait au travers des études trans, en parallèle de la redécouverte de l'histoire de la transidentité.

Le terme bispiritualité naît pour regrouper sous un même terme les différentes identités ni homme ni femme autochtones d'Amérique du Nord. Des Ojibwés proposent l'utilisation de ce mot pour plus de spécificité et pour se distancer des représentations occidentales de la non-binarité. Il regroupe de nombreuses identités spécifiques à une nation, tels que winkte en lakota, nádleehé en navajo ou hwame en mojave. En 1994, la proposition du nouveau mot est adoptée à la majorité.

Des identités de genre intermédiaires, entre les polarités cisgenres, existent dans de nombreuses cultures, notamment les acaults en Birmanie, les fakafefine aux Tonga, fakafafine à Wallis-et-Futuna, les mukhannathun dans l'islam, fa'afafine aux Samoa, rae rae en Polynésie, mahus à Hawaï, new half au Japon, hijras en Inde, muxe chez les Zapotèques du Tehuantepec Juchitan, vierge sous serment en Albanie, woobie en Côte d'Ivoire, femminielli en Italie, etc. En Thaïlande et au Laos, le terme katoï correspond à une identité de genre qui correspond largement aux personnes transgenres homme vers femme et aux hommes gay efféminés.

Les identités genderqueer, aussi appelées non-binarité, sont conceptualisées dans les années 1980 ou 1990 pour désigner les personnes qui ne sont ni femmes ni hommes. Ce terme regroupe de nombreuses identités, telles que la fluidité de genre ou le fait d'être agenre. Contrairement aux systèmes de genre non binaires, qui attribuent une place sociale définie aux identités non binaires (qui peut toutefois être stigmatisante), la non-binarité n'a pas de rôles de genre propres dans les sociétés occidentales.

La transidentité ne dépend pas de l'expression de genre, et inversement : on peut avoir une apparence androgyne ou se travestir sans remettre en cause son genre attribué à la naissance.

Certaines lesbiennes butch, c'est-à-dire à l'expression de genre masculine, peuvent s'approprier ou rejeter l'étiquette de personnes transmasculines, de même que des hommes trans peuvent ou non se qualifier de butch. En 1988, Jacob Hale suggère l'idée d'une zone frontière regroupant les femmes lesbiennes butch et les hommes trans : l'idée est critiquée plusieurs décennies plus tard. Des femmes trans peuvent également se qualifier de butch et donc ne pas répondre aux codes sociaux de l'apparence féminine.

Le sens du terme « travestissement » a évolué depuis Magnus Hirschfeld et les années 1920. Il signifie dorénavant un changement de l'expression de genre sans que l'identité de genre ne soit forcément différente. Il est ludique s'il n'est qu'un déguisement, transgressif dans le cadre du drag et peut aussi être un travestissement de commodité plus difficile à différencier de la transidentité et servant à accéder aux rôles de l'autre genre, par exemple dans le cas des saintes travesties ou des vierges sous serment. Le travestissement peut être une première étape de « test » ou de prise de conscience avant une transition chez les personnes transgenres, ou un compromis dans une société très discriminante.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Transidentité | World in Stories