Ce Jour-là

Traian Băsescu

Homme d'État roumain

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Traian Băsescu, né le 4 novembre 1951 à Basarabi (aujourd'hui Murfatlar), près de Constanța (județ de Constanța), est un homme d'État roumain. Il est président de Roumanie de 2004 à 2014.

Ancien officier de marine marchande, il est ministre des Transports à plusieurs reprises entre 1991 et 2000, puis maire de Bucarest et président du Parti démocrate (PD), qu'il oriente vers le centre droit de l'échiquier politique.

Après avoir remporté l'élection présidentielle de 2004 face au candidat de centre gauche Adrian Năstase, il devient président de la Roumanie. Il est réélu de justesse pour un second mandat lors du scrutin présidentiel de 2009 face à Mircea Geoană. À deux reprises, en 2007 et 2012, il est suspendu de ses fonctions par le Parlement, mais les référendums qui s'ensuivent ne permettent pas sa destitution. Sa présidence est marquée par l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne, par un renforcement de la lutte contre la corruption et par les conséquences de la « Grande Récession ».

Président du Parti Mouvement populaire (PMP) de 2015 à 2018, il est élu sénateur en 2016 et député européen en 2019.

Traian Băsescu est le fils d'un commissaire politique communiste de l'armée roumaine, Dumitru Băsescu, affecté à partir de 1949 au 18e régiment de blindés de Basarabi, et camarade de promotion des généraux Victor Atanasie Stănculescu et Vasile Milea, qui, en 1989, prennent une part déterminante au renversement de Nicolae Ceaușescu. Il a un frère, Mircea, né en 1953.

En 1977, Traian Băsescu sort diplômé de l'Institut naval de Constanța et devient officier de marine pour la compagnie d'État NavRom, qui a succédé au SMR. Entre 1981 et 1987, il est capitaine du cargo mixte Biruința, le plus grand navire de la flotte marchande roumaine. À partir de 1989, Băsescu est le responsable de l'agence NavRom à Anvers, le troisième port d'Europe à cette époque.

Après la révolution de décembre 1989, il entre dans l'arène politique aux côtés d'Ion Iliescu et de Petre Roman, et devient ministre des Transports dans les gouvernements Roman et Stolojan entre 1991 et 1992. Lorsque le Front de salut national (FSN) se divise entre une aile conservatrice incarnée par Iliescu et une aile réformatrice incarnée par Roman, Băsescu reste au FSN aux côtés de Roman, lorsque, en 1993, le parti prend le nom de Front de salut national-Parti démocrate (FSN-PD). Il devient député de ce parti, de 1992 à 1996.

Băsescu dirige l'équipe de campagne de Petre Roman lors de l'élection présidentielle de 1996. Ce dernier échoue contre Emil Constantinescu, le candidat libéral, mais Băsescu est réélu au Parlement. Il redevient ministre des Transports des gouvernements de coalition de centre droit de Victor Ciorbea, Radu Vasile et Mugur Isărescu, entre 1996 et 2000. Dans le même temps, il est mis en cause dans le dossier « Flota », une affaire concernant des pots-de-vin perçus lors de la privatisation de la marine marchande roumaine, mais il n'est pas poursuivi, la justice ayant conclu à l'absence de tout dommage.

Considéré comme charismatique, il est élu, en juin 2000, maire de la capitale de la Roumanie, Bucarest, avec 50,7 % des voix au second tour, face au social-démocrate Sorin Oprescu.

Le 19 mai 2001, il est élu à la présidence du Parti démocrate, qui vient de changer de nom, face à son fondateur, Petre Roman, qui avait obtenu seulement 3 % des voix à l'élection présidentielle de 2000. Alors que le PD est social-démocrate, Traian Băsescu l'oriente progressivement vers le centre droit. En 2003, en vue des élections de l'année suivante, il organise une coalition avec le Parti national libéral (PNL), l'Alliance Justice et Vérité (DA). Cette coalition soutient la candidature à l'élection présidentielle de Theodor Stolojan, ancien Premier ministre libéral.

Élection présidentielle de 2004

À la suite du désistement de Theodor Stolojan officiellement pour des raisons de santé, Traian Băsescu se présente au nom de l'Alliance Justice et Vérité face au Premier ministre social-démocrate, Adrian Năstase.

Pendant la campagne présidentielle, il prend des positions tranchées visant à mettre fin aux privilèges des élus, à ouvrir les archives de la Securitate, à restituer aux propriétaires d'origine les biens personnels confisqués par le régime communiste et vainement revendiqués depuis quinze ans, à accélérer la mise du pays aux normes juridiques et économiques européennes. Il suscite ainsi une levée de boucliers politique et médiatique dépassant les clivages politiques. Accusé d'être un ancien communiste et d'être corrompu, il réplique à Adrian Năstase, lors d'un débat télévisé d'entre deux tours : « Cite-moi un seul politique, un seul candidat qui n'ait pas été communiste et qui arrive à vivre uniquement de son salaire, et je me désiste tout de suite pour lui. Oui, j'ai été communiste, oui, j'ai fait du business, mais moi au moins je l'avoue. »

Traian Băsescu remporte le second tour de l'élection présidentielle, le 12 décembre 2004, avec 51,23 % des voix. Sa victoire, qui constitue une surprise, est mise en parallèle avec la révolution orange, qui a lieu à la même période en Ukraine, en raison de ses positions réformistes et de la couleur orange utilisée par la coalition victorieuse.

Il devient officiellement le troisième président de Roumanie post-communiste, pour un mandat de cinq ans, le 20 décembre 2004. Il quitte alors ses fonctions de maire de Bucarest et de président du Parti démocrate.

Călin Popescu-Tăriceanu, président du Parti national libéral, allié du Parti démocrate de Traian Băsescu au sein de l'Alliance Justice et Vérité, devient Premier ministre le 29 décembre 2004. Alors que la société civile a joué un rôle important pendant la campagne présidentielle, la juriste Monica Macovei devient ministre de la Justice. Celle-ci, avec le soutien de Băsescu, mène de nombreuses réformes malgré l'opposition de parlementaires, y compris de la majorité présidentielle. Elle renforce notamment les pouvoirs des procureurs et assure leur indépendance, ce qui permet à plusieurs enquêtes de corruption de haut niveau d'aboutir : des membres du Parlement, notamment Adrian Năstase, ministres et membres des autorités judiciaires ou policières sont poursuivis.

Traian Băsescu est le premier chef d'État roumain à condamner officiellement les crimes des communistes dans un discours au Parlement, le 18 décembre 2006, malgré les sifflets d'une partie des élus. Il déclare notamment : « Pour les citoyens roumains, le communisme a été un régime imposé par un groupe politique qui s'est proclamé gardien de la vérité, un régime totalitaire issu de la violence et qui a fini dans la violence. C'était un régime oppressif qui a exproprié la population roumaine pendant cinq décennies d'histoire moderne. Il a violé les lois et forcé les citoyens à vivre dans le mensonge et la peur. Des enquêtes approfondies et des déclarations de témoins ont souligné la nature antipatriotique du régime communiste. Au vu de cela nous pouvons conclure que le régime communiste qui a gouverné la Roumanie de 1945 à 1989 a été illégitime et criminel. »

Le 5 avril 2007, alors que les tensions entre le président et le Premier ministre Călin Popescu-Tăriceanu se renforcent, celui-ci forme un nouveau gouvernement sans le Parti démocrate, mais avec le soutien du Parti social-démocrate. Une procédure de destitution est alors lancée contre Traian Băsescu, que ses opposants accusent d'avoir adopté une « attitude partisane », en raison notamment de son « refus injustifié de nommer des ministres proposés par le Premier ministre ». Le Parlement vote la suspension des fonctions du président Băsescu le 19 avril 2007, par 322 voix contre 108 et 10 abstentions ; celle-ci devient effective le lendemain. Aux termes de la Constitution roumaine, un référendum est organisé le 19 mai pour décider si le président reprendra ses fonctions ou non. En attendant, Traian Băsescu reste président de Roumanie, mais ses fonctions sont assurées par le président du Sénat, Nicolae Văcăroiu. Les résultats du référendum constituent une large victoire pour le président, puisque le « non » l'emporte avec 74,5 % des suffrages exprimés, ce qui décrédibilise la majorité parlementaire.

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