Ce Jour-là

Tony Shalhoub

Acteur et cinéaste américain

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Tony Shalhoub est un acteur, producteur et réalisateur américain, né le 9 octobre 1953 à Green Bay (Wisconsin, États-Unis).

Après avoir joué au théâtre et obtenu quelques petits rôles au cinéma, notamment dans Barton Fink des frères Coen (1991), sa carrière commence véritablement au cours des années 1990 grâce à la sitcom Wings de 1991 à 1997. Il participe ensuite à deux comédies de son ami Stanley Tucci : À table (1996) et Les Imposteurs (1998), puis enchaîne les seconds rôles au cinéma dans Men in Black (1997) et Men in Black 2 (2002), Couvre-feu (1998), Préjudice (1998), Galaxy Quest (1999), Spy Kids (2001) ou encore The Barber (2001), tout en étant la tête d’affiche du film d’épouvante 13 fantômes (2001).

À partir du début des années 2000, il se fait connaître du grand public grâce à son rôle de détective dans la série Monk pour lequel il remporte un Golden Globe, trois Primetime Emmy Awards et deux Screen Actors Guild Awards aux États-Unis. Tout en continuant de jouer son personnage d’Adrian Monk à la télévision, il participe au film d’animation Cars réalisé par les studios Pixar en 2006, et joue dans de nombreux courts et longs métrages comme Dans les cordes (2004), Chambre 1408 (2007) et AmericanEast (2008).

Lorsque la série Monk s’achève en 2009, Tony Shalhoub fait un retour remarqué sur les planches en jouant à Broadway dans les pièces Golden Boy (2012-2013), Act One (2014) et The Band’s Visit (2017-2018) pour laquelle il remporte le Tony Award du meilleur acteur dans une comédie musicale en 2018. Il continue également à doubler le personnage de Luigi dans Cars 2 (2011) et Cars 3 (2017), ainsi que le personnage de Splinter dans Ninja Turtles (2014) et Ninja Turtles 2 (2016). De 2017 à 2023, il tient à nouveau un rôle récurrent dans une série comique intitulée Mme Maisel, femme fabuleuse pour lequel il a remporté un Primetime Emmy Award en 2019.

Marié à l’actrice Brooke Adams depuis 1992, il a réalisé avec elle un long métrage intitulé Made-Up en 2002 et assume régulièrement les fonctions de producteur. Personnalité engagée en faveur du parti démocrate, il participe à une meilleure intégration des Arabo-Américains dans l’industrie cinématographique hollywoodienne, notamment en raison de ses origines libanaises.

Jeunesse et débuts au théâtre (1953-1985)

Tony Shalhoub est d’origine libanaise. Son père Joseph, orphelin à l’âge de huit ans, immigre aux États-Unis en août 1920 en passant par Ellis Island. Après sa naturalisation américaine, il réussit à trouver un emploi comme transporteur et vendeur de viande dans le Wisconsin. Il se marie ensuite à Helen et fondent ensemble une famille à Green Bay, où Anthony naît le 9 octobre 1953. Leur quatrième garçon grandit au milieu d’une fratrie de dix enfants. « J’étais naturellement disposé à me donner en spectacle », se souvient l’acteur. « Lorsque mes frères et sœurs rentraient de l’école, je courais à l’étage de la maison où ils dormaient pour les réveiller et leur jouer des sketchs de pacotille que j’avais inventés ou que j’avais vus à la télé. » Sa grande sœur Susan lui fait vivre sa première expérience de théâtre à six ans en le faisant participer à une représentation de la comédie musicale Le Roi et moi dans son lycée. « J’ai toujours rêvé de devenir comédien. J’ai grandi dans une toute petite ville et il n’y avait aucune chance de pouvoir monter sur les planches ou d’être « découvert » comme acteur. Alors j’ai cherché autour de moi comment progresser dans cette voie », raconte Tony Shalhoub.

Une fois sa scolarité au lycée terminée, il entre à l’université du Wisconsin à Green Bay. Grâce à un programme d’échange, il étudie le théâtre à l’université du Maine du Sud à Portland et en sort diplômé en 1977. Il parvient ensuite à intégrer l’école d’art de l’université Yale à New Haven. « Même si j’aimais le théâtre, je ne pensais pas vraiment pouvoir y faire carrière », déclare-t-il. « J’imaginais que je deviendrais peut-être professeur ou quelque chose comme ça. Mais à l’école d’art dramatique, j’entrais véritablement dans l’univers du conservatoire. […] Je me suis alors retrouvé face à des gens qui avaient choisi d’en faire leur métier et j’ai commencé à croire que je pouvais moi aussi le faire. » À partir de 1977, encore étudiant, il participe à sept productions pour le théâtre du répertoire de Yale, puis rejoint en 1980 la compagnie professionnelle de l’American Repertory Theater à Cambridge pendant quatre saisons. Il joue notamment dans Les Trois Sœurs mis en scène par Andrei Șerban en 1982, En attendant Godot et Mesure pour mesure mis en scène par Andrei Belgrader en 1983, L’École de la médisance mis en scène par Jonathan Miller en 1983 et Six personnages en quête d’auteur mis en scène par Robert Brustein en 1984. L’année suivante, il part à New York et fait ses débuts à Broadway dans la pièce The Odd Couple mise en scène par Gene Saks avec Rita Moreno et Sally Struthers. La carrière de Tony Shalhoub est désormais lancée.

Une place à la télévision et au cinéma (1986-2002)

Un habitué des sitcoms : Wings et Stark Raving Mad

L’acteur est repéré pour jouer plusieurs rôles à la télévision, notamment un terroriste dans un épisode de la série Equalizer en 1986. Mais le fait que ses origines arabes soient utilisées pour des personnages plutôt caricaturaux ne l’enchante guère : « Je l’ai fait une fois, et une fois était déjà bien assez », dit-il en 2007. Au cours des années 1980, il participe également à de nombreux téléfilms comme Day One de Joseph Sargent où il interprète Enrico Fermi, un physicien italien à l’origine du premier réacteur nucléaire. À partir de 1991, Tony Shalhoub pratique l’accent italien pendant six ans au sein de la sitcom Wings où il interprète le conducteur de taxi Antonio Scarpacci, un personnage « [qui] voudrait être cool et branché afin d’appartenir au monde de Joe (Tim Daly) et Brian (Steven Weber), mais qui n’y arrive pas vraiment. Je crois plutôt qu’il montre aux autres que leurs vies ne sont pas si mauvaises que ça », déclare Tony Shalhoub à propos de ce rôle qui le fait pour la première fois connaître du grand public. Au bout de six saisons, il annonce son départ de la série diffusée sur NBC pour se consacrer à de nouveaux projets, deux ans après avoir participé en guest-star à l’épisode Ombre mortelle de X-Files.

En 1999, il tient de nouveau un rôle récurrent à la télévision dans la série Stark Raving Mad, toujours sur la chaîne NBC. Tony Shalhoub interprète cette fois un auteur de romans d’horreur dont le caractère est complètement incompatible avec celui de son éditeur, joué par Neil Patrick Harris, débouchant ainsi sur des situations comiques. La sitcom connaît de bonnes audiences, se classant à la 15e place des meilleurs programmes télévisés américains de l’époque, et remporte même le People’s Choice Award de la nouvelle série de comédie préférée du public. Pourtant, la production est arrêtée au bout de vingt-deux épisodes. Un chroniqueur de Variety écrit : « Harris et Shalhoub sont tous les deux des interprètes très talentueux et charismatiques. Mais il semblerait qu’ils aient besoin de briller autre part. » Les portes du cinéma se sont justement ouvertes pour le principal intéressé.

Un acteur récurrent chez les frères Coen et Stanley Tucci

Tony Shalhoub obtient son premier rôle au cinéma en 1986 dans La Brûlure de Mike Nichols avec Meryl Streep et Jack Nicholson. « J’ai dit à absolument tout le monde que j’étais dans ce film », explique l’acteur à Stephen Colbert en 2018. Mais le réalisateur décide finalement de couper ses scènes au montage et celui-ci apparaît seulement comme figurant dans un avion. Tony Shalhoub a plus de chance avec ses films suivants, notamment Hold-up à New York en 1990. Il y donne la réplique à Bill Murray dans une scène en taxi où il a dû inventer ses propres dialogues pour qu’ils ressemblent à « une sorte de charabia ». Par la suite, ses premiers rôles marquants lui sont offerts par les frères Joel et Ethan Coen : celui de Ben Geisler dans Barton Fink, Palme d’or au Festival de Cannes en 1991, puis celui de Freddy Riedenschneider dix ans plus tard dans The Barber. Pour ce rôle d’avocat dans la Californie des années 1940, certains critiques américains pressentent une nomination de l’acteur aux Oscars. Celle-ci n’aura pas lieu, mais Tony Shalhoub se veut malgré tout reconnaissant envers les deux réalisateurs.

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