Tony Blair (/ˈtəʊni blɛə(ɹ)/), de son nom complet Anthony Charles Lynton Blair, est un homme d'État britannique, membre du Parti travailliste, né le 6 mai 1953 à Édimbourg (Écosse). Il est Premier ministre du Royaume-Uni du 2 mai 1997 au 27 juin 2007.
Durant sa période à la tête du Parti travailliste, puis comme chef du gouvernement, Tony Blair réforme en profondeur l'idéologie et la pratique du travaillisme britannique, largement converti à l'économie de marché. Le courant de pensée de Tony Blair, défini comme une « troisième voie » entre la gauche et la droite traditionnelles, est surnommé le « blairisme ». Dans l'histoire du Parti travailliste britannique, la période de leadership de Blair et de son entourage est surnommée le New Labour. Il a engagé son pays dans cinq conflits en six ans : en Irak en 1998 ; au Kosovo en 1999 ; en Sierra Leone en 2000 ; en Afghanistan en 2001 ; et à nouveau en Irak en 2003.
Remplacé par son ministre des Finances, Gordon Brown, il est alors nommé représentant au Proche-Orient du Quartet (Organisation des Nations unies, Union européenne, États-Unis, Russie). Par ailleurs, il se lance aussi comme consultant et conférencier. À cet effet, il crée en 2009 la société commerciale Tony Blair Associates.
Bien que son héritage demeure controversé jusque dans son propre parti, il continue à intervenir ponctuellement dans le débat politique britannique.
Anthony Charles Lynton Blair est né à Édimbourg (Écosse) ; il est le second fils de Leo Blair et de son épouse Hazel (née Corscadden).
Son père a étudié le droit et est devenu avocat. Bien qu'ayant eu des sympathies communistes dans sa jeunesse, il milita ensuite pour le Parti conservateur.
De confession anglicane, Tony Blair commença sa scolarité à Adélaïde (Australie), et la poursuivit à la Chorister School (en) à Durham (Royaume-Uni), puis au Fettes College à Édimbourg, un internat privé. Son grand-père, riche homme d'affaires, finance ses études. Après le lycée, il étudia le droit au St John's College à Oxford. Durant ses années à l'université, il jouait de la guitare et chantait dans un groupe nommé les Ugly Rumours. Après son diplôme, il fut engagé en tant qu'avocat chez Derry Irvine, qui devint plus tard lord chancelier (équivalent de ministre de la Justice). C'est dans ce cabinet qu'il rencontra sa future conjointe Cherie Booth.
Il vécut quelques années en France, exerçant le métier de barman, puis travaillant aux assurances Gan, ce qui lui donne une certaine aisance avec la langue française. Devenu Premier ministre, il passe plusieurs étés à Saint-Martin-d'Oydes, en Ariège, dans l'ancienne maison de Pierre Dumas.
Tony Blair et Cherie Booth se marièrent le 29 mars 1980. Le couple a quatre enfants : trois fils et une fille. Anglican proche de la sensibilité anglo-catholique, pratiquant, mais pas particulièrement religieux, il se convertit officiellement au catholicisme le 21 décembre 2007 lors d'une cérémonie dirigée par le cardinal Cormac Murphy-O'Connor, primat de l'Église catholique en Angleterre et au pays de Galles, ayant attendu de quitter son poste, tous les Premiers ministres britanniques ayant été anglicans.
Après avoir obtenu son certificat d'aptitude à la profession d'avocat en 1975, Tony Blair adhère au Parti travailliste (Labour). Son parti le choisit en 1982 comme candidat pour l'élection partielle dans la circonscription de Beaconsfield, considérée comme un fief conservateur. Il échoue, avec à peine 10 % des voix et la troisième place.
En 1983, il réussit à gagner le siège de la circonscription de Sedgefield, près de Durham, la ville où il a grandi, dans le Nord-Est de l'Angleterre. Il faisait alors partie du courant réformateur du parti.
Une fois élu, son ascension fut rapide et en 1988, il fit partie du « cabinet fantôme » en tant que secrétaire à l'Énergie, puis à l'Emploi. Il se charge d'annoncer aux syndicats que le cabinet fantôme n'entend pas revenir sur les réformes imposées durant l'ère Thatcher.
John Smith, le chef du Parti travailliste, décéda subitement en 1994. Blair et Gordon Brown étaient considérés comme des prétendants possibles. Ils auraient conclu un accord pour prendre la tête du Parti travailliste : le premier serait Premier ministre alors que le second deviendrait chancelier de l'Échiquier (ministre de l'Économie). Leur victoire fut favorisée notamment par le nouveau mode de scrutin, que Blair avait contribué à élaborer. Blair fut élu chef du Parti travailliste le 21 juillet 1994.
Peu après son élection, Blair annonça son intention de changer la charte du parti qui datait de 1918, en enlevant les clauses typiquement socialistes comme la mise en commun des moyens de production et résuma le nouveau visage du parti par l'expression New Labour.
Il envisage un partenariat avec les libéraux-démocrates, allant jusqu'à suggérer lors des célébrations du centenaire du Parti travailliste, que la création du Labour a été une erreur dans la mesure où elle a affaibli le Parti libéral, qui fut un temps dominant dans la vie politique britannique. Le rapprochement échoue toutefois, le New Labour étant jugé trop à droite par Charles Kennedy, le dirigeant des libéraux-démocrates.
Aidé par les difficultés du gouvernement de John Major, il remporta haut la main les élections le 1er mai 1997 et prit ses fonctions le lendemain. À 43 ans, Blair devenait ainsi le plus jeune Premier ministre depuis Lord Liverpool en 1812.
Son gouvernement instaure un salaire minimum en 1999 (l'équivalent de 7,88 euros de l'heure), et crée des emplois dans le secteur public après des années d'appauvrissement de celui-ci. Cependant, il a poursuivi la politique de désengagement de l’État et de privatisation.
Il reprend à son compte certaines réformes entamées par les conservateurs, telles que l’initiative pour le financement privé (Private Finance Initiative, PFI) permettant de désengager le service public au profit d'entreprises privées pour construire et gérer des hôpitaux et des écoles. Les entreprises concernées disposent d’une concession pouvant aller jusqu’à cinquante ans, et récupèrent leur investissement par des versements annuels du contribuable. Les sommes ainsi avancées devraient être remboursées à un niveau très supérieur à celui d’un investissement traditionnel. Ainsi, à la fin de l’année 2005, avaient été signés des contrats d’une hauteur de près de 50 milliards de livres, engageant les contribuables à verser vingt annuités de 7,5 milliards de livres, soit un total de 150 milliards de livres. La PFI s’est par la suite étendue à la construction de routes et de prisons, aux technologies de l’information ou encore à l’éclairage public. La PFI s’est révélée hautement impopulaire et incapable d'atteindre ses objectifs en matière d'efficacité.