Ce Jour-là

Tomás de Torquemada

Grand Inquisiteur d'Espagne

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Tomás de Torquemada [toˈmas ðe toɾkeˈmaða], né le 14 octobre 1420 à Valladolid ou Torquemada, dans le royaume de Castille, et mort le 16 septembre 1498 à Ávila, en Castille-et-León, est un dominicain castillan du XVe siècle, resté célèbre pour son rôle en tant qu'inquisiteur général de l'Inquisition espagnole à la fin du XVe siècle.

Le 17 octobre 1483, le Pape Sixte IV le nomme chef de l'Inquisition en Aragon, il dirige alors toute l'Inquisition sur tout le royaume (Aragon et Castille) pour défendre la pureté de la foi catholique dans la péninsule Ibérique.

Sous son autorité, l'Inquisition espagnole se renforce et se centralise, faisant preuve d'une rigueur qui a marqué l'histoire de l'institution. Il utilise des méthodes telles que la torture pour obtenir des aveux, ce qui lui vaut la réputation d'un homme inflexible et impitoyable. La période de Torquemada se caractérise par des persécutions religieuses intensifiées et un contrôle étroit des pratiques religieuses et des croyances, avec une attention particulière portée aux conversos et aux morisques (juifs et musulmans convertis au christianisme), soupçonnés de conserver secrètement leurs anciennes pratiques.

Torquemada est également associé à l'édit d'expulsion des Juifs de Castille et d'Aragon en 1492, qui vise à éliminer toute influence religieuse non chrétienne du royaume espagnol. Sa politique de répression religieuse laisse une empreinte durable dans l'histoire espagnole, et il est aujourd'hui considéré comme un symbole de l'intolérance religieuse de l'époque. Sa figure controversée illustre les excès de l'Inquisition et les conflits religieux de la fin du Moyen Âge, qui continuent de susciter des débats sur l'impact de ses actions dans l'histoire espagnole et catholique.

Tomás de Torquemada est né en 1420 à Torquemada, localité du royaume de Castille, ou bien dans la ville voisine de Valladolid, où il grandit. Comme son oncle, le cardinal et théologien pontifical, Juan de Torquemada, il devint frère dominicain dans le couvent San Pablo de Valladolid. Contrairement à ce qui est souvent répété, Tomás de Torquemada n'est pas issu d'une famille de conversos. Il est issu de la famille des Turre-Cremata.

Il fut nommé, à 32 ans, prieur du couvent de Santa Cruz à Ségovie, fonction qu'il occupa de 1452 à 1474.

Connu pour son austérité, sa dévotion et son érudition, il devint confesseur de la princesse Isabelle, Infante de Castille, alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Il entreprit de lui inculquer le devoir qu'elle aurait, en tant que future souveraine, de défendre l'unité religieuse du royaume, et le bénéfice politique qu'elle pourrait en retirer.

À Valladolid, en 1469, Isabelle épousa Ferdinand, qui allait devenir dix ans plus tard, en 1479, le roi Ferdinand II d'Aragon. Elle fut couronnée reine de Castille en 1474. Bien que Torquemada fût très proche des souverains, devenant également confesseur du roi, il refusa les postes honorifiques qui lui étaient proposés, comme le riche évêché de Séville, et se contenta d'une fonction de conseiller. En grande partie à son instigation, ceux que l'on surnommera « les rois catholiques » décidèrent de mener une politique religieuse coercitive, au nom de l'unité de l'Espagne. Ils convainquirent le pape Sixte IV de réorganiser les tribunaux d'Inquisition en Espagne, et de les placer sous le contrôle exclusif de la Couronne.

Il occupa la fonction d'Inquisiteur Général d'Espagne pendant quinze ans jusqu'à sa mort en 1498, s'acquittant de sa mission avec un zèle redoutable et une détermination implacable. Sous son autorité, environ 100 000 cas non Juifs sont examinés par l'Inquisition espagnole et 2 000 condamnations à mort prononcées.

Avec l'aide de légistes, il rédigea un « code de l'inquisiteur » de vingt-huit articles qu'il promulgua le 29 novembre 1484 à l'occasion de l'assemblée générale des inquisiteurs à Séville. Il aura travaillé jusqu'à sa mort à affiner ce code en fonction de l'expérience acquise (ces règles sont regroupées dans un code de procédure unique : les Compilación de las instrucciones del oficio de la Santa Inquisición).

Torquemada joua également un rôle politique décisif notamment dans la Reconquista de l'Espagne musulmane, ainsi que dans la persécution et l'expulsion des Juifs d'Espagne, décidée par les rois catholiques le 31 mars 1492.

À la fin de sa vie, il se retira au couvent Saint-Thomas d'Ávila, qu'il avait fait construire, reprenant la simple vie de frère, tout en continuant d'occuper la fonction de Grand Inquisiteur et de réfléchir aux meilleures règles pour conduire et encadrer l'Inquisition. Il reçut à plusieurs reprises la visite des souverains (et se rendit à Salamanque en octobre 1497 pour être aux côtés du prince Don Juan mourant et réconforter le roi et la reine).

Encore assez actif jusqu'en 1496, ses dernières années furent marquées par des crises de goutte. En 1498, il présida la dernière assemblée générale des inquisiteurs. Il mourut le 16 septembre de la même année non sans avoir combattu le pape Alexandre VI qui voulait reprendre la main sur l'Inquisition et qui finit par nommer dès 1494, avançant l'excuse de son grand âge, quatre assistants avec des pouvoirs comparables.

Torquemada et l'Inquisition espagnole

Depuis le 1er novembre 1478, le controversé pape Sixte IV, avait autorisé les « Rois Catholiques » (Reyes Católicos) à choisir les inquisiteurs sur leurs terres, en Castille. Ainsi, le 11 février 1482, Torquemada fut un des cinq nouveaux inquisiteurs validés par Sixte IV, responsable de la Castille.

Ferdinand devenant roi d'Aragon en 1479, il dut batailler auprès du Saint-Siège afin d'obtenir de semblables prérogatives en Aragon. Finalement, le 14 octobre 1483, Sixte IV accorda à Torquemada, devenu entre-temps Inquisiteur Général (ou Grand Inquisiteur, Inquisidor General) de Castille (le 2 août), la même charge suprême en Aragon. Celle-ci fut étendue à la Catalogne en 1486.

En 1483, Ferdinand institua le Conseil de l'Inquisition Suprême et Générale ou « Conseil Royal de l'Inquisition » (abrégé la Suprema), dont le Grand Inquisiteur, Torquemada, était président de droit. Bien que sous l'autorité théorique des monarques espagnols, le Grand Inquisiteur, en tant que représentant du Pape, avait la haute main sur l'ensemble des tribunaux inquisitoriaux et pouvait déléguer ses pouvoirs à des inquisiteurs de son choix, qui étaient responsables devant lui. La fonction de Grand Inquisiteur était la seule fonction publique dont l'autorité s'étendait à tous les royaumes composant l'Espagne, constituant ainsi un relais utile pour le pouvoir des souverains.

Pendant ses quinze années en tant que Grand Inquisiteur, Torquemada a donné à l'Inquisition espagnole une importance et une puissance sans précédent.

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