Ce Jour-là

Tomáš Masaryk

Sociologue et philosophe tchécoslovaque, premier président tchécoslovaque

Anúncio

Tomáš Garrigue Masaryk, né le 7 mars 1850 à Hodonín et mort le 14 septembre 1937 à Lány, est un pédagogue, sociologue, philosophe et homme d'État de la Tchécoslovaquie. Il est le premier président de la République tchécoslovaque, de l'indépendance du pays en 1918 à sa démission en 1935.

Il naît en Moravie, alors province de l'empire d'Autriche, dans une famille pauvre. Son père, Jozef Maszárik (ou Masarik ou Masaryk) (1823-1907), est slovaque et valet de ferme. Sa mère, Terezie Kropáčková (1813-1887), est dite allemande (selon son fils, elle parlait mieux l'allemand que le tchèque) et est cuisinière dans une famille aisée. Il apprend plusieurs langues dès l'enfance : le slovaque, le tchèque et l'allemand. Il est aussi amené à déménager très souvent. Il vit successivement à Hodonín, Mutěnice, Čejkovice et Čejč. Il passe les examens de l'école élémentaire de Čejkovice et de celle de Hustopeče. Il est envoyé à Vienne pour apprendre le métier de serrurier. L'expérience n'est pas heureuse, et il revient rapidement dans sa famille. La situation financière difficile de sa famille le contraint à retourner dans un apprentissage. Il apprend alors le métier de forgeron. Cette expérience « prolétaire » laisse chez lui une certaine proximité avec ce milieu lorsqu'il devient un homme politique.

Masaryk continue à apprendre de nombreuses langues pendant cette période comme l'anglais (qu'il parle avec sa femme et sa fille à la maison), le français, le latin, le grec ancien ou encore des langues slaves comme le polonais et le russe.

Dès l'âge de quinze ans, il gagne sa vie en étant précepteur pour les enfants de familles riches. L'une d'entre elles, celle du directeur de la police, Anton Le Monnier, lui paye des études à l'école normale de Brno. Il accompagne cette famille à Vienne en 1869, où il continue sa formation dans un lycée viennois. Après avoir obtenu son baccalauréat en 1872, il entre à la faculté de philosophie de l'université de Vienne, où il rencontre Franz Brentano.

Après le décès d'Anton Le Monnier en 1873, Masaryk trouve une place lucrative de précepteur dans la famille de Rudolf Schlesinger, conseiller général d'une banque anglo-autrichienne. Après la réussite au baccalauréat du jeune Schlesinger, Masaryk obtient en récompense de l'accompagner dans un voyage en Italie et un long séjour à Leipzig, après son propre doctorat en 1876.

En Allemagne, il rencontre Charlotte Garrigue, la fille d'un négociant new-yorkais ayant des origines françaises. Ils se fiancent le 10 août 1877 et se marient le 15 mars 1878. Fait peu habituel à l'époque, il ajoute le nom de sa femme, Garrigue, à son patronyme, pour devenir Tomáš Garrigue Masaryk. On se réfère souvent à lui par ses initiales TGM, qui se trouvent sous sa statue, en face du château de Prague.

À Vienne, il subvient aux besoins de sa famille en faisant des remplacements dans des lycées, des cours magistraux et aussi en empruntant auprès de sa famille. Sa thèse est retardée, à cause de son mariage, jusqu'en 1879. Son sujet est Der Selbstmord als soziale Massenerscheinung der Gegenwart (Le suicide comme événement social de masse de notre temps). Il s'agit d'une des premières approches sociologiques de ce phénomène. Masaryk concluait que c'est l'absence de foi et l'éloignement de la religion qui favorisent le suicide.

Il gagne alors sa vie en étant privatdozent à l'université, tout en continuant ses remplacements au lycée.

En 1882, l'université Charles (alors appelée Carolo-Ferdinandea) est divisée en deux entités (l'une reste allemande et l'autre commence l'enseignement en tchèque), et Masaryk y devient professeur.

Masaryk tient des positions anticatholiques et antinationalistes en dénonçant comme faux les manuscrits de Dvůr Kralové et Zelená Hora. Les historiens et nationalistes tchèques les tenaient alors pour fondateurs de la culture tchèque.

Masaryk est élu au Reichsrat autrichien, de 1891 à 1893, au sein du Parti des jeunes tchèques et de nouveau de 1907 à 1914, au sein du Parti réaliste, qu'il avait fondé en 1900. Il est aussi professeur de philosophie à l'université de Prague. Il n'est pas encore partisan d'une indépendance des Tchèques et des Slovaques, mais il milite pour une réforme de la monarchie des Habsbourg pour permette davantage d'autonomie de ses différents peuples.

Il multiplie les conférences de nombreuses villes tchèques et s'engage dans des affaires de justice médiatisées. En désaccord avec les opinions antisémites, il prend la défense d'un concitoyen juif accusé de meurtre rituel pendant l'affaire Hilsner. Il devient impopulaire dans la petite-bourgeoisie conservatrice et pense même émigrer aux États-Unis. Lors de la révision du procès, Masaryk parvient à sauver la tête de Hilsner, qui reste tout de même en prison jusqu'en 1918.

En 1909, il s'engage également à Vienne en faveur de l'homme politique croate Hinko Hinković accusé au cours d'un procès truqué. Les victimes de cette justice aux ordres des Habsbourg sont, pour la plupart, des membres éminents de la coalition croato-serbe, qui étaient condamnés à plus de 150 ans de prison et à des peines de mort.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Masaryk doit fuir pour ne pas être arrêté pour trahison par les autorités austro-hongroises. Cette décision est importante car il quitte alors sa famille pour toute la durée de la guerre. Son épouse subit, en son absence, les tracasseries de la police autrichienne. Le compte bancaire de Masaryk est bloqué en 1915. Elle doit alors emprunter. Elle subit de nombreux interrogatoires et la police envisage de confisquer ses biens immobiliers, mais comme Masaryk a toujours été locataire, il n'en possédait pas. Ils s'intéressent alors à sa bibliothèque. Celle-ci est trop spécialisée pour avoir une réelle valeur financière. Elle est alors mise sous scellés.

Masaryk prend le prétexte d'accompagner sa fille, Olga, en cure de repos pour fuir en Italie. Il s'installe ensuite à Genève, où il commence à regrouper les diasporas tchèque et slovaque. Ses interventions publiques de plus en plus marquées contre l'empire austro-hongrois le contraignent à quitter la Suisse, pays neutre qui ne tient pas à irriter son puissant voisin. Il s'installe alors en Angleterre, où il continue à militer pour l'indépendance tchèque.

Masaryk enseigne au King's College de Londres, sur le thème des « petites nations ». Il fait quelques voyages à Paris où il rencontre le président du Conseil, Aristide Briand qu'il réussit à convaincre de la désintégration inévitable de l'Empire austro-hongrois. Cependant, c'est surtout Edvard Beneš, qui a de nombreux contacts en France, qui séjourne à Paris. Les deux hommes sont ainsi présents dans les capitales de deux grands pays alliés. À Paris, en 1916, ils créent le Conseil national tchécoslovaque, dont Masaryk devient le président. Ce n'est toutefois que le 29 juin 1918 que la France reconnaît la légitimité du CNT, sous la pression américaine (le président Woodrow Wilson ayant proclamé le 8 janvier 1918 ses fameux 14 points dont le dixième affirme la nécessité de libérer les « petites nations » d'Autriche-Hongrie).

Après la Révolution de février, Masaryk part en Russie au début de l'année 1917. Il milite désormais pour un État indépendant tchécoslovaque et pour la dissolution de l'Empire austro-hongrois. Il aurait dit : « Nous avions fort à faire de la nécessité de convaincre les Alliés de détruire l'Autriche ». Il devient l'un des artisans de la création des Légions tchécoslovaques, qui se battent en Argonne (Massif ardennais). En avril 1918, après la révolution bolchevique russe, il part aux États-Unis, traversant la Russie par le Transsibérien. Il parvient ainsi au Japon, où il reste deux semaines. Il embarque ensuite pour le Canada et en mai 1918, il est enfin aux États-Unis où il plaide auprès du président Woodrow Wilson la cause d'une union entre Tchèques, Slovaques et Ruthènes. L'opinion américaine se tourne en faveur d'un État tchécoslovaque. En outre, Masaryk débat avec des personnalités politiques proches du président. Il rencontre Wilson seulement quatre fois mais parvient à le convaincre. Le 18 octobre 1918, sur les marches de l'Independence Hall à Philadelphie, Masaryk proclame l'indépendance de la Tchécoslovaquie avec la devise pravda vítězí (« la vérité vaincra »). Il nomme sa fille, Alice Masaryková, membre du Parlement.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Tomáš Masaryk | World in Stories