Titus Labienus, né vers 100 ou en 98 av. J.-C. et mort le 17 mars 45 av. J.-C. à la bataille de Munda, est un général romain, l'un des principaux lieutenants de César durant la guerre des Gaules.
Il commença à servir en Cilicie vers 78-74 av. J.-C. sous le commandement de Servilius.
En 63 av. J.-C., à la demande de César, il poursuivit Caius Rabirius pour haute trahison. La même année, en tant que tribun de la plèbe, il organisa un plébiscite qui assura à César la charge de pontifex maximus.
Il servit comme légat lors de la guerre des Gaules, et remplaçait César lorsqu'il s'en absentait.
Ses principaux exploits dans ce conflit furent de défaire les Trévires commandés par Indutiomaros en 54 av. J.-C., son expédition contre Lutèce et sa victoire sur Camulogenus en 52, et des opérations contre les Éduens cette même année. Il fut un commandant de cavalerie talentueux.
Il est un des premiers à abandonner César lorsque celui-ci franchit le Rubicon, lui reprochant peut-être une certaine ingratitude, en plus d'entrer en guerre contre la République.
Accueilli avec allégresse par les partisans de Pompée, il combat à Dyrrachium et à Pharsale, puis suit Caton en Afrique, où il réussit à tenir César en échec à Ruspina, mais est défait à Thapsus.
Il rejoint ensuite Pompée le Jeune en Hispanie, et meurt en combattant à Munda.
Il eut un fils, Quintus Labienus.
Il appartient à une famille de rang équestre originaire du Picenum, très certainement de la ville de Cingulum, qui fut restaurée, embellie et agrandie par lui avec ses propres deniers. Il n'y a cependant pas de preuve qu'il y fut né, plutôt que, par exemple, à Rome, où son père était installé.
Une tradition qui remonte à la Renaissance rattachait cette famille à la gens Atia ; le premier à avoir proposé ce rattachement est sans doute Paul Manuce (dans Antiquitatum Romanarum Liber de legibus, Venise, 1569, p. 29-30). Cette conception, qui ne repose sur aucune source antique, est aujourd'hui abandonnée.
Sa date de naissance n'est donnée par aucune source antique et n'est pas connue avec précision. Münzer situe cette naissance après l'an 100 av. J.-C., puisque Cicéron, dans le Pro Rabirio perduellionis reo, indique qu'il n'était pas né au moment de l'assassinat de Lucius Appuleius Saturninus et de ses partisans, en décembre 100. En tenant compte de l'âge minimum requis pour se porter candidat aux magistratures, la plupart des historiens placent sa naissance en 99 ou 98. Politiquement, la famille se divise en tendances divergentes : Quintus Labienus, oncle de Labienus est tué au côté de Saturninus, tandis que son père Titus soutient l'autorité consulaire.
De 78 à 75, Titus Labienus accompagne Publius Servilius Vatia, proconsul de Cilicie, et participe à ses campagnes contre les pirates. C'est peut-être en 78 que Labienus rencontra César, qui était alors officier dans la suite de Servilius.
Contrairement à ses parents qui n'ont pas exercé de magistrature, Titus Labienus suit le cursus honorum et entre dans l'ordre sénatorial.
Il est tribun de la plèbe en 63 av. J.-C. À l'instigation de Jules César selon Suétone, il intente un procès en haute trahison contre C. Rabirius, pour le meurtre du tribun Saturninus, survenu trente-sept ans plus tôt. A travers Rabirius, l'action de Labienus visait le Sénat et sa proclamation d'un senatus consultum ultimum, qui avait entraîné l'exécution de Saturninus. Après avoir dirigé trois réunions publiques, Labenius lors d'une quatrième réunion ne laisse parler Cicéron, défenseur de Rabirius, qu'une demi-heure et fait entamer le vote de la condamnation à mort de Rabirius par les comices. Le préteur Metellus Celer sauve Rabiruis en interrompant la tenue des comices. Labenius pourrait continuer son action judiciaire, mais il s'abstient de persister.
Pendant son tribunat, Labienus fait voter deux lois : la première concerne le remplacement du pontifex maximus Metellus Pius, décédé. Labienus promulgue que la désignation des pontifes se fasse par le vote du peuple, ce qui permet l'élection de César à ce sacerdoce ; la seconde accorde le triomphe à Pompée, ainsi que d'autres récompenses.
Il est probablement préteur en 61, 60 ou 59.
De 58 à 49 av. J.-C., Labienus prend part à la guerre des Gaules comme légat propréteur du proconsul Jules César.