Tipû Sâhib, également connu sous le nom de Tipû Sultân, né le 1er décembre 1751 à Devanahalli et mort le 4 mai 1799 à Srirangapatna, fut sultan de Mysore à partir de 1782 et l'un des principaux opposants à l'installation du pouvoir britannique en Inde, ce qui lui valut le surnom de « tigre de Mysore ».
Tipû (né Sultan Fateh Ali Sahab Tipû), aussi connu sous le nom de Tipû Sâhib pour les Français et Tipu Sultan pour les Britanniques est le fils aîné du sultan de Mysore Haidar Alî.
On a longtemps situé la naissance de Tipû Sâhib au 20 novembre 1750, mais des éléments supplémentaires découverts en 2021 la placent désormais au 1er décembre 1751 (1165 de l'hégire). Son village natal est Devanahalli, aujourd'hui un district rural, à environ 33 km au nord de Bangalore. Il est nommé « Tipû » d'après le saint homme Tipu Mastan Aulia d'Arkât.
Le père de Tipû, Haidar Alî, est officier au service du Royaume de Mysore et devient le souverain de facto du royaume en 1761. Sa mère, Fatima Fakhr-un-Nisa, est la fille de Mir Muin-ud-Din, le gouverneur du fort de Kadapa. Bien qu'analphabète, Haidar tient particulièrement à donner à son fils aîné une éducation de prince et à le mêler très tôt aux affaires militaires et politiques. Il lui donne donc des enseignants compétents en langues, telles que l'ourdou, le persan, l'arabe, le canarais, ainsi que dans les matières comme l'équitation, le tir, l'escrime, sans oublier le Coran et la jurisprudence islamique.
Première guerre du Mysore (1767-1769)
Tipû est instruit en tactique militaire par des officiers français employés par son père. À l'âge de quinze ans, il accompagne son père Haidar Alî en guerre contre les Britanniques dans ce que l'on nommera plus tard la première guerre de Mysore en 1766.
Il commande un corps de cavalerie lors de l'invasion de la région carnatique en 1767 à l'âge de seize ans. Il se distingue également lors de la première guerre anglo-marathe de 1775-1782.
Dès l'âge de 17 ans, Tipû se voit confier l'entière responsabilité d'importantes missions diplomatiques et militaires. Il est dans ces guerres le bras droit de son père Haidar, qui finit par émerger en tant que dirigeant le plus puissant de l'Inde du Sud.
Seconde guerre du Mysore (1780-1784)
La seconde guerre de Mysore suit cinq ans plus tard. En 1779, les Britanniques s'emparent du port sous contrôle français de Mahé, que Tipû avait placé sous sa protection en fournissant quelques troupes pour sa défense. En réponse, Haidar lance une invasion de la région carnatique dans le but de chasser les Britanniques de Madras.
Au cours de cette campagne en septembre 1780, Tipû Sâhib est envoyé par Haidar Alî avec 10 000 hommes et 18 canons pour intercepter le colonel William Baillie qui était en route pour rejoindre Sir Munro (en). À la bataille de Pollilur, Tipû défait Baillie de façon décisive. Sur 360 Européens, environ 200 sont faits prisonniers et les 3 800 cipayes subissent de très lourdes pertes. Munro qui se dirige vers le sud avec une force séparée pour rejoindre Baillie, se retranche à Madras après avoir appris la nouvelle de la défaite, abandonnant son artillerie dans un étang à Kanchipuram. En octobre, il s'empare d'Arcot.
En décembre 1781, Tipû Sâhib s'empare de Chittur (en) alors aux mains des Britanniques.
Tipû Sâhib bat ensuite le lieutenant-colonel Braithwaite (en) à Annagudi près de Tanjore le 18 février 1782. Les forces de Braithwaite sont composées de 100 Européens, 300 cavaliers, 1 400 cipayes et 10 pièces de campagne. Tipû Sâhib saisit toutes les armes et fait prisonnier tout le détachement.
Tipû Sâhib a ainsi acquis une expérience militaire suffisante à la mort de Haidar Alî, le vendredi 6 décembre 1782.
Bien que les Britanniques soient défaits, Tipû Sâhib est convaincu qu'ils demeurent une menace pour l'Inde.
Il devient le souverain de Mysore le dimanche 22 décembre 1782, lors d'une cérémonie de couronnement très sobre.
Il travaille dès ce moment à contrôler l'avance des Britanniques en contractant des alliances avec les Marathes et les Moghols. La deuxième guerre de Mysore prend fin avec le Traité de Mangalore en 1784.
Devenu sultan à 32 ans à la mort de son père en 1782, il œuvre à contenir les progrès britanniques en concevant une série d'alliances. Lorsque celles formées avec les Marathes et l'Empire moghol échouent, il se tourne vers la France, qui avait mené une politique coloniale en Inde quelques décennies plus tôt, politique qui avait été arrêtée après la guerre de Sept Ans.