Le Tibet, ou anciennement Thibet, (tibétain བོད་, Wylie : Bod, chinois : 西藏 ; pinyin : Xīzàng) est une région de plateau située au nord de l'Himalaya en Asie, habitée traditionnellement par les Tibétains et d'autres groupes ethniques (Monbas, Qiang et Lhobas) et comportant également une population importante de Hans et de Huis. Le Tibet est le plateau habité le plus élevé de la planète, avec une altitude moyenne de 4 900 m.
Sous l'appellation « Tibet historique », cette aire, revendiquée par le gouvernement tibétain en exil, est composée de trois régions traditionnelles :
l'Ü-Tsang : dont la plus grande partie du territoire est comprise dans la région autonome du Tibet ;
l'Amdo : éclaté entre les provinces du Qinghai, du Gansu et du Sichuan ;
le Kham : dont le territoire est partagé entre les provinces du Sichuan et du Yunnan et la région autonome du Tibet.
La superficie du Tibet varie de 1 221 600 km2 pour la région autonome du Tibet à 2 500 000 km2 pour le « Tibet historique » ou « Grand Tibet ». La capitale historique qui, traditionnellement, concentre l'autorité religieuse et temporelle du Tibet, est Lhassa.
Les Tibétains, dont le nombre est de six millions en Chine, parlent un des trois dialectes du tibétain, une langue de la famille tibéto-birmane, et pratiquent majoritairement le bouddhisme tibétain.
La question « Qu'est-ce que le Tibet ? » appelle bien des réponses. On peut définir ce territoire sous les angles géographique, ethnique et politique (Stephanie Roemer), mais aussi historique, linguistique et culturel.
En tibétain, le Tibet se nomme Bod (tibétain : བོད་, Wylie : bod, THL : bö, dialecte de Lhassa API : pʰøʔ˨˧˨, pays). Certains érudits pensent qu'on trouve les premières références écrites à « Bod » dans le Périple de la mer Érythrée gréco-romain (Ier siècle) et le Manuel de géographie de Ptolémée (IIe siècle mentionnant le peuple Bautai, terme lui-même dérivé du sanskrit Bhauṭṭa que l'on retrouve dans la tradition géographique indienne.
Pour Léon de Milloué, on lui donna en français, depuis Guillaume de Rubruquis, les noms de « Tébeth,[...] Tébet, Thobbot, Tubet, Thibet et Tibet dérivés probablement des expressions tibétaines Thoub-phod « Très fort » ou Tho-Bod « Haut-Pays ».
Le nom chinois ancien le plus connu pour Tibet est Tubo, mais l'on trouve également les termes Wusiguo (du tibétain Ü (dbus)), Wusizang (du tibétain dbus-gtsang, Ü-Tsang), Tubote et Tanggute. L'exonyme chinois actuel pour la région ethniquement tibétaine est Zangqu (chinois : 藏区 ; pinyin : zàngqū ; litt. « Région Tibétaine » o), un dérivé métonymique du terme tibétain Tsang (gTsang) correspondant à la région du Tibet central autour de Shigatse, affublé de la dénomination de région (chinois : 区, qū).
Le terme Tibet ou Thibet date du XVIIIe siècle, et est un emprunt du terme sémitique Ṭībat ou Tūbātt, dérivé du turcique Töbäd (littéralement Hauteurs).
Tibet géographique et ethnologique
Géographiquement, le Tibet est une région de plateau située au nord de l'Himalaya en Asie. Le plateau tibétain, le plus grand au monde et parfois appelé le « toit du monde », constitue le plateau habité le plus élevé de la planète, avec une altitude moyenne de 4 900 m. Il est bordé de trois gigantesques chaînes de montagnes : les monts Kunlun, la chaîne de l’Himalaya et le Karakoram (ou Karakorum), qui constituent autant de frontières naturelles.
Le Tibet ethnique ou ethnologique dépasse les frontières du plateau tibétain et englobe toutes les régions qui furent autrefois habitées uniquement ou majoritairement par des gens d’origine tibétaine, et inclut, outre les territoires tibétains en république populaire de Chine, le Bhoutan, certaines régions orientales, septentrionales, et occidentales du Népal, certaines régions du nord de l'Inde (Ladakh, Zanskar, Lahaul et Spiti Kinnaur, Arunachal Pradesh en partie et Sikkim), ainsi que le Baltistan au Pakistan. Des populations non tibétaines sont installées depuis des siècles dans certaines zones en bordure du Tibet ; comme c'est le cas par exemple de Hans autour de Xining et dans l'est du Kham, de Mongols autour du lac Kokonor et dans le bassin du Qaidam, de Hui, de Tu (ou Mongour), de Qiang, ou de Monba dans le sud de la Région autonome du Tibet et en Arunachal Pradesh.
Selon Melvyn Goldstein, l'historiographie tibétaine en Occident a pris l'habitude de distinguer le « Tibet politique », c'est-à-dire l'État resté sous le contrôle du gouvernement tibétain jusqu'en 1951, des autres régions habitées par des Tibétains. Ainsi, le diplomate et historien britannique Hugh Richardson, différenciait le « Tibet politique » , gouverné par le gouvernement tibétain depuis les temps les plus anciens et de manière continue jusqu'en 1951, du « Tibet ethnographique » comprenant également d'autres régions comme le Kham et l'Amdo, sur lesquels le gouvernement tibétain n'a exercé une juridiction que dans certaines régions et à intervalles irréguliers.
Anne-Marie Blondeau évoque la distinction faite par Melvyn Goldstein, entre « Tibet Politique » qui équivaudrait à la région autonome du Tibet, et « Tibet ethnographique », qui serait ceux que d'autres appellent « Tibet Historique » : « Ces définitions, pour commodes qu'elles soient nous semblent réductrices et dangereuses pour un éventuel règlement de la question tibétaine. Elles veulent nettement séparer le problème de la RAT de celui des provinces orientales incorporées dans les provinces chinoises. » Jean-Paul Mari précise que le Tibet a été divisé en 5 parties, la région autonome constituant environ un tiers du pays.[Information douteuse]
Région autonome du Tibet (Xizang) et autres subdivisions autonomes tibétaines en Chine