Ce Jour-là

Tibétains

Peuple, ethnie

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Les Tibétains, ou autrefois Thibétains (chinois : 藏族 ; pinyin : zàngzú) forment un des peuples natifs du Tibet. Ce terme peut également être utilisé pour dénommer tout habitant du Tibet, quelles que soient ses origines.

La population tibétaine totale est d'environ 8,5 millions, dont 6,3 millions vivent en Chine, où les Tibétains constituent l'un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus. Hors de Chine, on dénombre environ 2 millions de Tibétains dans des communautés natives tibétaines en Inde, au Népal, au Bhoutan et au Pakistan, ainsi qu'une population d'environ 150 000 à 200 000 réfugiés vivant principalement dans les pays limitrophes (Inde, Népal, Bhoutan) ainsi qu'en Europe et en Amérique du Nord.

Les Tibétains parlent l'une des différentes variétés du langage tibétain, dont la forme orale est souvent mutuellement inintelligible.

La plupart des Tibétains pratiquent le bouddhisme tibétain, alors qu'une minorité adhère à la religion indigène Bön, et qu'il existe également de petites communautés musulmane et chrétienne.

La culture tibétaine, notamment l'architecture et l'art, est influencée par le bouddhisme, alors que les conditions climatiques et géographiques particulièrement rudes ont engendré une adaptation sociale que l'on retrouve dans les méthodes pastorales et agricoles, dans la médecine traditionnelle tibétaine et dans la cuisine tibétaine.

Selon Geoff Childs, les exilés tibétains en Inde soutiennent qu'il y avait 6 millions de Tibétains au milieu du XXe siècle, chiffre qui n'a jamais été validé de façon satisfaisante. Toutefois, à l'époque de l'invasion du Tibet par l'armée impériale mandchoue les ambans procédèrent à un recensement de la population tibétaine du Tibet, du Kham et de l'Amdo, obtenant le chiffre de 6 430 000 Tibétains. Selon le site Tibet.com, un examen des statistiques fournies par les Chinois eux-mêmes suggère que ce chiffre était supérieur à six millions en 1959. Selon le Bureau statistique de la Chine, le RAT comptait 1 273 969 personnes en novembre 1959. La province partiellement tibétaine du Kham, nommées alors Xikang (1928 — 1950) par la Chine, comptaient 3 381 064 Tibétains[citation nécessaire]. Au Qinghai et dans d'autres régions comportant des cultures tibétaines incorporées au Gansu, le nombre de Tibétains serait de 1 675 534. Si l'on prend le total de ces trois chiffres, la population tibétaine s'élevait alors à 6 330 567. En fait, les populations de ces régions sont mixte et ne comprennent pas que des Tibétains. Le Qinghai comporte par exemple une importante population mongole et Tu depuis le XVIIe siècle, ainsi qu'une importante population Hui ou encore des Yugurs. De même le Xikang comprend une myriade de population, telle les Pumi (tusi de Muli).

La population tibétaine a subi une baisse importante entre les recensements de 1953 et 1964 (de 2,77 à 2,50 millions), comme l'indiquent les chiffres de source chinoise. Les causes de cette diminution restent toutefois à déterminer précisément.

Selon le recensement de 2010, les Tibétains vivant en Chine, essentiellement dans la région autonome du Tibet, au Qinghai, Sichuan, Gansu et Yunnan, étaient au nombre de 6 282 187. Dans la seule région autonome, la minorité ethnique tibétaine comptait 2 716 400 membres, soit 91 % de la population totale. Elle représentait, toujours en pourcentage de la population totale, 1,8 % pour le Gansu, 24,4 % pour le Qinghai, 2,1 % pour le Sichuan et 0,3 % pour le Yunnan.

En 2000, le nombre de Tibétains vivant en Chine, principalement dans les régions de culture tibétaine, était d'environ 5 400 000 selon le Bureau d'État des Statistiques (il était de 4 593 100 en 1990). Le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala en Inde donnait une estimation proche de ce chiffre de 6 millions de Tibétains vivant au « Tibet historique ».

D'après une enquête du gouvernement tibétain en exil conduite en 2009, il y a 127 935 Tibétains recensés dans la diaspora, dont 94 203 en Inde, 13 514 au Népal, 1 298 au Bhoutan et 18 920 dans le reste du monde. Ce chiffre est proche de celui de plus de 135 000 Tibétains vivant en exil avancé par le journaliste Thomas Laird dans son livre d'entretiens avec le 14e dalaï-lama, publié en 2007.

Conséquences des guerres et révolutions chinoises

La prise de contrôle et la présence chinoises au Tibet depuis les années 1950 ont entraîné un nombre important de victimes parmi la population tibétaine, les causes principales en étant les combats, la répression et les famines liées au « Grand Bond en avant ».

Selon le site Historical Atlas of the Twentieth Century de Matthew White, il n'existe pas de consensus sur le chiffrage.

Le gouvernement tibétain en exil estime, à la suite d'enquêtes et du recueil de témoignages, que 1 200 000 Tibétains sont morts directement ou indirectement en conséquence de l'occupation du Tibet par l'armée chinoise entre 1949 et 1979. Cependant, cette évaluation est remise en cause par certains auteurs (comme Warren W. Smith Jr, historien et présentateur de Radio Free Asia, repris par Patrick French, l'ancien président de l'association Free Tibet Campaign) ou universitaires (comme le démographe chinois Yan Hao, le juriste Barry Sautman), qui estiment les chiffres exagérés ou non démontrés.

Warren W. Smith Jr, qui a étudié les déficits de croissance de la population, affirme que les statistiques chinoises « confirment les thèses tibétaines d'un nombre massif de morts et réfutent les dénégations chinoises ». Selon ses estimations plus de 200 000 Tibétains « manqueraient » à la population de la Région autonome du Tibet. Le nombre de morts tibétains semble aussi élevé dans les régions du Gansu, du Sichuan et du Qinghai, trois régions où les taux de mortalité au début des années 1960 sont élevés et vérifiables. Si cela est exact, on peut estimer qu'environ un demi-million de Tibétains sont directement morts en raison de la politique appliquée au Tibet par la République populaire de Chine.

Dans un rapport préliminaire datant de 1959, la Commission internationale de juristes, une organisation à l'époque financées en sous main par la CIA dans le cadre de la guerre froide pour préparer des rapports de propagande contre la Chine, qualifiait les massacres perpétrés au Tibet par les autorités chinoises de génocide. Cependant, dans son rapport définitif de 1960, la CIJ estimait qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves de la destruction des Tibétains en tant que race, nation ou groupe ethnique par des méthodes susceptibles d'être considérées comme relevant du génocide selon le droit international.

Selon le gouvernement tibétain en exil, il existerait une politique de transfert de population au Tibet, et un programme d’avortement et de stérilisation forcées des femmes tibétaines.

Selon le Tibetan Refugee Transit Centre de Katmandou, au début des années 2000 une moyenne de 2 500 réfugiés tibétains arrivaient au Népal chaque année, certains quittant le Tibet, traumatisés, en traversant l'Himalaya pour gagner le Népal et l'Inde. Selon le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, dans les années 1980 et 1990 nombre de ces réfugiés étaient des enfants qui venaient y chercher une éducation en langue tibétaine. En 2006, la police chinoise de la frontière a tiré sur des Tibétains au col de Nangpa La vers le Népal. Au moins 2 des réfugiés sont morts, dont une jeune nonne de 17 ans.

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