Ce Jour-là

Thomas Jefferson

Philosophe politique, diplomate, architecte et homme d'État américain

Anúncio

Thomas Jefferson (/ˈtɑməs ˈd͡ʒɛfɚsən/), né le 13 avril 1743 à Shadwell (colonie de Virginie) et mort le 4 juillet 1826 à Monticello (Virginie), est un philosophe politique, diplomate, architecte et homme d'État américain. Membre du Parti républicain-démocrate, il est le 2e vice-président des États-Unis, en fonction du 4 mars 1797 au 4 mars 1801, puis le 3e président des États-Unis, en fonction du 4 mars 1801 au 4 mars 1809. Considéré comme l'un des principaux Pères fondateurs des États-Unis, il est notamment le principal rédacteur de la Déclaration d'indépendance de 1776, il est également à l'origine de l'achat de la Louisiane et d'une politique d'expansion territoriale décisive. Bien qu'ayant des principes libéraux, il est aussi un important planteur du Sud des États-Unis, propriétaire de plusieurs centaines d'esclaves.

Né au sein d'une famille d'origine britannique, il fait ses études en Virginie. Il sort diplômé du collège de William et Mary et exerce un temps les fonctions de magistrat, défendant parfois des esclaves cherchant à retrouver leur liberté. Pendant la révolution américaine, il représente la Virginie au Second Congrès continental ; il est à l'origine de la loi sur la liberté religieuse et sert en tant que gouverneur de son État pendant la guerre contre les Britanniques de 1779 à 1781. Jefferson occupe ensuite le poste d'ambassadeur en France de 1785 à 1789 puis devient le premier secrétaire d'État des États-Unis sous la présidence de George Washington. Aux côtés de James Madison, il fonde le Parti républicain-démocrate qui s'oppose au Parti fédéraliste quant à la politique du pays et conteste la position du gouvernement au sujet des lois sur les étrangers et la sédition.

En tant que président des États-Unis, Jefferson préserve les échanges maritimes et les intérêts commerciaux américains face aux pirates barbaresques et à l'hostilité des Britanniques. Il négocie avec Napoléon la vente de la Louisiane, doublant la superficie du pays, et à la suite des négociations de paix avec la France, son administration procède à la réduction des moyens militaires. Réélu en 1804, Jefferson voit son second mandat ponctué par des difficultés majeures, incluant le procès du vice-président Aaron Burr et la chute du commerce extérieur des États-Unis à la suite de la mise en place des lois sur l'embargo en 1807, en réponse aux menaces exercées par les Britanniques sur la navigation américaine. Ayant déjà pris en 1803, la décision — controversée — de transférer des nations amérindiennes vers la Louisiane, il ratifie la loi interdisant l'importation des esclaves en 1807.

Homme de science et polyglotte, Jefferson se passionne pour de nombreuses disciplines, allant de la géométrie aux mathématiques en passant par la mécanique et l'horticulture, et se révèle également être un architecte confirmé de tradition classique ; en outre, son intérêt marqué pour la religion et la philosophie lui valent la présidence de la Société américaine de philosophie. Bien qu'opposé au principe d'une religion organisée, il est cependant influencé à la fois par le christianisme et le déisme. Il fonde l'université de Virginie peu après sa retraite des affaires publiques et continue à entretenir une abondante correspondance avec des personnalités influentes du monde entier.

L'action politique de Jefferson a été commentée de façon très positive par les historiens, notamment sa contribution de premier ordre à la Déclaration d'indépendance des États-Unis, son positionnement en faveur de la liberté religieuse et de la tolérance dans son État de Virginie et l'acquisition de la Louisiane sous sa présidence. Toutefois, certains spécialistes se montrent plus critiques sur sa vie privée, citant par exemple le décalage existant entre ses principes libéraux et le fait qu'il ait possédé jusqu'à 600 esclaves dans le cadre de la gestion de ses plantations. Les études universitaires le classent systématiquement parmi les plus grands présidents de l'histoire américaine.

Débuts en Virginie (1743-1773)

Thomas Jefferson III naît le 13 avril 1743 à Shadwell, dans la colonie de Virginie, alors en Amérique britannique. Ses parents, Jane Randolph (1720-1776) et Peter Jefferson (1708-1757), issus de familles de notables installées dans la région depuis plusieurs générations, se sont mariés en 1739. Il a des origines anglaises par sa mère, née en Angleterre, et galloises par son père. Thomas Jefferson est l'aîné d'une fratrie de dix enfants, dont deux sont morts prématurément. Il grandit dans la plantation familiale du comté d'Albemarle, dont son père est le constructeur et le propriétaire. Peter Jefferson consacre une partie de son temps à la cartographie et à l'autodidaxie et veille à offrir à son fils Thomas une solide éducation.

En 1752, Thomas Jefferson fréquente une école dirigée par le révérend écossais William Douglas qui lui enseigne plusieurs langues, dont le latin, le grec ancien et le français, mais aussi l'espagnol, l'italien et le vieil anglais. Dans son autobiographie, Jefferson décrit son instruction en ces termes : « Il [mon père] me plaça à l'école anglaise à 5 ans et à celle du latin à 9, où je restai jusqu'à sa mort. Mon maître, M. Douglas, un pasteur d'Écosse, n'était qu'un latiniste médiocre, encore moins assuré en grec, mais avec les rudiments de ces deux langues il m'enseigna le français. À la mort de mon père, j'allai à l'école du pasteur Maury, un bon connaisseur des classiques, et j'y passai deux ans, après quoi je fus envoyé au collège William and Mary, au printemps 1760, où je continuai deux ans. »À la mort de son père en 1757, il n'est âgé que de 14 ans quand il hérite de son immense propriété, sur laquelle travaillent des centaines d'esclaves. Jefferson parfait sa culture classique, apprend les sciences naturelles et l'histoire auprès du révérend James Maury, lui-même descendant de huguenots, à Fredericksburg. Il est marqué par le décès de sa sœur aînée Jane en 1765.

En 1760, Jefferson entreprend des études supérieures au collège de William et Mary à Williamsburg où il se forme à des disciplines variées (botanique, géologie, cartographie, grec, latin, droit, histoire, philosophie). Il perfectionne son français. Son professeur de philosophie, William Small, lui donne le goût pour les auteurs anglais John Locke, Francis Bacon, Isaac Newton et lui apprend à utiliser le doute méthodique. Jefferson fréquente le Flat Hat Club (en), une société secrète et une fraternité étudiante. Diplômé en 1762, il étudie ensuite le droit auprès de son ami et mentor George Wythe. Il est admis au barreau en 1767 avant d’être élu à l'Assemblée de Virginie en 1769. Jefferson siège à la chambre des Bourgeois de Virginie, entre 1767 et 1775, date de sa dissolution à la suite du déclenchement de la Guerre d'indépendance.

En 1767, Jefferson commence la construction de sa maison au sommet d’une colline d’un domaine vallonné de 2 000 hectares, qui devient plus tard Monticello, un nom italien totalement incongru pour la région. Elle fut accélérée après l'incendie du manoir familial en 1770. En 1772, il épouse une veuve, Martha Wayles Skelton, qu'il avait rencontré deux ans plus tôt, avec laquelle il a six enfants : Martha (1772-1836), Jane (1774-1775), un fils mort-né (1777), Mary (1778-1804), Lucy Elisabeth (1780-1781) et Lucy Elisabeth II (1782-1784). Seule l'aînée de ses filles lui a survécu. Son épouse est morte peu après avoir donné naissance à leur dernier enfant. Hormis sa famille, Jefferson ne fait aucune mention sur sa vie personnelle dans son autobiographie.

Engagement dans la révolution américaine (1774-1779)

La montée du mécontentement des colons américains contre la Grande-Bretagne provoque l’engagement de Jefferson en politique. Il décide de rejoindre le groupe contestataire de Patrick Henry. Il ne se distingue pas par ses talents oratoires mais la valeur de ses écrits est appréciée. Nourri des œuvres des philosophes du siècle des Lumières, Jefferson publie en 1774 son célèbre pamphlet A Summary View of the Rights of British America, rapport destiné aux délégués de Virginie du premier Congrès continental. Cet essai ouvre une nouvelle voie vers l'indépendance des colonies et range Jefferson parmi les patriotes du peuple américain. Au printemps 1775, Jefferson est choisi pour être délégué du Second Congrès continental à Philadelphie. En juin 1776, Jefferson prend part à la rédaction de la constitution de la Virginie, ce qui lui permet de proposer les principes auxquels il croit.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Thomas Jefferson | World in Stories