Thierry Roland, né le 4 août 1937 à Boulogne-Billancourt et mort le 16 juin 2012 à Paris 15e, est un journaliste sportif et un célèbre commentateur français de matchs de football.
D'une longévité exceptionnelle à l'antenne, il a longtemps travaillé pour Antenne 2, puis pour TF1 avant de rejoindre M6. Il a ainsi commenté durant sa carrière 13 coupes du monde, 9 championnats d'Europe et 1 360 matchs de football. Il fut également commentateur pour certaines compétitions d'athlétisme, de boxe et a couvert plusieurs Jeux olympiques depuis 1960.
Jouissant d’une grande popularité en tant que commentateur des matches de football, il a souvent été surnommé « la voix du football » ou « la voix de l’équipe de France ». À sa mort, une minute de silence a été observée juste avant le coup d'envoi du match France-Suède lors de l'Euro 2012.
Thierry Roland est le fils de Claude-Roland Lévy, dit Claude Roland français juif et résistant gaulliste, bijoutier à Paris, qui meurt d'une méningite virale à 35 ans, alors que son fils n'avait pas dix ans, et de Liouba Protassieff, russe née à Saint-Pétersbourg.
Adolescent, il est élève à Gerson, puis à Janson-de-Sailly, et au Cours Pollès. Son frère, Claude Roland (1946-2007), fut conseiller de Paris, adjoint au maire du 9e arrondissement et secrétaire national du RPR chargé des relations internationales.
Dans sa jeunesse, il joue un peu au football et est un supporter du club parisien du Racing Club de France — il est ainsi ramasseur de balle le 8 mai 1949 lors de la finale de la Coupe de France (victoire du Racing 5-2 face à Lille).
Débuts de carrière avec l'ORTF
Dès l'âge de 12-13 ans, il se rend tous les dimanches au Service des Sports de la RTF dirigé par Georges Briquet pour aider les journalistes à trier les résultats sportifs. Il y côtoie notamment Robert Chapatte, Roger Couderc, Georges de Caunes et Loys Van Lee. En 1955, à dix-huit ans, il est engagé à la radio par Georges Briquet, à l'émission à laquelle il avait participé en 1949, alors âgé de douze ans. Il commence alors sa carrière au service des sports de la RTF, puis de l'ORTF.
C'est Raymond Marcillac, créateur du premier service des sports à la télévision française, qui le fait passer devant les caméras. Il participe notamment à l'émission Les Coulisses de l'exploit consacrée aux grand exploits sportifs, et où officièrent notamment Michel Drucker, Robert Chapatte, Adolphe Dhrey et Roger Couderc et écrit des articles consacrés aux sports pour Télé Magazine. En 1962, il commente sa première Coupe du monde de football au Chili.
Six ans à la radio avec France Inter
En 1969, il subit un licenciement de groupe, effectué à la radio-télévision publique après les évènements de mai 68. Il rejoint alors France Inter, afin de commenter des matchs de football et plus généralement des événements sportifs. Il y restera jusqu'en 1975.
Thierry Roland revient à la télévision sur Antenne 2. Il est tout d'abord en binôme avec Bernard Père, mais en 1979, il commence également à commenter avec Jean-Michel Larqué, qui vient de mettre fin à sa carrière de footballeur. Dans un premier temps, Bernard Père et Larqué alternent à tour de rôle comme consultant auprès de Thierry Roland avant qu'Antenne 2 donne sa préférence définitive à Jean-Michel Larqué. Le binôme Roland-Larqué va perdurer durant plus de 30 ans, tout d’abord sur Antenne 2, puis sur TF1. Le duo va même peu à peu gagner en célébrité au point de finir par incarner en France la voix du foot et d'être parodié aux Guignols de l'info. Thierry Roland jouait le rôle du commentateur supporteur et Larqué apportait un commentaire plus technique.
Outre le football, il fut également commentateur pour certaines compétitions d'athlétisme, de boxe et a couvert plusieurs Jeux olympiques depuis 1960[réf. nécessaire].
En 1984, Roland et Larqué quittent la deuxième chaîne pour TF1. Outre les commentaires des matches, ils animent de 1984 à 2003 le magazine Téléfoot, alors l'émission française phare du football le dimanche matin. Ils sont présents comme commentateurs lors des drames du Heysel (finale de la Coupe des clubs champions européens 1984-1985) et de Furiani (demi-finale de la Coupe de France de football 1991-1992).
En 1997, il remporte le 7 d'or du Meilleur journaliste sportif. Cette année-là, il coprésente également l'émission Intervilles. Avec Jean-Michel Larqué, il est fait Chevalier de la Légion d'honneur le 16 mai 2000 par Jacques Chirac.
Victime d'une rupture d'anévrisme en 2003, il sera obligé de prendre du repos. Il est mis à l'écart par TF1 à la fin de l'année 2004, et est remplacé par Thierry Gilardi, transfuge de Canal+, pour les commentaires des principaux matchs et la présentation de Téléfoot. Il continue sur TF1 pendant encore quelques mois, limité alors à commenter quelques matchs de Coupe de France. Il poursuit en parallèle sa carrière de commentateur sur la filiale de TF1, TPS Star. Le 17 novembre 2004, il commente alors ce qui est annoncé comme son dernier commentaire d'un match de l'équipe de France, une rencontre amicale contre la Pologne (0-0) au Stade de France. Il commente son dernier match sur TF1 le 4 juin 2005, lors de la finale de la Coupe de France Auxerre-Sedan.
Retraite et fin de carrière sur M6
À la surprise générale, Thierry Roland sort de sa retraite le 27 octobre 2005, en annonçant son arrivée sur la chaîne rivale M6. Cette dernière, qui se lance dans la diffusion de grandes compétitions de football, était à la recherche d'un commentateur reconnu. Il va alors couvrir une partie des matchs de la Coupe du monde 2006 (mais pas ceux de l'équipe de France dont TF1 détient l'exclusivité) en association avec l'ancien footballeur Frank Lebœuf, champion du monde 1998. Il fera de régulières apparitions dans l'émission 100 % Foot durant la première saison (2005-2006) et en est devenu chroniqueur en septembre 2006. Il est également consultant régulier pour l'émission Direct sport sur la chaine Direct 8.