Thierry Dusautoir, né le 18 novembre 1981 à Abidjan (Côte d'Ivoire), est un joueur international français de rugby à XV né d'un père français et d'une mère ivoirienne et détenteur des deux nationalités. Évoluant au poste de troisième ligne aile, il a joué 11 saisons au Stade toulousain et obtenu 80 sélections en équipe de France jusqu'à sa retraite sportive en mai 2017.
Avec l'équipe de France, dont il détient le record du nombre de capitanats (56), il participe au Grand chelem obtenu en 2010 et dispute la finale perdue de la coupe du monde 2011, compétition dont il participe à trois éditions, en 2007, 2011 et 2015. En club, il commence en championnat de France avec le CA Bègles-Bordeaux, rejoint l'US Colomiers puis le Biarritz olympique, club avec lequel il remporte deux titres de champion de France en 2005 et 2006 et dispute une finale de coupe d'Europe. En 2006, il rejoint le Stade toulousain, remportant trois nouveaux titres de champion de France en 2008, 2011 et 2012, et disputant une nouvelle finale de coupe d'Europe, avant de remporter l'édition 2010 de celle-ci.
Sur le plan individuel, il est élu meilleur joueur du monde pour l'année 2011 par l'International Rugby Board intégrant le cercle très fermé des joueurs français ayant obtenu cette distinction avec Fabien Galthié et Antoine Dupont. Dusautoir est introduit au Temple de la renommée World Rugby en 2023. Il détient aussi le record de plaquages en un seul match (38 plaquages contre la Nouvelle-Zélande en 2007).
Enfance et débuts au CA Périgueux
Thierry Dusautoir naît à Abidjan d'un père français, Bertrand, qui dans le cadre de la coopération est professeur de sciences et d'une mère ivoirienne, Kekane. Il vit à Divo où ses grands-parents paternels, installés depuis 1948, possèdent une plantation de cacao et de café.
À dix ans, il rejoint la France pour habiter Périgueux. Peu après ce retour, son père tombe en dépression et ses parents divorcent. Sa mère reprend ses études, DEUG de droit, puis un diplôme d'aide-soignante, pour élever son fils Thierry et sa sœur Wassia. Il rejoint l'internat du lycée Bertran-de-Born de Périgueux, continuant en parallèle le judo, sport où il obtient une ceinture marron.
Ce sont ses camarades de lycée qui le conduisent au rugby à XV, au club de Trélissac, lors de la saison 1997-1998. Il y apprend les bases du rugby puis rejoint après deux ans le club du CA Périgueux, qui joue alors dans l'élite. Après avoir obtenu son baccalauréat scientifique à 17 ans, il fait maths sup' puis entre à l'École nationale supérieure de chimie et physique de Bordeaux. Après seulement une année, Dusautoir décide de quitter le CA Périgueux, estimant ne pas pouvoir assumer le coût des allers-retours entre Bordeaux et Périgueux. Ses entraîneurs le mettent alors en contact avec le club du CA Bordeaux-Bègles. Il commence ainsi sa carrière en championnat de France en 2001.
Premiers succès avec Colomiers
Le club bordelais subissant une rétrogradation financière en Pro D2 à la fin de la saison 2002-2003, Thierry Dusautoir rejoint le club de la banlieue toulousaine de l'US Colomiers et poursuit ainsi sa carrière au plus haut niveau national. À Colomiers, il s'impose tant sur la scène nationale qu'européenne. Malheureusement pour lui et pour son club, sa saison est marquée par de nombreuses blessures, qui l’empêchent d'honorer sa première sélection malgré de multiples convocations, lors des tournées et du tournoi des 6 nations. Malgré un effectif de qualité, composé de joueurs tels que Jean-Philippe Grandclaude, Patricio Albacete, Julien Arias, Benjamin Thiéry ou encore Farid Sid, l'US Colomiers est frappée d'une double relégation financière et sportive et Thierry Dusautoir doit hélas quitter le club, après une année.
2004 - 2006 : Top 14 avec le Biarritz olympique
La saison suivante, à 23 ans, il rejoint le Biarritz olympique, champion en 2002 et désireux de reconquérir le bouclier de Brennus. Il commence sa saison avec son nouveau club en novembre en tant que titulaire lors d'une rencontre de Top 16 face à Bourgoin. Il inscrit son premier essai avec le B.O. un mois plus tard, face à Béziers. Il inscrit ensuite deux autres essais, face à Grenoble puis au Stade toulousain. Au total il dispute 18 rencontres dans ce championnat, dont 17 en tant que titulaire. Il est remplaçant lors de la demi-finale victorieuse face à Bourgoin. Victime d'un intoxication alimentaire, il est forfait pour la finale qui voit Biarritz s'imposer après prolongation, sur le score 37 à 34 face au Stade français. Il dispute les deux rencontres de phases finales en coupe d'Europe, à chaque fois en tant que remplaçant, lors de la victoire face aux Irlandais du Munster, puis lors de la défaite 20 à 17 face au Stade français en demi-finales.
Lors de sa deuxième saison, il dispute 26 des 28 rencontres disputées par son club en championnat, désormais disputé par quatorze équipes. Biarritz, premier de la phase régulière, affronte Perpignan en demi-finale, où Dusautoir est utilisé en tant que remplaçant. Pour la finale, il est titulaire lors d'un match où Biarritz conserve son titre de champion de France, en s'imposant face au Stade toulousain sur le score de 40 à 13. Lors de cette saison, il inscrit comme la saison passée trois essais, face à Brive, à Castres et à Bayonne. En coupe d'Europe, il dispute sept rencontres avec son club, dont la demi-finale face aux Anglais de Bath en tant que titulaire. Il officie en tant que remplaçant lors de la finale, perdue 23 à 19 face à la province irlandaise du Munster au Millennium Stadium de Cardiff.
Thierry Dusautoir est appelé par Bernard Laporte pour disputer la tournée d'été de l'équipe de France. Il revêt son premier maillot bleu lors du premier match de celle-ci, face à la Roumanie, inscrivant son premier essai avec les Bleus. Lors de cette victoire 62 à 14 à Bucarest, les Français marquent neuf essais. De nouveau titularisé lors du match suivant, au Cap face aux Springboks sud-africains, il doit sortir sur blessure. La France s'impose sur le score de 36 à 26.
Stade toulousain et XV de France
Les débuts en équipe de France et la coupe du monde 2007
Bernard Laporte fait de nouveau appel à lui lors de la rencontre de novembre face à l'équipe de Nouvelle-Zélande, perdue à Lyon sur le score de 47 à 3. Il n'est pas conservé pour le deuxième match face aux All Blacks. Quelques mois plus tôt, à l'été 2006, il rejoint le Stade toulousain, en quête du Bouclier depuis 2001. Il dispute 24 matchs de championnat, inscrivant deux essais, face au CA Brive et à Montauban. Il dispute également cinq rencontres en coupe d'Europe où le Stade toulousain, avec un bilan de trois victoires et trois défaites, ne se qualifie pas pour les quarts de finale.
En mars 2007, il est sélectionné avec les Barbarians français pour jouer un match contre l'Argentine à Biarritz. Les Baa-Baas s'inclinent 28 à 14.
Il est dans un premier temps non retenu dans le groupe de 30 joueurs sélectionnés par Bernard Laporte. En concurrence avec le deuxième ligne Pascal Papé pour pallier le forfait d'Elvis Vermeulen souffrant d'une hernie discale, sa bonne intégration au sein de son nouveau club de Toulouse convainc le sélectionneur de l'appeler malgré une faible expérience internationale, seulement trois sélections.