Ce Jour-là

Theodor Herzl

Journaliste austro-hongrois, fondateur du mouvement sioniste

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Theodor Herzl [ˈteːodoːɐ̯ ˈhɛɐtsl̩], en hébreu : Te'odor Hertsel (תאודור הרצל), nommé lors de sa Brit Milah (circoncision) Binyamin Ze'ev (בנימין זאב), surnommé « le visionnaire de l'État » (Khozeh HaMedinah / חוזה המדינה), né le 2 mai 1860 à Budapest (actuelle Hongrie) et mort le 3 juillet 1904 à Reichenau an der Rax (actuelle Autriche), est un journaliste et écrivain austro-hongrois, qui a joué un rôle historique de premier plan en créant en 1897 l'Organisation sioniste mondiale, à l'origine de la création de l'État d'Israël (14 mai 1948).

Auteur de Der Judenstaat (L'État des Juifs) en 1896, il est l'un des premiers à mettre en place l'idée d'un État national pour les juifs. Il fonde l'Organisation sioniste mondiale lors du premier congrès sioniste tenu à Bâle en 1897. Le sionisme de Herzl rend rapidement obsolètes les mouvements sionistes antérieurs, notamment celui des Amants de Sion de Léon Pinsker, dont nombre de cadres rejoignent l'Organisation sioniste (notamment Meïr Dizengoff, cofondateur et premier maire de Tel Aviv).

Herzl est aussi le fondateur en 1899 du Fonds pour l'implantation juive, organisme financier chargé d'acheter des terres en Palestine, alors territoire de l'Empire ottoman, et d'en affecter l'usage à des agriculteurs juifs.

En 1860, Theodor Herzl nait sujet de l'empereur d'Autriche François-Joseph, chef de la maison de Habsbourg, qui est aussi, entre autres, roi de Hongrie. En 1867, l'empire d'Autriche (1804-1867) devient l'empire d'Autriche-Hongrie (1867-1918), et Budapest, officiellement constituée comme ville en 1873, devient la capitale cosmopolite des « pays de la Couronne de saint Étienne » (ou Transleithanie), qui s'étend sur la Hongrie, mais aussi la Slovaquie et la Croatie, en droit égale à Vienne, capitale des « royaumes et pays représentés à la Diète d'Empire » (ou Cisleithanie), mais aussi capitale impériale.

Theodor est le fils de Jacob (Yaakov) Herzl (1835-1902), issu d'une émigration vers Budapest de juifs de la périphérie de l'empire, en l'occurrence la ville serbe de Zemun (alors appelée Semlin), située près de Belgrade et conquise en 1717 par les armées autrichiennes sur l'Empire ottoman. Le recensement de 1756 de cette ville des confins militaires conserve la trace des aïeux de Herzl.

Le grand-père paternel de Theodor, Simon Loeb Herzl, était un juif orthodoxe, chantre (hazzan) de sa synagogue, proche du rabbin Yehouda Hay Alkalay (1798-1878), un des premiers membres des Amants de Sion, première organisation sioniste importante.

Sa mère est Jeannette Herzl, née Diamant (1836-1911). Theodor a une sœur aînée, Pauline, née le 10 mars 1859 et morte le 7 février 1878 du typhus.

Theodor naît dans le quartier juif, situé dans l'ancienne ville de Pest, sur la rive droite du Danube, face à la colline de Buda sur la rive gauche. La ville abrite une population juive importante (environ 20 % des habitants), aussi certains la surnomment-ils « Judapest ».

Yaakov Herzl est un homme d'affaires juif pratiquant, qui est devenu propriétaire de sièges familiaux à la grande synagogue de la rue Tabak, près de laquelle la famille réside, mais il parle principalement l'allemand (plutôt que le yiddish ou le hongrois).

Herzl grandit dans un milieu de juifs assimilés. Il a pourtant fait sa bar mitzvah le 3 mai 1873. Sa famille, bien que juive et identifiée comme telle, ne pratique pas le judaïsme de façon assidue[réf. nécessaire] : elle est « libérale et peu attachée aux traditions du judaïsme », selon la doctorante en histoire Lisa Romeo.

En 1878, la famille quitte Budapest à la suite de la mort de Pauline et s'installe à Vienne.

Outre le prénom de « Théodore » (Tivadar en hongrois, Theodor en allemand), il reçoit les prénoms juifs de « Binyamin Zeev ».

Il est scolarisé de six à dix ans dans une école juive traditionnelle où il reçoit une instruction religieuse et où il apprend l'hébreu.

En 2006, un ouvrage de Georges Wiesz apporte de précieux renseignements sur le milieu d'origine et le sens profond de la judéité de Theodor Herzl, qui fut aidé financièrement par ses parents, pour la diffusion de ses idées sionistes.

Études supérieures et débuts professionnels (1878-1894)

À partir de 1878, Herzl fait des études de droit à l'université de Vienne. Au début de ses études, il entre dans un cercle étudiant libéral appelé Akademische Lesehalle, puis en 1881, adhère à la Burschenschaft Albia.

En 1882, il lit l'ouvrage antisémite d'Eugen Dühring, La Question juive, ce qui l'amène à réfléchir sur le problème de l'antisémitisme. Confronté au développement de ces idées dans le monde étudiant, il quitte la Burschenschaft en 1883. Il obtient un doctorat en droit en 1884, d'où le titre qui lui est donné ensuite de « docteur » (en allemand Doktor, en abrégé à l'écrit : Dr).

Il travaille dans le domaine juridique en 1884 et 1885, à Vienne et à Salzbourg. Puis il se tourne vers le journalisme. Il écrit aussi des pièces de théâtre.

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