Ce Jour-là

The Who

Groupe de rock britannique

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The Who [ðə ˈhuː] est un groupe britannique de rock, originaire de Londres, en Angleterre.

Dans sa forme la plus connue et la plus durable, de 1964 à 1978, il est composé du guitariste et compositeur principal Pete Townshend, du chanteur Roger Daltrey, du bassiste John Entwistle et du batteur Keith Moon.

Pratiquant au départ un rock 'n' roll agressif, désigné sous le terme de « maximum R&B » et précurseur du mouvement punk, le groupe embrasse de nombreux autres styles dans l'air du temps : album concept (The Who Sell Out), rock psychédélique avec ses paroles décalées (A Quick One While He's Away), ambitieux avec l'opéra-rock (Tommy, Quadrophenia) ou hard rock et musique répétitive (Who's Next avec ses célèbres boucles de synthétiseur). Devenus l'un des symboles de la musique rock des années 1960, les Who l'ont influencée dans son ensemble avec des chansons mythiques comme My Generation, Substitute, Pinball Wizard, Behind Blue Eyes, Baba O'Riley, Won't Get Fooled Again, Eminence Front, Who Are You ou I Can See for Miles et de nombreux albums consacrés par le public. Leurs concerts au Festival de Monterey en 1967, à Woodstock en 1969, et le disque Live at Leeds en 1970 les ont établis en outre comme meilleur groupe rock sur scène.

The Who est considéré comme l'un des groupes rock britanniques majeurs des années 1960-1970, avec notamment les Beatles, les Rolling Stones, les Kinks, puis Led Zeppelin, Pink Floyd, Deep Purple, Black Sabbath, ainsi que l'un des principaux acteurs de la British invasion aux États-Unis.

Durant la première douzaine d'années de sa carrière discographique, entre 1965 et 1978, The Who publie neuf albums et près d'une quinzaine de singles originaux, jusqu'à la mort du batteur Keith Moon. Après le décès de ce dernier, le groupe publie encore deux albums avec le batteur Kenney Jones avant de se séparer en 1983. Les Who se réunissent à la fin des années 1980, puis en 1996 pour ne plus se séparer, malgré la mort du bassiste John Entwistle en 2002. Dès lors, Pete Townshend et Roger Daltrey continuent en duo, se produisant dans le monde entier, accompagnés de musiciens reconnus comme Pino Palladino (basse) et Zak Starkey (batterie), le fils de Ringo Starr.

Leur 12e et dernier album studio, Who, sort en décembre 2019.

Les contributions majeures de The Who au rock recouvrent le développement de l'amplification à travers les « murs » d'amplis Marshall, (puis Hiwatt) avec sonorisation de plus en plus puissante, le jeu du bassiste John Entwistle et du batteur Keith Moon. Influences majeures durables encore au 21e siècle, la technique de Power chord, l'utilisation du larsen de Pete Townshend, l'avènement du synthétiseur dans le rock ou la popularisation de l'opéra-rock. Ce faisant, The Who est cité comme influence majeure dans les milieux punk, rock, hard rock et mod. Leurs chansons continuent à être toujours largement diffusées.

Formation et débuts (1961–1964)

La préhistoire des Who commence en 1961, lorsque Pete Townshend entre au collège d'art d'Ealing, où il crée avec son ami John Entwistle un groupe de jazz dixieland, The Confederates. Pete joue du banjo, en plus de la guitare, depuis l'âge de douze ans, tandis que John, plus éduqué musicalement, joue du cor d'harmonie. Ils jouent tous deux par la suite dans The Aristocrats et The Scorpions. John Entwistle, qui est à l'époque en train de se fabriquer une basse, est alors approché par un ancien camarade de classe, Roger Daltrey, étudiant et ouvrier métallurgiste, qui l'invite à rejoindre son groupe de skiffle, The Detours, dont il est le guitariste solo. Alors que le groupe cherche également un guitariste rythmique, Entwistle propose son ami Pete Townshend qui est engagé. Le groupe compte trois autres membres : Gabby Connolly, chanteur occasionnel de country ; Colin Dawson, vocaliste dans la veine de Cliff Richard ; Doug Sandom (en), batteur.

Un soir, le jeune groupe fait la première partie de Johnny Kidd and the Pirates. Ce dernier combo est formé d'un power trio associé à un chanteur. The Detours prend le parti d'opter pour la même formation. Daltrey devient alors seul chanteur après l'éviction de Connolly et Dawson. Pour compenser l'absence d'une deuxième guitare, Entwistle commence à jouer certaines parties de guitare solo sur sa basse, tandis que Pete Townshend commence déjà à expérimenter certaines techniques à la guitare, notamment le larsen. Doug Sandom quitte le groupe à son tour (il est âgé de trente-cinq ans alors que ses acolytes n'ont pas encore atteint la vingtaine).

Alors que la musique pop est en pleine ébullition en Angleterre avec la Beatlemania, le groupe décide de changer de nom. La raison de ce changement provient du fait que John Enstwisle avait entendu parler d'un groupe américain appelé également The Detours et qui venait de sortir un disque. Alors que Pete Townshend pense d'abord à The Hair, c'est finalement The Who, trouvé par Richard Barnes, un ami de Pete, qui est retenu. Les futurs Who se consacrent au rhythm and blues. Ils sont rejoints en avril 1964 par le batteur Keith Moon, qui est alors âgé de dix-sept ans. Pete Townshend a raconté la façon dont Keith Moon a rejoint The Who : « Il est venu à un de nos concerts, et il a dit : « je peux jouer mieux que votre batteur ! ». Il s'est alors installé derrière la batterie et la détruisit presque complètement. Nous nous sommes tout de suite dit : « C'est l'homme qu'il nous faut ! ». »

Il semblerait cependant qu'il s'agisse d'une légende et que plus « sagement », Keith Moon, à l'époque le batteur du groupe The Beachcombers, aurait simplement auditionné pour le groupe, qui était à la recherche d'un nouveau batteur après une mauvaise prestation lors d'une audition. L'arrivée de Keith Moon, véritable showman à la batterie par son jeu très expansif, pousse les autres membres du groupe, particulièrement Pete et Roger, à adopter un jeu de scène plus théâtral afin de ne pas se faire voler la vedette. Dès leurs débuts, les Who s'illustrent comme le groupe qui joue le plus fort et l'un des plus excitants sur scène. Vers avril 1964, le groupe se rebaptise The High Numbers sous l'influence du manager Peter Meaden, qui a l'idée de les associer au mouvement Mod (High Numbers signifie approximativement « classieux », haut placé dans la hiérarchie de la sous-culture Mod). Le groupe a déjà sa formation définitive : Pete Townshend à la guitare, Roger Daltrey au chant, John Entwistle à la basse et Keith Moon à la batterie.

Peter Meaden leur fait enregistrer leur premier 45 tours, I'm The Face (en) / Zoot suit. Les chansons ont été écrites par Meaden lui-même et les paroles, caricaturales, parlent de certains thèmes chers aux mods. Inspirés de deux titres du label American Soul records (Zoot Suit est copié de Misery de The Dynamics et I'm The Face de Got Love If You Want It de Slim Harpo), ces deux morceaux sont assez éloignés de ce que vont faire les Who plus tard et le riff jazzy de Zoot Suit a peu à voir avec le style de Pete Townshend, ce qui laisse penser qu'ils ont été enregistrés avec l'aide de musiciens de studio. Le 45 tours n'arrive cependant pas à percer dans les charts.

Vers octobre 1964, deux cinéastes, Kit Lambert et Chris Stamp, qui faisaient la tournée des bars où se produisaient de petits groupes pour pouvoir les inclure dans le film qu'ils voulaient réaliser, voient les High Numbers au cours d'un concert au Railway Hotel. Ils voulaient faire un film sur un groupe en difficulté et n'arrivant pas à s'en sortir et commencèrent à tourner le soir même. Rapidement, Lambert et Stamp remplacent Peter Meaden au poste de manager et le groupe reprend le nom The Who. C'est à peu près à cette époque, vers septembre 1964, lors d'un de ces concerts au Railway Hotel, que Pete Townshend brise pour la première fois une guitare sur scène. Il s'agissait à l'origine d'un accident : la guitare s'était cassée contre le plafond très bas de la pièce et, énervé, Pete aurait alors achevé de la détruire. Ce geste, loin de provoquer l'incompréhension ou la colère du public, provoqua tout au contraire une certaine excitation et, lors du concert suivant au même endroit, le public demanda que Pete brise à nouveau sa guitare. C'est ainsi que la destruction de guitares deviendra bientôt un rituel sur scène, encouragé par Lambert et Stamp et, peu à peu, imité par Keith Moon en démolissant sa batterie.

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