Ce Jour-là

The Beach Boys

Groupe de pop-rock américain

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The Beach Boys est un groupe de pop-rock américain, originaire de Hawthorne, en Californie. Formé en 1961 par trois frères, leur cousin et un ami, il connait une très grande popularité dans les années 1960 et 1970. C'est l'un des rares groupes américains à avoir pu rivaliser musicalement avec les groupes britanniques de la même époque, tels que les Beatles et les Rolling Stones. Associé à l'origine à la surf music, le groupe s'est surtout distingué par ses chansons aux harmonies vocales complexes et très mélodiques.

Très en vogue aux États-Unis au début des années 1960, les Beach Boys vont amorcer leur déclin à la fin de cette décennie, en raison notamment de la santé mentale précaire de Brian Wilson, le bassiste chanteur et principal compositeur de la plupart des succès du groupe. Toujours actifs, quoique de façon irrégulière, et auteurs de quelques retours remarqués dans les années 1980 (avec des titres comme la reprise de California Dreamin' ou Kokomo), les Beach Boys sont entrés au Hall of Fame en 1988. Avec leurs singles et albums, ils sont d'après le magazine américain Billboard le premier groupe américain à avoir vendu plus de 100 millions d'albums à travers le monde.

Origines et débuts (1961–1963)

The Beach Boys se forment en 1961 à Hawthorne, dans la banlieue de Los Angeles, en Californie. Le groupe réunit les trois frères Wilson – Brian, Carl et Dennis – ainsi que leur cousin Mike Love et un ami de Brian, Al Jardine. S'inspirant du surf que pratique assidûment Dennis et profitant de la vague de la surf music en train de devenir un phénomène musical, Brian Wilson et Mike Love écrivent le premier titre du groupe : Surfin’. Le style s’inspire du rock 'n' roll et du doo-wop et la musique est encore très simple. Le père des frères Wilson, Murry, s’investit dans le groupe en tant que manager. Surfin’ sort en 45 tours en décembre 1961, et la chanson connaît un succès rapide à Los Angeles où il se classe 2e[réf. nécessaire], permettant au titre d’atteindre la 75e place au niveau national.

Dès lors, le groupe est repéré par Capitol Records chez qui il signe. Son premier album sort en 1962 sous le titre Surfin’ Safari. On y retrouve Surfin’ ainsi que son deuxième single, éponyme de l’album. Le 45 tours se classe 14e au niveau national, tandis que l’album connaît un succès moins franc. En 1962 Al Jardine, parti poursuivre ses études, est remplacé jusqu'à l'année suivante par un voisin des Wilson, David Marks. Début 1963, le groupe sort un deuxième album, Surfin' USA. L'album se vend bien mieux et se classe 2e dans les ventes nationales. Le 45 tours Surfin' USA, tiré de l'album et très fortement copié de Sweet Little Sixteen, de Chuck Berry, déferle sur le pays et atteint la 3e place en mars 1963. Chuck Berry intentera un procès pour plagiat à Brian Wilson qu’il gagnera facilement et empochera les bénéfices produits par le morceau. Après le procès, il déclarera avoir adoré la version des Beach Boys.

La même année, paraît le 3e album du groupe, Surfer Girl. Il est nettement plus élaboré que les précédents et comprend moins de reprises. À l’automne, il se classe 7e tandis que les titres Surfer Girl et Little Deuce Coupe atteignent respectivement les 7e et 15e places.

Les premiers albums du groupe reprennent inlassablement les mêmes thèmes. Le surf est le thème central, repris dans le titre des albums et de quatre singles sur cinq. Les albums comprennent d’autres chansons sur ce thème : Hawaii, Surfer Moon, Catch a Wave, Noble Surfer, et Surf Jam, entre autres. La surf music est alors à son apogée. Les Beach Boys reprennent d’ailleurs plusieurs titres de Dick Dale and his Del-Tones, groupe phare du surf instrumental. Brian Wilson, le leader du groupe, crée ainsi l’image nouvelle de la Californie. Au milieu du XXe siècle, le grand État de l’Ouest américain est encore l’Eldorado dans l’imaginaire populaire, celui de la ruée vers l’or du siècle précédent. La Californie que nous connaissons, plus ou moins fantasmée, avec ses palmiers, ses surfeurs, sa jeunesse dorée… nous vient des Beach Boys. Pour reprendre le titre d’un ouvrage de David Leaf, les Beach Boys ont créé le « mythe californien ». Tous les thèmes de ce mythe apparaissent dans la musique des Beach Boys dès 1961-1962. Cette image leur collera tellement à la peau qu'à la fin des années 1960, elle les rendra ringards aux yeux d’une jeunesse préoccupée par la guerre du Viêt Nam et le mouvement hippie[réf. nécessaire].

Premier groupe américain (1963–1965)

À la fin de 1963, les Beach Boys sortent un quatrième album, Little Deuce Coupe, qui reprend un single du précédent album, qui délaisse le surf au profit des voitures. Le groupe avait déjà abordé ce thème, notamment sur les faces B des 45 tours. Les Beach Boys cherchent ainsi à conquérir durablement le public de l’intérieur des États-Unis et de la côte Est, pour qui le surf ne saurait, faute de le pratiquer, rester un sujet accrocheur bien longtemps. Le succès est au rendez-vous et l’album atteint la 4e place, tandis que le single Be True to Your School se classe 6e.

L'album suivant, Shut Down Volume 2, reprend la même thématique et se classe 13e au printemps 1964. Le single Fun, Fun, Fun est une ode à la gloire de la jeunesse californienne et de son insouciance, qui se classe à la 5e place des charts. Mais un concurrent sérieux est arrivé sur le sol américain : les Beatles. Le groupe de Liverpool, qui a débarqué aux États-Unis en février, y connaît un vif succès et accumule les premières places des ventes, privant les Beach Boys d'un probable premier numéro 1. La compétition, toute empreinte d’admiration réciproque entre Brian Wilson et Paul McCartney, ne cessera plus. L'album suivant, All Summer Long, monte à la 4e place. Mais c’est le single I Get Around qui retient l’attention, en atteignant la 1re place. Ciselé d'harmonies vocales délicates, le titre séduit le reste du monde, et est le premier à s’exporter véritablement, entrant même dans le Top Ten anglais.

S'ensuit le Christmas Album à la fin 1964, qui se classe 6e, tandis que le 45 tours Little Saint Nick est 3e. La même semaine, le Beach Boys Concert est le premier album live à se classer premier aux États-Unis. Le groupe est omniprésent à la télévision et sur les radios américaines. En Europe, il est considéré alors comme le seul groupe américain capable de rivaliser avec la British Armada qui envahit le monde. L'album Today! sort au printemps 1965. Il atteint la 4e place aux États-Unis et les singles qui en sont issus sont de francs succès. Dance, Dance, Dance est 8e, Do You Wanna Dance est 12e… Surtout, Help Me, Rhonda grimpe jusqu’à la 1re place en avril. L’album suivant, sorti pendant l’été, atteint la 2e place aux classements des ventes. Summer Days (And Summer Nights!!) contient le célèbre titre California Girls. Ce 45 tours, hymne à la gloire des filles californiennes – toujours l’élaboration du mythe - atteint la 3e place. C’est l’un des titres les plus populaires du groupe, qui l'utilisa ensuite régulièrement en ouverture de ses concerts.

L’année 1965 s'acheva avec un nouveau disque à l’occasion de Noël. L’album Beach Boys' Party! reproduit en studio l’animation d’une fête privée du groupe avec de bons titres. L’album se classe 6e grâce à la présence du tube Barbara Ann, qui se classe 2e selon l'édition de janvier 1966 du magazine américain Billboard (1er selon un autre classement que celui du Billboard). Cette reprise des Regents est le succès le plus populaire des Beach Boys, avec une musique rock très dynamique et légère. Dennis Wilson tourne alors le groupe vers la Méditation transcendantale et son fondateur Maharishi Mahesh Yogi, qu'ils présentent à son public à l'occasion d'une de ses tournée.

Élévation de la pop et Smile (1966–1967)

Depuis les débuts du groupe, le compositeur principal est Brian Wilson. Son cousin Mike Love a certes coécrit plusieurs titres majeurs, mais son style reste plutôt simple. Brian est le génie musical du groupe, à l’instar d’un McCartney ou d'un Jimmy Page en Angleterre. Extrêmement productif, il a écrit dix albums entre 1962 et 1965. Dès le troisième album du groupe, Brian Wilson a de surcroît endossé le rôle de producteur. Les Beach Boys sont ainsi la première formation américaine à contrôler totalement la direction artistique de leurs disques. Brian Wilson cherche dès 1962 à rehausser son style et à élaborer un son toujours plus complexe. Il fait preuve de grandes qualités d’écriture et d’indéniables talents de producteur, s’entoure des meilleurs musiciens de studio et s'affirme en rival du maître incontesté du studio à l’époque : Phil Spector. La concurrence avec les Beatles joue ici un rôle important car Brian s'est mis en tête de surpasser le groupe anglais. Et tandis que Lennon et McCartney écrivent Revolver pour dépasser Today!, Brian fait tout pour surpasser l’album Rubber Soul. Dès la fin de 1965, il entreprend de réaliser son œuvre majeure, Pet Sounds. Le projet est ambitieux et, afin de satisfaire Capitol Records qui veut un album pour Noël, les Beach Boys sortent Party ! à la fin de l’année. Brian Wilson a donc le temps nécessaire pour polir son bijou. Pet Sounds se distingue foncièrement des albums antérieurs du groupe. Les thèmes classiques du surf et des voitures ont disparu. Certes, les filles sont toujours là, mais la frivolité n’est plus de mise. Le compositeur choisit plutôt de dépeindre les mille couleurs des sentiments par des paroles ciselées et poétiques. Quant aux musiques, elles atteignent une complexité inédite, qui surprend encore au regard des moyens techniques limités des studios de l’époque. L’album ose s'éloigner du format chanson – passage obligé des musiques populaires – en risquant plusieurs titres instrumentaux.

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