Théodore Dubois, né le 24 août 1837 à Rosnay et mort le 11 juin 1924 à Paris 17e, est un organiste, pédagogue et compositeur français.
Ses parents, Nicolas Dubois et Célinie Charbonnier ont deux enfants : Ferdinand, né en 1832, instituteur, emporté par la typhoïde, et Théodore. Vers l’âge de douze ans, il prend le gout très vif de la musique en entendant mal jouer de l’harmonium dans l’église de son village et en entendant bien jouer du grand orgue dans la cathédrale de Reims. Son grand-père François Charbonnier lui achète l’harmonium du château du village et lui fait donner des cours par le tonnelier Dissiry, organiste à Gueux. Il doit rapidement prendre des cours à Reims, auprès de Mlle Charpentier puis de l’organiste de la cathédrale, Louis Fanart. Il se rend à pied deux fois par semaine pour suivre ses cours et devient rapidement le titulaire de l’orgue de Gueux.
En 1853, il entre au Conservatoire de Paris où il suit les cours de piano d’Antoine-François Marmontel, apprend l’orgue avec François Benoist, l'harmonie et accompagnement pratique dans la classe de François Bazin et la composition avec Ambroise Thomas. Il obtient son premier prix d'harmonie et accompagnement pratique et troisième accessit de piano en 1856, son premier prix de contrepoint et fugue, premier accessit d’orgue et deuxième accessit de piano, en 1857, premier prix de contrepoint et fugue, deuxième prix d’orgue, en 1858, et son premier prix d'orgue en 1859.
En 1859, Théodore Dubois monte en loge pour la première fois au concours du Grand Prix de Rome de composition musicale et obtient un second Grand Prix. L'année suivante, il retente le concours mais échoue. À sa troisième tentative, il remporte le Premier Grand prix de Rome avec la cantate Atala en 1861.
Après son séjour à la villa Médicis, il devient d’abord, jusqu’en 1869, maître de chapelle à l’église Sainte-Clotilde (dont il était auparavant organiste), puis à l’église de la Madeleine, jusqu’en 1877. Il succède alors à Camille Saint-Saëns au poste d’organiste de cette église.
En 1871, il est nommé professeur d’harmonie à la suite d'Antoine Elwart puis de composition en 1891 à la suite de Léo Délibes au Conservatoire de Paris et il est élu membre de l’Académie des beaux-arts au fauteuil de Charles Gounod en 1894.
En 1896, il devient directeur du Conservatoire, succédant à son ancien professeur et ami Ambroise Thomas. Il y demeure jusqu’en 1905, année où il démissionne. Vers cette époque également, se développe la polémique qui suit l’exclusion de Maurice Ravel du concours d’essai au prix de Rome. La question est donc posée d’un lien entre les deux évènements, Dubois s’étant montré hostile aux musiciens de la jeune génération, trop éloignés des conceptions qui prévalent au XIXe siècle. En fait, il s’avère qu’il ne s’agit pas de démission de sa part, mais de départ à la retraite, conformément au désir souvent exprimé de se consacrer plus complètement à la composition. Son œuvre est considérable : plus de cinq-cents œuvres répertoriées au catalogue de Christine Collette-Kléo à l’université Paul-Valéry.
Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 4 août 1883, puis officier et enfin commandeur par décret du 9 avril 1903.
Sa musique, en partie produite à une époque où elle semblait déjà issue d’un siècle révolu, trouve un regain d’intérêt, grâce au Palazzetto Bru Zane, à Venise.
Néanmoins, son oratorio intitulé Les Sept Paroles du Christ en Croix, a toujours été chanté, aux États-Unis et au Québec, jusqu’à aujourd’hui, spécialement pendant la Semaine sainte.
Le 20 août 1872, Théodore Dubois épouse la pianiste Jeanne Duvinage (1843-1922), dont le père a été second chef d’orchestre à l’Opéra-Comique, avant d’entrer dans l’administration des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée. Ils ont deux enfants, le premier mort à neuf ans et Charles, né en 1877, membre de l’École française de Rome.
La prova di un' opera seria, opéra composé à Rome, non représenté (1863)
La Guzla de l’émir, opéra-comique (Paris, 30 avril 1873)
Le Pain bis ou La Lilloise, opéra-comique (Opéra-Comique, 26 février 1879)
La Korrigane, ballet de Louis Mérante (Opéra, 12 janvier 1880)
La Farandole, ballet de Louis Mérante (Opéra-Comique, 14 décembre 1883)
Aben-Hamed, opéra (créé en italien - Théâtre du Châtelet, 16 décembre 1884)
Xavière, idylle dramatique qui se remarque par ses idées mélodiques (Opéra-Comique, 26 novembre 1895).