Ce Jour-là

Théâtre national de l'Opéra-Comique

Salle de spectacles du 2e arrondissement de Paris

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Le théâtre national de l'Opéra-Comique, également appelé « salle Favart », est une salle de spectacles située place Boieldieu, dans le 2e arrondissement de Paris.

Cette salle accueille de manière permanente la troupe de l'Opéra-Comique de 1783 à 1801 puis de 1840 à 1971. Elle a le statut d'établissement public à caractère industriel et commercial.

L'Opéra-Comique est fondé sous le règne de Louis XIV, le 26 décembre 1714 par Catherine Baron et Gautier de Saint-Edme à partir de troupes qualifiées de « foraines » qui se produisent lors des spectacles donnés lors des foires annuelles de Paris. L'une des troupes de la foire Saint-Germain prend alors le nom d'Opéra-Comique.

Son répertoire est surtout constitué de pantomimes et de parodies d'opéras afin de déjouer les interdictions dont il est frappé à la suite de procès intentés par la Comédie-Française, inquiète face à la qualité montante des spectacles qui lui font directement concurrence. En 1714, un décret autorise la troupe à avoir son propre théâtre avec une contrainte : intercaler des dialogues parlés dans les œuvres chantées. C’est, depuis, la définition de l'opéra-comique.

Les débuts de l'Opéra-Comique sont difficiles, avec plusieurs périodes de fermeture, de 1719 à 1720, puis de nouveau de 1722 à 1723. En 1743, Jean Monnet prend la direction de l’établissement et invite l'auteur Charles-Simon Favart. Le succès est au rendez-vous, mais fait ombrage aux autres théâtres parisiens. Pour y remédier, les autorités provoquent une nouvelle fermeture de 1745 à 1751. Cette année-là, la ville de Paris obtient la réouverture du théâtre, toujours sous la direction de Jean Monnet.

En janvier 1762, l'Opéra-Comique de la foire fusionne avec la Comédie-Italienne. Il déménage le 3 février 1762 à l'hôtel de Bourgogne.

En 1779, la « Comédie-Italienne » devient « Théâtre-Italien », mais la troupe ne comporte déjà plus aucun Italien.

Toutefois, en 1780, l'ensemble reprend officiellement le nom d'« Opéra-Comique ».

Première salle Favart (1783-1838)

La salle Favart, dont l'architecte est Jean-François Heurtier, est inaugurée le 28 avril 1783 en présence de la reine Marie-Antoinette. Construite sur un terrain de l'hôtel de Choiseul (à l'emplacement où se trouve désormais le théâtre national de l'Opéra-Comique, place Boieldieu dans le 2e arrondissement de Paris), elle dispose de 1 255 places et comprend une loge réservée à perpétuité aux descendants du duc de Choiseul.

Pendant la Révolution française, l'Opéra-Comique poursuit son activité, mais il subit la rude concurrence du théâtre Feydeau. En 1801, les deux troupes fusionnent pour former, le 16 septembre, le théâtre national de l'Opéra-Comique, installé salle Feydeau. Pendant plusieurs années, le fonctionnement de l'institution oscille entre sociétés d'artistes et un modèle plus classique avec directeur en commandite.

En 1802, Napoléon Bonaparte, alors Premier consul, décide de transférer dans la salle restée vacante la troupe de l'Opera-Buffa (plus connue sous le nom d'« Italiens ») créée l'année précédente au Théâtre-Olympique par Mlle Montansier. Elle la quitte à son tour, faute de public, après une dernière représentation le 19 mai 1804, pour fusionner avec la troupe du théâtre Louvois sous la direction de Louis-Benoît Picard et devenir le « théâtre de l'Impératrice ». La troupe de l'Opéra-Comique revient alors salle Favart le 23 juillet 1804 en raison de travaux à la salle Feydeau. La salle Favart bénéficie à l'automne de travaux de restauration et d'embellissement qui conduisent la troupe de l'Opéra-Comique à jouer temporairement au Théâtre-Olympique, du 3 au 23 octobre 1804. Revenue à Favart le 24 octobre 1804, elle y donne sa dernière représentation le 4 juillet 1805 avant de s'installer au Théâtre Feydeau le 2 septembre 1805.

En 1807, l'Opéra-Comique est porté sur la liste des quatre principaux théâtres parisiens et un décret fixe le genre de l'opéra-comique comme suit : « comédie ou drame mêlés de couplets, d'ariettes ou de morceaux d'ensemble. » La salle Favart est vendue à un certain Delamarre. Les Italiens font leur retour en 1815 sous la direction de la cantatrice Angelica Catalani, suivis en 1818 de la troupe de Odéon et en 1820 de celle de l'Opéra, puis par différentes troupes. En 1825, Charles X rachète la salle Favart pour y reloger les Italiens.

Le 16 avril 1829, la troupe de l'Opéra-Comique, occupant alors la salle Feydeau, est obligée de la quitter pour s'installer dans la salle Ventadour. La salle menace en effet de s'écrouler et doit être détruite. Édifiée spécialement, la nouvelle salle est cependant trop chère pour la troupe de l'Opéra-Comique, qui fait faillite plusieurs fois entre 1829 et 1832 (notamment à cause de la révolution de Juillet). Face à ces charges trop élevées, Jean-François Boursault alors directeur de la troupe, doit renoncer et se reloger au théâtre des Nouveautés.

À Favart, dans la nuit du 14 au 15 janvier 1838, un incendie détruit la salle après une représentation de Don Giovanni de Mozart. Cet incendie est dû au système de chauffage : un tuyau du calorifère du foyer de l'orchestre, chauffé au rouge, met le feu au magasin de décors. Hector Berlioz propose alors au ministère un projet d'exploitation de la nouvelle salle à ses propres frais, mais cette demande est rejetée par la Chambre des députés.

Deuxième salle Favart (1840-1887)

En 1840, la salle est reconstruite par l'architecte Théodore Charpentier, sous la direction de Francois Louis Crosnier : d'une capacité de 1 255 places environ, elle est inaugurée par la représentation du Pré aux clercs, de Ferdinand Hérold, la troupe de l'Opéra-Comique réintégrant les murs après huit ans passés hors de la salle Favart.

La salle étonne, et notamment l'imposante structure métallique (l'utilisation structurelle du fer étant favorisé par l'évolution des techniques de production industrielles). Ses loges, aménagées avec des salons confortables et un éclairage intimiste, font jaser les familles bourgeoises. Contrairement à l'Opéra de Paris, qui accueille un bal masqué et des aventures galantes, l'Opéra Comique a un public familial, qui vient voir des œuvres « comme il faut ».

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