Les territoires palestiniens occupés sont les territoires délimités par la ligne d'armistice de 1949 (ligne verte), dévolus théoriquement à la constitution d'un État palestinien, et actuellement occupés illégalement et colonisés par Israël. Ils sont constitués de la Cisjordanie, incluant Jérusalem-Est, et de la bande de Gaza.
Au cours du XXe siècle, la région historique de Palestine a connu plusieurs occupations. Sous la domination de l'Empire ottoman de 1517 jusqu'en décembre 1917, elle est ensuite placée sous mandat britannique jusqu'au 15 mai 1948. Puis, alors que le plan de partage de la Palestine historique prévoyait de séparer la région en trois entités : une zone internationale (Jérusalem), un État juif et un État arabe, la guerre israélo-arabe de 1948-1949 empêche son aboutissement pour les Palestiniens. Israël conquiert alors une partie du futur État arabe ainsi que Jérusalem-Ouest, la Jordanie occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est, et l’Égypte, la bande de Gaza. Après la guerre des Six Jours, en 1967, tous ces territoires sont occupés puis administrés par Israël, qui commence à y implanter des colonies de peuplement. En 1993, à la suite des accords d'Oslo, certains des territoires occupés sont placés sous administration partielle de l'Autorité palestinienne (la Zone A et une partie de la Zone B), puis, en 2005, la bande de Gaza, à la suite du retrait israélien. L'Autorité palestinienne revendique les territoires occupés pour devenir l'État de Palestine.
L’Organisation des Nations unies (ONU) emploie la dénomination de « territoires occupés » dans la résolution 242 du 22 novembre 1967. À partir des années 1970, l'ONU parle de « territoires palestiniens occupés ». Dans sa résolution 58/292 du 6 mai 2004, l'Assemblée générale des Nations unies avalise la notion de « territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est ».
De son côté, le gouvernement israélien considère Jérusalem-Est comme annexée et partie indissociable de sa capitale, Jérusalem. Quant aux autres territoires, il les considère comme étant des « territoires disputés » au statut qui reste non défini. Le 17 décembre 1967, le gouverneur militaire israélien qui gère ces territoires décide qu'à l'avenir les services de l'État d'Israël ne devront plus employer les termes de « territoires occupés » ni de « rive occidentale du Jourdain », mais les expressions « Bande de Gaza » et « Judée-Samarie ». Cependant, la plupart des Israéliens les appellent « les territoires » (en hébreu : השטחים, ha-chtakhim). Depuis 2010, à la suite de la Seconde Intifada et de la non-reprise des négociations de paix, une minorité active en Israël demande l'annexion immédiate de la Zone C définie par les accords d'Oslo. Le 23 juillet 2025, le Parlement israélien adopte une motion appelant à annexer l'ensemble de la Cisjordanie, pour contrer la création d'un État palestinien.
En 2023, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme a constaté que 700 000 colons israéliens vivaient illégalement en Cisjordanie occupée. Les experts, à l’instar du Conseil de sécurité des Nations unies, affirment que l'expansion des colonies israéliennes sur les terres palestiniennes constitue un obstacle majeur à une solution à deux États. Chaque année, une partie des territoires occupés est annexée par l’État israélien. Celui-ci est régulièrement accusé de soumettre le peuple palestinien a un régime d'apartheid.
Genèse des territoires palestiniens (1947-1967)
Partage de la Palestine mandataire en 1947 et guerre civile de 1947-1948
Le plan de partage de la Palestine, voté par la résolution 181 du 29 novembre 1947 lors de l’Assemblée générale de l’ONU, recommandait que le Mandat britannique sur la Palestine, constitué en vue d'établir un Foyer National Juif, soit partagé entre Juifs et Arabes pour fonder un État juif et un État arabe. Les Palestiniens juifs - qui sont lors du vote environ 650 000 (30 % de la totalité des habitants de la Palestine sous mandat), devaient obtenir 54 % du territoire de la Palestine mandataire dont une grande partie constituée du désert du Neguev, tandis que les Palestiniens arabes, qui étaient alors plus d'un million d'habitants (70 % de la population totale de la Palestine d'alors), en recevaient 44 %. Jérusalem et ses environs (2% du territoire) devaient devenir « corpus separatum », soit un territoire placé sous autorité internationale de l'ONU.
Si la résolution 181 est accueillie avec ferveur par la plus grande partie des Palestiniens juifs ; elle est rejetée par les Palestiniens arabes et par les pays arabes qui s'estiment lésés. S'installe alors un état de guerre civile entre Palestiniens arabes et Palestiniens juifs entre le début de décembre 1947 jusqu'au début de mai 1948.
Proclamation de l'État d'Israël et guerre israélo-arabe de 1948-1949
À la suite de la proclamation de l'État d'Israël le 14 mai 1948 à Tel Aviv, par David Ben Gourion (en tant que président du Yichouv), la première guerre israélo-arabe débute le lendemain entre Israël et les puissances arabes.
Le royaume hachémite de Transjordanie, État devenu indépendant le 25 mai 1946 et qui est la transformation de l'ancien Émirat de Transjordanie (lui-même créé par les autorités britanniques le 11 avril 1921 sur la Palestine à l'est du Jourdain), conquiert le secteur Est de Jérusalem (dès la fin du mois de juin 1948) puis une partie des anciennes provinces de Judée et Samarie (conquises entre juin et novembre 1948). Ces trois territoires forment l'actuelle Cisjordanie. En avril 1949, le roi de Transjordanie rebaptise son royaume en Jordanie. Il s'était fait également proclamer « roi de Palestine » à Jéricho le 1er décembre 1948. À la même période (mai à décembre 1948), l’Égypte conquiert, avec son armée, la bande de Gaza.
De son côté, Israël arrive à conquérir environ 23 % supplémentaires du territoire de l'ancienne Palestine, qui s'ajoutent au 55 % dévolu par le plan de partage, ce qui représente un total de 78 %.
À la suite des accords d’armistice de 1949, une ligne de cessez-le-feu (ligne verte) est établie autour de ces territoires le 24 février 1949 entre l'Égypte et Israël concernant la zone de Gaza, puis le 3 avril 1949 entre Israël et la Jordanie, pour Jérusalem-Est et la Cisjordanie. Les pays membres de l'ONU reconnurent Israël dans les territoires délimités par ces lignes de cessez-le-feu, ce qui ne fut le cas de la part d’aucun pays arabe ou à majorité musulmane, à l'exception de la Turquie.
Gestion jordanienne et égyptienne entre 1948 et 1967
Après avoir été conquises entre juin et novembre 1948 par les forces armées jordaniennes, la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont officiellement annexées par la Jordanie en 1950, mais seuls le Royaume-Uni et l'Irak reconnaissent de jure cette annexion (à l’exception de Jérusalem-Est). Du côté palestinien, l’annexion jordanienne est bien accueillie par une grande partie de la population palestinienne, favorable au premier roi du jeune État jordanien, Abdallah Ier. Les habitants de Cisjordanie reçoivent alors la nationalité jordanienne, à compter d'une loi du 1er janvier 1954.
Au sein de la bande de Gaza, l’Égypte exerce son autorité et l’administration civile et militaire du territoire.
Conquête et occupation par Israël (depuis 1967)