Ce Jour-là

Teri Moïse

Autrice-compositrice-interprète américaine

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Terry Moise, dite Teri Moïse est une auteure-compositrice-interprète américaine francophone, d'ascendance haïtienne, née à Los Angeles le 25 mars 1970, et morte le 7 mai 2013 (ou le 6 mai 2013 selon l'index des décès de la sécurité sociale des États-Unis) à Madrid, en Espagne.

Elle s'installe en France au début des années 1990 et sort deux albums avant de rompre définitivement avec l'industrie de la musique et cessant toute apparition publique.

En 1997, elle reçoit une Victoire de la musique et le prix Vincent-Scotto.

Fille d'immigrés haïtiens, Teri Moïse naît à Los Angeles. Ses oncles André "Dadou" et Claude Pasquet, fondateurs du groupe Magnum Band, sont déjà des musiciens reconnus.

Elle marque cependant la distance avec ses oncles, lorsqu'elle déclara en 1997 à La Presse : « Mes oncles, indique-t-elle, jouent dans le Magnum Band de Port-au-Prince. Je connais leur musique (le compas), mais je n'ai pas évolué essentiellement dans la culture haïtienne. À Los Angeles, nous avons grandi en anglais et en français. Je ne suis jamais allée en Haïti, d'ailleurs. Et je trouve dommage de n'avoir pu apprendre le créole. Il m'arrive de le reprocher à ma mère... ». Son rapport imaginaire à Haïti sera incarné dans sa composition Comment aller là-bas ? (« Oh seras-tu comme je t'imagine / pays de magie de mes origines / tu me fascines / hey oh tes forêts sauvages tes champs / répandus / je me chercherai dans tes villages perdus / pour trouver mon identité »).

Elle grandit à Los Angeles, dans le quartier de South Central. Elle a été dans une école catholique, où elle était habillée en uniforme. Après avoir étudié l'économie à l’université de Berkeley, elle s'établit à Paris en 1990 en tant que fille au pair. Elle apporte avec elle une basse électrique, que son père lui a offerte. Elle y poursuit des études de lettres à la Sorbonne, mais se passionne également pour la musique. La jeune femme étudie le solfège, joue dans plusieurs groupes et décide finalement de rentrer à Los Angeles. Elle s'inscrit dans une école privée, le Musicians Institute. En avril 1992, elle est fortement marquée par les Émeutes de Los Angeles, selon le musicien Guehu Sass, membre des Sanmélé, collectif qu'elle fréquente entre 1995 et 1997.

Teri Moïse retourne à Paris en 1992 et y travaille comme choriste pour le chanteur et DJ Claude Sabbah. Dès son premier concert en 1994 à Montmartre, elle fait connaissance d’Étienne Wersinger, venu l'écouter sur les conseils de Marc Collin, du groupe Nouvelle Vague. Avec Étienne Wersinger, elle commence à composer et réalise une maquette de trois de ses titres afin de les proposer à des interprètes, mais son entourage la convainc de les chanter elle-même. Pendant cette période, elle est introduite par Étienne Wersinger dans le collectif musical Sanmélé, qui dispose de son propre studio de répétition. Après quelques refus, Étienne Wersinger convainc en janvier 1995 Philippe Ascoli, alors en train de monter le label Source chez Virgin. À nouveau, elle est incitée à chanter elle-même, le label croyant en son potentiel d'interprète.

1996 : premier album et reconnaissance

Elle se fait connaître grâce à son premier single, intitulé Les Poèmes de Michelle. C'est la composition Moïse/Wersinger qui ouvre l'album, pour laquelle Étienne Wersinger sollicite Nicolas Godin (qui connaîtra le succès avec Air) à la guitare acoustique. Le titre atteint la 11e place du classement des ventes en France, alors que son premier album, édité en 1996, se classe 12e. Teri Moïse donne son premier concert en solo dans la salle intimiste du Réservoir, dans le 11e arrondissement de Paris.

Le disque est réalisé par Étienne de Crécy et publié par Source, une filiale de Virgin Records (un laboratoire artistique créé et dirigé par Philippe Ascoli), un label appartenant au groupe EMI. Son enregistrement, fin 1995 au Studio Gang, met à l'épreuve le duo Moïse-Wersinger : Philippe Ascoli fait appel à Jean-Claude Ghrenassia et Etienne de Crécy pour la production. Des tensions et divergences artistiques se cristallisent et Étienne Wersinger est remercié avant la fin de l'enregistrement au Studio Gang. Il est mixé au Studio Plus XXX (où Étienne de Crécy est ingénieur du son) et masterisé au Metropolis Studio (Londres) L'album est certifié Disque d'or par le SNEP un an après sa sortie. Teri Moïse s'inspire de la musique afro-américaine, mais interprète ses chansons en français. Son style est décrit comme un « mélange de groove, de poésie folk et de spleen aérien ». Son album mélange pop, blues, soul mais aussi le kompa haïtien avec la participation des musiciens guadeloupéens Jean-Philippe et Thierry Fanfant et du guitariste guyanais Patrick Marie Magdelaine, sur le titre enjoué Comment aller là-bas.

L'autre grand succès de la chanteuse, le single Je serai là, atteint la 8e place du Top 50 début 1997. La même année, Teri Moïse est récompensée aux Victoires de la musique dans la catégorie artiste interprète ou groupe francophone et reçoit de la SACEM le prix Vincent-Scotto. Elle n'est pas présente lors de la remise de cette Victoire de la musique.

Début 1998, elle participe au collectif Ensemble contre le sida en interprétant la chanson Sa raison d'être, composée par Pascal Obispo.

1998-1999 : deuxième album et éloignement médiatique

Son second album sort le 2 novembre 1998, toujours sous la houlette d'Étienne de Crécy, mais l'équipe de musiciens est fixe tout au long de l'album. Le single Fais semblant lance l'album et en est le succès principal, suivi par Star et Il Sait. Étienne de Crécy a indiqué que ce titre, qui aborde le mépris vécu par un homme noir, caractérisait ce qui animait Teri Moïse. Pascal Colomb signe les arrangements, la rythmique est assurée par le tandem basse-batterie Laurent Vernerey-Pierre-Alain Dahan. L'enregistrement de cet album a été difficile pour Teri Moïse, car les cours de chants lyrique qu'elle suit au moment de l'enregistrement ne se prêtent pas aux compositions choisies.

Elle donne un concert acoustique et intimiste à l'Olympia de Paris le 9 juin 1999. Durant l'été suivant, elle se produit dans plusieurs festivals, dont les Francofolies de Spa le 21 juillet et de Montréal le 1er août. Ce deuxième album mentionne l'agence de création TéMO dans son livret, société à responsabilité limitée créée par Teri Moïse enregistrée à l'INSEE le 2 février 1998. Cette mention d'une agence artistique dans le domaine d'activité « Enregistrement sonore et édition musicales » peut être perçue comme une tentative de reprendre la main sur la direction artistique.

Sa dernière apparition publique connue est lors des premières parties de Francis Cabrel en novembre 1999. Cabrel déclare à son propos : «Je trouve, [...], que Teri Moïse a un début de carrière très prometteur. Certes il lui manque un peu de répertoire mais elle a les capacités qu'il faut pour devenir un personnage important dans la chanson. Et puis je préfère donner un coup de pouce à des gens qui ont déjà un pied dans la place plutôt qu'à des inconnus qui sont propulsés par un tube et pour lesquels en général il ne se passe pas grand chose par la suite».

Malgré cette tournée, le disque ne rencontre pas le même succès que le précédent (100 000 copies contre 500 000 après promotion pour le premier) et Teri Moïse fait le choix de s'effacer de l'industrie musicale, en s'opposant frontalement à son label et en s'exilant ensuite à l'étranger. Le 17 juin 1999, en pleine tournée, elle déclarait au quotidien Le Progrès de Lyon : « Les paillettes, ce n'est pas pour moi. J'ai beau être dans le show biz, je m'efforce d'être strictement la même sur scène que dans la vie : discrète. »

2000 : procès contre Virgin et fin de carrière

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